Nouvelles du Clap : des leçons à tirer du naufrage du Média ?

Le Clap est le Club des Amis et Lecteurs de Présent. Il se veut avant tout trait d’union entre sa rédaction et ses lecteurs.

Le Média, c’est cette télévision mélenchono-communiste lancée à coups de millions il y aura bientôt neuf mois. Le navire est actuellement en perdition, et les dernières péripéties laissent supposer un naufrage imminent.

Que s’est-il passé pour que le ratage soit si spectaculaire ? Les journalistes du Média s’étripent publiquement à propos de l’échec du lancement. Et même leurs débats les plus secrets, qui passent par la messagerie cryptée Telegram, sont révélés à tous. Car parmi ce petit monde qui s’agite au sein du Média et dans ses marges, il y a des traîtres, des espions, des incompétents, et la confidentialité absolue n’est donc pas possible : les secrets d’alcôves néomarxistes se retrouvent très vite sur le site Mediapart ou dans les pages du Monde (qui n’a jamais vraiment soutenu Mélenchon, si ce n’est dans son rôle d’aspirateur à voix lepénistes).

On y apprend donc que les divisions internes sont dramatiques. Le Média a perdu (mais l’a-t-il jamais eu) l’affectio societatis de sa rédaction, le désir de travailler ensemble. En seulement neuf mois d’existence, cette télévision subit sa seconde crise grave interne. Sa fondatrice, qui est aussi sa directrice, Sophia Chikirou, a démissionné début juillet, et le très médiatique Gérard Miller, ce psychanalyste qui se répand dans tous les médias d’Etat pour prêcher la bonne parole gauchiste, veut en faire autant. Ce qui donne le sentiment que les rats quittent le navire.

L’analyse de la situation conduit la rédaction à s’interroger sur ses liens quasiment structurels avec La France insoumise. Quand Sophie Chikirou quitte Le Média, c’est d’ailleurs pour intégrer l’état-major de LFI. Cette consanguinité avec LFI a été un atout pour Le Média, pendant la campagne de Mélenchon. Mais l’échec (l’absence de ce dernier au second tour de la présidentielle) a porté un coup sans doute mortel au Média, dont la seule dynamique était celle du parti.

Des soutiens financiers étatiques

Le Média est structurellement déficitaire : 152 000 euros de budget mensuel, quand les frais de fonctionnement représentent 185 000 euros. Le déficit de 33 000 euros mensuels se gonfle donc chaque mois. Une entreprise au « chiffre d’affaires » de 1,8 million d’euros, générant structurellement une perte annuelle de l’ordre de 400 000 euros n’a guère de chances de survivre.

Les solutions trouvées par Le Média pour poursuivre son aventure passent essentiellement par des soutiens financiers étatiques. Des pourparlers seraient en cours avec le Centre national du cinéma qui financerait la réalisation par Le Média d’enquêtes à thème historique. Des prêts et des dons sont attendus, ou plutôt espérés, de la Caisse des dépôts et consignations, de municipalités de la mouvance mélenchoniste, ou encore d’entreprises du secteur associatif ou de « l’économie sociale et solidaire » (genre fermes bio de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes), ce qui est une autre forme de subvention d’Etat, puisque l’essentiel des moyens financiers de ces structures vient de subventions publiques.

Enfin les conversations secrètes internes au Média nous apprennent que cette télévision souffre d’un management chaotique, que cette Sophia Chikirou concentrait tous les pouvoirs, décidait de tout, ne partageait pas l’information avec son équipe, et qu’en fait l’équipe du Média n’en est pas une. D’où les démissions, d’où les querelles de personnes.

Y a-t-il des leçons à prendre pour Présent dans cet échec médiatique annoncé ?

Une chaîne de télévision et un quotidien papier ne correspondent pas au même modèle économique. Par ailleurs Le Média avait été lancé dans les flonflons et la bienveillance médiatique, ce qui ne fut pas le cas de Présent. Enfin Le Média avait bénéficié lors de sa création de soutiens financiers considérables, quand Présent n’a jamais eu d’autres mécènes que ses lecteurs.

Les différences de situations sont notables mais des leçons sont néanmoins à prendre.

Faire le meilleur journal possible

La première leçon est que le déballage médiatique sur les affres internes d’une entreprise, quelle qu’elle soit, ne passionne pas les clients et aurait plutôt tendance à les faire fuir. Il en est de même pour les mécènes. Il faut donc éviter d’entrer dans ce genre de spirale mortifère. A de très rares exceptions près, en 36 années d’existence, même aux périodes le plus compliquées (les divergences entre ses deux fondateurs, François Brigneau et Jean Madiran, la question des sacres, le conflit entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret), Présent a su ne pas entrer dans les polémiques, et c’est ce qui l’a toujours sauvé. C’est pourquoi nous n’entendons pas répondre à nos détracteurs, quels qu’ils soient. La meilleure réponse aux critiques, c’est de faire le meilleur journal possible.

La deuxième leçon est qu’un organe de presse ne peut pas être le média d’un parti. Il y a incompatibilité entre « une logique journalistique et une approche plus militante », comme le constatent les journalistes du Monde à propos du Média. Notre positionnement : « pas d’ennemi à droite », qui est aussi le positionnement historique de Présent, nous met à l’abri de ce risque. A chaque échéance électorale importante, Présent ne cache pas où vont prioritairement ses préférences, mais ne saurait se transformer en organe d’un parti.

C’est un exercice difficile, car Présent est un quotidien engagé par essence, mais nous devons rester sur cette ligne de crête.

Troisième leçon : notre journal doit être structurellement à l’équilibre. C’est-à-dire que les recettes doivent à tout prix couvrir les dépenses, en période de routine. Même si des événements inattendus, non répétitifs, peuvent nous amener à lancer un SOS, comme nous venons de le faire en juin. De ce point de vue, votre quotidien présente une situation bien plus saine que celle du Média.

C’est vous qui nous avez dit : « Présent doit continuer »

Quatrième leçon : Le Média, face à ses difficultés financières, se lance dans la chasse aux subventions publiques directes (CNC) ou indirectes (Caisse des dépôts, entreprises subventionnées, municipalités mélenchonistes…). Comme nous l’a toujours rappelé Jean Madiran, notre premier recours, nos premiers mécènes, nos seuls vrais juges, ceux qui tiennent le sort de Présent entre leurs mains, ce sont nos lecteurs. Cette analyse de Madiran s’est encore confirmée lors de notre campagne de survie de juin. C’est vous et personne d’autre qui nous avez dit : « Présent doit continuer », et c’est vous, personne d’autre, qui nous en avez donné les moyens. Votre soutien financier, votre soutien moral, vos prières, sans doute aussi, ont défié tous les pronostics. Présent sera présent à la rentrée, dans les kiosques, dans votre boîte à lettres, lors de toutes les grandes manifestations du mouvement national.

Grâce à vous.

Dernière leçon, tirée du Nouveau Testament : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister » (Matthieu), 12-25. Les journalistes du Média ne connaissent visiblement pas cette parole du Christ. Le vrai pessimisme quant à l’avenir du Média mélenchonesque est là. Est là aussi notre optimisme quant à l’avenir de Présent.

Francis Bergeron

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