Agression terroriste : nos soldats ciblés

Pour la sixième fois, des militaires de la mission Sentinelle ont été agressés à Levallois, trois ont été atteints superficiellement, trois autres plus gravement. Il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un attentat terroriste, le parquet ayant ouvert une enquête du chef de « tentative d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique en lien avec une entreprise terroriste ».

Quant à la nature de ce terrorisme, il ne fait pas de doute non plus qu’elle est islamiste comme les autres, ce que l’enquête devrait confirmer. Il est peu probable en effet que l’auteur, qui a été arrêté, l’Algérien Hamou B., soit un adepte du bouddhisme zen qui aurait connu un instant d’égarement. Le mode opératoire, vouloir écraser les militaires avec son véhicule, étant un de ceux préconisés par l’Etat islamique : « Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture ! » Avant de perpétrer son attentat, il était resté « en planque » pour frapper au moment le plus opportun, ce qui ne relève pas de l’improvisation mais d’un guet-apens mûrement élaboré. Et puis, il y a le lieu, symbolique, après le Louvre, les Champs-Elysées, la Tour Eiffel : Levallois, à quelques centaines de mètres du siège de la DGSI et de la Sdat (sous-direction antiterroriste) c’est-à-dire de ceux qui traquent les djihadistes, comme pour les défier.

Clandestin

On nous indique néanmoins qu’il n’était pas « fiché S » ni connu des services de police. Observons que les « loups solitaires » ne sont évidemment pas fichés avant qu’ils ne se dévoilent. Mais il n’est pas vrai qu’il était inconnu de la police. Il avait été interpellé pour « infraction à la législation des étrangers ». Autrement dit, il était sans papier mais, depuis, les autorités assurent que sa « situation a été régularisée ». Arrêtons-nous un instant sur ce fait présenté comme négligeable : si cet individu, immigré clandestin, avait été expulsé immédiatement vers l’Algérie dès qu’il a été arrêté par les policiers, il n’aurait pas pu tenter d’assassiner nos soldats. Au lieu de l’expédier dans son douar d’origine, on a fini par le régulariser. Il y a bien un lien entre immigration et terrorisme, même si, bien sûr, tous les immigrés ne sont pas de la graine de terroriste, mais il faut très peu d’hommes pour faire un massacre, on le sait d’expérience, hélas !

Des voix s’élèvent pour remettre en cause la mission Sentinelle, au motif que les militaires qui la constituent sont devenus des cibles. Mais, dans une guerre, et nous y sommes, les soldats sont toujours des cibles pour l’ennemi. Ce qui peut mettre en péril le dispositif, ce sont les coupes claires dans le budget de la Défense, dénoncées par l’ex-chef d’état-major des Armées, le général de Villiers. La facture de Sentinelle est d’un milliard par an, le budget des Armées doit diminuer de 800 millions en 2017, cela signifie des armes et des équipements renouvelés moins souvent pour des soldats épuisés dont la relève sera moins fréquente, faute d’effectifs. Les militaires sont prêts à affronter avec courage le danger terroriste dans les rues de nos villes, encore faut-il que les technocrates macroniens de Bercy ne leur en disputent pas les moyens.

Photo Aurelien Meunier/Getty Images

Guy Rouvrais

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