Armés, pour quoi faire ?

L’atroce attentat de Magnanville a contraint Bernard Cazeneuve à céder à la revendication des syndicats de police sur le port d’arme hors service à laquelle il était fermement opposé (quand par hasard il s’oppose, c’est à ça…) : le port d’arme des policiers en dehors de leurs heures de service sera maintenu même après la fin de l’état d’urgence.

Mais à quoi sert de les armer à partir du moment où les policiers ont l’ordre de ne pas tirer ? Bernard Cazeneuve le sait bien lui qui a décoré et cité en exemple Kevin Philippy (le policier martiniquais dont les casseurs antifas ont brûlé la voiture puis qu’ils ont violemment frappé) pour n’avoir pas sorti son arme : « A aucun moment on ne vous a vu porter la main à votre arme. Vous êtes un exemple. » Cazeneuve ne donne pas d’ordres pour riposter aux policiers frappés, assommés, lynchés (près de 500) par les milices d’extrême gauche à longueur de semaines de chienlit, de centres-villes saccagés, de vitrines dévastées, d’hôpital pour enfants vandalisé et de slogans haineux « Un policier, une balle, la France vous hait » au lendemain même de l’assassinat barbare de deux d’entre eux.

Si les syndicats de police exigent aujourd’hui de « nouveaux moyens juridiques » sur leurs conditions de légitime défense c’est parce qu’ils connaissent trop bien les risques qu’ils encourent et ce malgré l’état d’urgence, l’état de guerre et les menaces de mort.

Patrice Ribeiro de Synergie Officiers soulève la « question de la sécurité des condamnations » et du « suivi des radicalisés » réclamant de « nouvelles mesures administratives y compris pour tous ceux ayant déjà purgé une peine de prison ». C’était en effet le cas de Larossi Abballa, libre malgré son lourd passif. Condamné en 2013 pour avoir monté une filière djihadiste vers le Pakistan, il s’était fait remarquer en prison pour son prosélytisme radical. Depuis février dernier, il était de nouveau placé sur écoutes dans une enquête sur une filière de djihadistes, vers la Syrie cette fois. La police s’inquiète d’éventuelles complicités du tueur (trois de ses relations sont en garde à vue) qui pourraient poursuivre l’action meurtrière de Larossi Abballa ainsi qu’il le laisse entendre dans sa vidéo de menace postée depuis la maison de ses victimes, auprès des corps assassinés et du petit garçon terrorisé (Présent d’hier) : « Nous viendrons vous chercher chez vous. Nous allons faire de l’euro un cimetière. » S’agit-il d’une organisation ou de propagande ? La police s’interroge également sur le repérage du commandant assassiné qui aurait pu se faire de la mosquée qui jouxte le nouveau commissariat des Mureaux. « Par les fenêtres de ce lieu de prière, on a une vue plongeante sur la cour et les activités des fonctionnaires. On sait très bien que des photos et des vidéos ont déjà été prises », indique un policier. A part ça tout est normal ! « Les collègues ont déjà fait part de leurs inquiétudes auprès de la hiérarchie. » Laquelle n’a pas cru bon d’intervenir semble-t-il.

Le petit garçon de trois ans et demi de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider est sorti de l’hôpital Necker mercredi soir pour être accueilli et élevé par ses grands-parents. Lui et son demi-frère de 11 ans (premier fils de Jean-Baptiste Salvaing) vont être reconnus pupilles de la nation. Comme les orphelins de guerre. Le terrorisme islamiste a multiplié leur nombre en France, notamment avec les très jeunes enfants des victimes du Bataclan.

Caroline Parmentier

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