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Hollande : toujours la peur de nommer la terreur islamiste

Face à la terreur islamiste, François Hollande reste égal à lui-même, les attentats se succèdent, il tient toujours le même discours. Le même mot lui brûle les lèvres : islamiste. Au milieu de la nuit, après la tuerie de Nice, il a évoqué « une attaque, dont le caractère terroriste ne peut être nié » mais dont la signature islamiste, en revanche peut l’être par le chef de l’Etat. Qui frappe la France ? « Des fanatiques » mais nous ne saurons pas quelle est la nature de ce fanatisme, ni au service de qui sont ces fanatiques. La dénonciation du péril islamiste s’efface toujours pour François Hollande devant le « péril » de l’amalgame entre islam et terrorisme qui menacerait notre « vivre ensemble », tant pis pour les Niçois, les touristes, les enfants qui sont morts ensemble sur la Promenade des Anglais. Lutter contre l’islamisme, c’est d’abord nommer l’ennemi et non point user de périphrases démobilisatrices.

Et maintenant que faire ? Comme d’habitude là aussi : prendre de nouvelles mesures pour « rehausser encore notre niveau de protection » alors que nous croyions que depuis le 13 novembre nous avions déjà la protection maximale qui aurait dû être prise depuis l’attentat contre Charlie Hebdo.

Première décision : faire le contraire de ce qu’il avait annoncé le matin même, à savoir conserver l’état d’urgence dont il avait décrété la fin pour bientôt, au motif que la loi ordinaire était désormais suffisante pour lutter contre le terrorisme. Ensuite, il va « maintenir » l’opération Sentinelle et la mobilisation de ses 10 000 hommes, ce qui semble évident, il eût été curieux qu’il annonçât le contraire. Enfin, il va « faire appel à la réserve opérationnelle » mais ces réservistes seront cantonnés à la surveillance des frontières, ce qui n’aurait rien empêché à Nice puisque le terroriste y habitait.

Ces décisions-là, qui sont techniques, supposent que si le terrorisme islamiste continue à semer la mort, à verser le sang et les larmes dans notre pays c’est que les effectifs militaires et policiers sont insuffisants et qu’il faut les renforcer. Or ce n’est pas seulement une question d’effectifs, c’est la volonté politique qui est déterminante, laquelle doit se traduire par la modification de notre législation pour l’adapter à la guerre qui nous est faite.

Le criminel qui a été abattu était un Franco-Tunisien. Il ne s’était pas fait remarquer, nous dit-on, de nos services de renseignements, mais il était connu de la justice locale comme un voleur, un « petit délinquant ». Si la loi avait permis que, même pour un « petit délit », il fût expulsé vers la Tunisie, il n’aurait pas pu lancer son camion contre des foules innocentes. Quant à ceux qui sont fichés « S », fichage par lequel sont passés la plupart des terroristes islamistes, ils doivent être placés en centre de rétention ou expulsés s’ils sont étrangers. « S », signifie « surveillé » or, ils ne le sont pas – ils sont 20 000 – ils peuvent circuler librement et préparer leurs attentats. Combien faudra-t-il encore de massacres pour que le pouvoir prenne enfin les moyens de lutter contre la terreur islamiste ?

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