Les « de souche », vraies victimes de la violence

Interview de Damien Rieu.

Damieu Rieu, activiste enraciné et lanceur d’alertes, est l’un des animateurs du collectif « French Lives Matter ». Il nous explique cet anglicisme et la raison d’être du collectif.

— Que signifie « French Lives Matter », et à quoi l’expression fait-elle référence ?

— Littéralement, cela se traduit par « les vies des Français comptent ». C’est une référence au mouvement militant afro-américain Black Lives Matter qui instrumentalise chaque décès ou arrestation d’un criminel noir aux Etats-Unis pour alimenter son idéologie : la police américaine s’acharnerait contre les Noirs car elle serait raciste. L’objectif pour ce mouvement est d’obtenir une quasi-impunité pour les criminels noirs, qui seraient soit innocents et victimes de préjugés, soit responsables mais pas coupables car c’est la société raciste qui les pousse à devenir des criminels. En France, des mouvements d’extrême gauche s’inspirent de Black Lives Matter pour obtenir la même chose. On l’a bien vu dans l’affaire Théo : désormais, chaque fois qu’un jeune délinquant issu de l’immigration meurt ou est blessé lors d’une opération de police, les policiers sont accusés de racisme. Même quand le suspect en question attaque les policiers ou se tue lui-même en scooter en voulant leur échapper.

L’objectif du collectif French Lives Matter est de montrer que, pendant ce temps, des dizaines de Français sont tués par des étrangers, des clandestins ou des immigrés, sans provoquer d’indignation médiatique ou de mobilisations de personnalités.

— Sur votre site, vous vous décrivez comme un collectif. Mais aucun nom n’apparaît. Pouvez-vous le situer politiquement ?

— Le projet est animé par une équipe de militants proche du site fdesouche.com, mais pas que. Chacun est libre d’utiliser ou de partager les données, c’est l’objectif. Notre site FrenchLivesMatter.fr est avant tout participatif, les internautes peuvent proposer l’ajout d’un crime. L’équipe vérifie ensuite les sources et ajoute le crime à la carte, s’il répond aux critères.

— Combien de cas sont-ils recensés sur votre site, lancé en début d’année ?

— Pour l’instant nous avons comptabilisé près d’une centaine de victimes de meurtres, sans compter les victimes des attentats islamistes bien sûr. Nous avons récemment renoncé à comptabiliser les agressions et les viols : il y en avait trop, c’était impossible à tenir.

— L’un des derniers cas, sinon le dernier, est celui d’Adrien Perez, à Grenoble. Comment expliquez-vous qu’il ait eu davantage de retentissement que d’autres, dans l’esprit des gens ?

— L’accumulation d’une part. Le niveau de violence et la fréquence des agressions et crimes augmentent, partout. Chaque semaine, une agression ou un meurtre pour une cigarette refusée. Aucune région n’est épargnée et, dans la très grande majorité des cas, on retrouve les mêmes profils chez les agresseurs.

Ensuite je pense que, paradoxalement, ceux qui tentent d’instrumentaliser les blessures ou les morts de délinquants immigrés ont déclenché un sentiment d’injustice inverse chez les Français : « Ils disent que la France est raciste, que nos policiers discriminent, que les immigrés sont victimes ? Non seulement c’est faux, mais en plus c’est nous qui sommes les vraies victimes de la violence ! » Voilà ce que pensent les Français aujourd’hui.

— Qu’attendez-vous de votre initiative ? Garder mémoire des victimes, ou que les Français prennent conscience d’une réalité inquiétante ?

— Le premier objectif c’est la mémoire. Nous ne voulons pas qu’ils soient morts pour rien. Il faut se souvenir de leurs noms, de ce qui s’est passé, et leur rendre hommage chaque année, à la date d’anniversaire de leur mort. Un bouquet, un mot, une prière, une pensée. Les crimes, ce ne sont pas que des statistiques et des chiffres. A chaque fois c’est un visage, un parcours, une famille anéantie. La retraitée Ginette Edru, 89 ans, le Marseillais Jeremie Labrousse, 21 ans, le contrôleur aérien Jean Meyer, 34 ans… Connaissez-vous leur histoire ?

Propos recueillis par Samuel Martin

Samuel Martin

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