Bayrou : Le train pour Pau…

Vingt ans à ramer pour arriver aux plus hauts sommets de l’Etat, trois semaines pour tomber. Pourtant prêt à toutes les compromissions, à s’allier avec l’UMP comme à appeler à voter Hollande et enfin à s’allier à Macron, le destin national de François Bayrou qui a visé trois fois l’Elysée, tient plus du sacerdoce que du décollage de la fusée Apollo.

A vrai dire, il serait bien resté. Mais personne ne lui a dit : « C’est vous qui voyez. » Sylvie Goulard lui a mis la pression en décidant de partir. Marielle de Sarnez lui a emboîté le pas. Quatre ministres de chute (si l’on y ajoute Richard Ferrand) tous impliqués dans des affaires, si l’on n’était pas en pleine macronolâtrie, ça s’appellerait une crise de régime. Surtout pour un président de la République qui s’est engagé à moraliser la vie politique et dont le ministre de la Justice précisément inquiété, venait de lancer le « projet de loi de confiance dans la vie démocratique ».

C’était là le noble socle de leur alliance. Lui, Bayrou, l’arbitre des élégances morales qui avait accusé Nicolas Sarkozy d’abus de pouvoir dans un livre et lancé au moment de l’affaire Cahuzac une pétition citoyenne sur la moralisation de la vie publique. Humilié, il a rageusement pointé mercredi soir des « forces » et des « puissances » à l’œuvre pour le déstabiliser.

Il ne faudrait pas sous-estimer Macron. En les nommant ministres, il était parfaitement au courant de leurs casseroles. Les Modem lui ont été utiles pour sa victoire aux législatives et maintenant il se paye le luxe de les dégager au nom de l’éthique.

Personne ne le rappelle, mais c’est Sophie Montel (voir notre interview du 1er juin) qui a réussi l’exploit de dynamiter le gouvernement avec sa contre-attaque dans l’affaire des assistants du Parlement européen. Une enquête préliminaire visant 19 eurodéputés de différents partis, dont Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, a été ouverte le 22 mars par le parquet de Paris à la suite du signalement de l’eurodéputé FN qui ne supportait pas le traitement judiciaire et médiatique exclusivement réservé à son parti.

Le témoignage de Corinne Lepage, entendue mardi par les enquêteurs, qui a raconté dès 2014 dans un livre qu’on lui avait demandé de mettre un de ses assistants à disposition du MoDem laisse entendre qu’il pourrait s’agir d’un « système » organisé par le parti lui-même pour pallier un déficit de financement public.

Photo
Tout ça pour ça !
Thomas SAMSON/Gamma/Rapho Getty Images

Caroline Parmentier

4 commentaires sur “Bayrou : Le train pour Pau…

  1. Bayrou fut pendant 4 ans un ministre de l’Educ Nat totalement nul, c’est-à-dire nuisible pour nos enfants.

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