Qui a peur de Macron ?

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Qui a peur d’Emmanuel Macron ? Tout le monde ou presque ! Les candidats potentiels ou effectifs s’interrogent avec anxiété et étonnement : jusqu’où ira ce trublion dans la course présidentielle ? Il ne cesse de gagner des points dans les sondages, celui qui était peu connu du public il y a un an réussit à réunir des milliers de partisans dans ses meetings, là où d’autres peinent à remplir les salles. Les politiciens sont aussi prompts à se rassurer à bon compte qu’à s’inquiéter, tant le paysage électoral est tourmenté et l’issue de l’élection présidentielle chaque jour plus incertaine.

A gauche, après avoir stigmatisé le traître Macron, le parricide, Hollande étant son père en politique, on se contenta d’abord de dénoncer à temps et contretemps, une aventure individuelle qui, comme les autres, allait s’essouffler puis échouer. Alors le prodigue reviendrait à la maison mère et jouerait enfin « collectif », Cambadélis, bon prince, était même prêt à l’intégrer aux primaires de la gauche, quoiqu’il ne fût pas membre du PS, ni d’une formation de la « Belle Alliance ».

Las ! Comme dirait François Hollande « rien ne se passe jamais comme prévu », il est bien placé pour le savoir. Et il n’était pas prévu que les enquêtes d’opinion assureraient qu’il devancerait tous les candidats à la candidature du PS. Ils ont donc tous peur de devoir s’effacer devant lui, y compris Valls, le plus inquiet. L’argument du rassemblement se retourne contre lui. Pour éviter un duel Le Pen-Fillon, par l’élimination de la gauche au premier tour, il faut s’unir derrière moi, ne cesse-t-il de répéter, quoiqu’on entende Montebourg et Hamon crier dans son dos : « Non, derrière moi ! » Si Macron devance le champion issu de la primaire, si les sondages le présentent comme le seul qui puisse franchir l’obstacle du premier tour, alors ce candidat, ce pauvre « vainqueur », comme le PS et Hollande, n’aura d’autre choix que de soutenir, penaud, celui qui les a tous rejetés. La Belle Alliance verra sa belle déroute !

Mais Mélenchon aussi a peur, lui qui se voyait comme le seul personnage crédible pour offrir aux déçus du hollandisme une candidature alternative à celle d’un PS moribond, au point qu’il lui semblait possible de représenter la gauche face à Marine Le Pen. Or, voilà que Macron lui vole ce rôle, le devance avec cet avantage concurrentiel qu’en plus des électeurs de gauche, il en pêche, lui, au centre et à droite.

C’est pourquoi chez Fillon aussi on surveille de près la montée en puissance de ce concurrent dont l’ex-Premier ministre ne se méfiait pas. Ce candidat attrape-tout séduit alors que, depuis sa désignation, Fillon déçoit, y compris dans son propre camp, ce dont témoigne l’effritement régulier de sa cote. Macron appuie là où ça fait mal, où Fillon est en difficulté, le social : l’ancien ministre de Hollande annonce qu’avec lui les frais d’optique et dentaires seraient remboursés à 100 %, puis, songeant sans doute aux électeurs âgés, il y a ajouté les prothèses auditives. Un deuxième tour Macron-Le Pen n’est plus considéré comme chimérique. La présidente du Front national est la seule à ne pas avoir peur, le bobo Macron n’entame en rien son solide socle électoral.

Guy Rouvrais

2 commentaires sur “Qui a peur de Macron ?

  1. Pauvre peuple français, malgré la 5ème République qui devait lui donner la parole, les partis, surtout ceux au pouvoir depuis des lustres, ont repris la main et lui imposent leurs candidats. Et quand ce n’est pas les partis, c’est carrément le Système, l’oligarchie ( la haute finance et les merdias pour faire court) qui lui impose son candidat, directement sorti de la banque Rothschild après un passage calculé au pouvoir fût-il nuisible de Hollande.
    Comment dans ces conditions, il y ait autant d’inconscients pour le suivre, le Macron. Tous ces CSP+ qui, paraît-il, sont prêts à voter pour lui, ont-ils conscience des dégâts sociaux que les mondialistes, à l’oeuvre derrière ce candidat apatride, occasionneront et qui s’abattront sur le peuple si par malheur il arrive au pouvoir ? Non, faut vraiment, comme les Britishes et les Ricains, renverser la table et élire un ou une hors Système.

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