La police radicalisée

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Dix-sept cas de policiers radicalisés ont été recensés entre 2012 et 2015 dans les rangs de l’agglomération parisienne. C’est ce que confirme le livre Où sont passés nos espions ? des journalistes Eric Pelletier et Christophe Dubois. Défense, Intérieur et Justice confondus, ils dénombrent une centaine de cas de radicalisation islamiste.

Cinq prières quotidiennes, refus de protéger une synagogue, chants religieux en patrouille, refus de participer à la minute de silence… Nous avions déjà parlé en mars dernier dans Présent de cette note affolante de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). Elle est confirmée par plusieurs sources chargées du suivi de ces questions auprès desquelles les deux journalistes ont enquêté.

Ces radicalisés sont « jeunes, entrés dans la police au milieu des années 2000 et issus d’un concours interne, nombre d’entre eux étant d’anciens adjoints de sécurité, les emplois jeunes de la police ». Quatre des 17 cas sont de jeunes convertis. Un tiers sont des femmes. Comme à la RATP, la politique de discrimination positive de l’époque a consisté à recruter des jeunes de banlieue. Les agressions étant essentiellement le fait des jeunes des quartiers dits « sensibles », majoritairement issus de l’immigration arabo-musulmane, la bonne idée du moment était de les embaucher (s’ils le voulaient bien) pour mieux les intégrer, les occuper, favoriser le « vivre ensemble » et au passage diminuer le nombre des agressions, en partant du principe qu’ils respecteraient davantage leurs coreligionnaires…

Parmi les cas cités, on trouve A., devenu gardien de la paix en 2012, qui, après un voyage à la Réunion en 2013, s’est fait remarquer par son comportement « effacé » lors du contrôle d’une femme voilée. Ses collègues racontent son « obsession d’écouter des chants religieux en patrouille » et les arrêts qu’il leur imposait pour aller acheter des burqas à sa femme ! Ou cette femme agent de surveillance en poste dans le XIIe arrondissement de Paris qui se présente en septembre 2014 en hijab devant le médecin chef, refusant la visite médicale. Le mois d’après, elle s’emporte contre le port de l’uniforme, comparant son pantalon à « une saleté de torchon de la République ».

Sur Facebook, elle appelle à la revanche des musulmans : « Lorsque Allah aura décrété la guerre, ils vont pas nous reconnaître ces lopettes de sionistes (…) Les attentats des tours jumelles à New York et chez Charlie Hebdo c’est comme dans les films américains et français : c’est une question de budget. » Elle est en arrêt maladie depuis deux ans.

Une autre femme agent, en poste dans le XVIIe arrondissement, a été condamnée en appel en 2016 à dix mois de prison avec sursis et interdiction d’exercer pendant deux ans après avoir posté des menaces sur Facebook : « J’ai encore plus honte de porter du bleu. Si j’étais à la place des terroristes, cela ferait bien longtemps que j’aurais fait péter l’Elysée et tous les enc… qui y bossent. »

Plusieurs de ces flics islamistes étaient armés, ont eu accès aux fichiers des personnes recherchées (terroristes) et aux renseignements communiqués par les services officiels.

Caroline Parmentier

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