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Placé : boxé et dégoûté

C’est évidemment l’histoire de l’arroseur arrosé. Jean-Vincent Placé, homme de gauche, écologiste, franc-maçon du Grand Orient, fait partie des plus chauds partisans de l’accueil migratoire tous azimuts et fustige régulièrement l’idéologie sécuritaire.
Dans la nuit de mardi à mercredi, il a été pris à partie par trois hommes, dans une rue de Paris, aspergé de gaz lacrymogène, et littéralement passé à tabac. Il a tenté de se défendre – malgré ses convictions –, ce qui est tout à son honneur. Mais, jeté au sol, il a été copieusement savaté. Résultat : des brûlures au 3e degré, une dent cassée, la tête comme une pastèque. Les trois individus lui ont volé sa carte bleue, son téléphone portable et une montre, estimée à la coquette somme de 7 000 euros. Banal incident de la vie nocturne d’une grande ville, mais qui contribue à alimenter « le sentiment d’insécurité » chez les Français, comme disent les médias.

Le fait que cette violence se soit déchaînée contre un dirigeant écologiste suscite – c’est de bonne guerre – les sarcasmes. Il ne viendrait à l’idée de personne de féliciter ces trois racailles, mais Gilbert Collard ne peut s’empêcher de faire remarquer que Placé a réalisé que « la vie fait bobo ». Placé, avec sa montre à 7 000 euros, est évidemment l’archétype du bobo de gauche. Manon Bouquin, qui est responsable FN dans le VIe arrondissement, interpelle Placé sur ce « vivre ensemble que la gauche nous a imposé et que vous venez – enfin – de subir ». Jean Messiha, l’expert économique du FN, interdit de radio, remarque que « ce gauchiste harcèle les riches pour partager leur richesse mais n’avait pas pensé à donner sa montre aux migrants ».

A ce stade, rien ne permet toutefois d’affirmer que les agresseurs – qui courent toujours – sont des migrants, mais s’ils avaient eu un style un tant soit peu skinhead, nul doute qu’à cette heure deux ou trois groupuscules seraient déjà dissous, et une cinquantaine de jeunes gens en garde à vue.

Il n’a jamais rien réformé dans le sens de la sécurité

Jean-Vincent Placé est écologiste et sénateur. Il a été un éphémère secrétaire d’Etat chargé de la réforme de l’Etat, à la toute fin de l’ère Hollande. Il n’a jamais rien réformé du tout, bien évidemment. En particulier il n’a rien réformé dans le sens de la sécurité des Français, face au terrorisme comme face à la petite délinquance.

« Cette agression me fait réfléchir à arrêter la politique », vient-il de déclarer. Est-ce parce qu’il réalise soudain que ses engagements politiques et ses convictions allaient à l’encontre des réalités ? Est-ce la publicité ainsi faite sur le fait que cet homme de la gauche de la gauche, se balade avec, au poignet, un bijou dont la valeur représente six mois de salaires d’un smicard ?

Placé a eu une dent cassée. Il s’en sort bien. Que les Français en rient, c’est un peu logique. Il n’en aurait pas été de même, bien entendu, si le sénateur écologiste avait été grièvement blessé.
Mais nos compatriotes sont des gens qui aiment Guignol, qui aiment que le gendarme soit rossé à coups de bâton. M. Placé est l’un de ces gendarmes de la pensée qui ne pensent qu’à nous punir à longueur d’année. Il est logique que Guignol soit applaudi, même si on peut supposer que ces trois guignols-là avaient de très sales têtes.

Photo Xavier Laine-Getty Images
Jean-Vincent Placé

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