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La Nouvelle Calédonie choisit la France

Samedi, Présent a rappelé les conditions scandaleuses de la consultation de dimanche sur l’indépendance de la Nouvelle Calédonie. Néanmoins le « non » a l’indépendance l’a quand même emporté.

Le référendum de dimanche est sans appel : 56,4 % des habitants de Nouvelle-Calédonie (78 361 voix) ont réaffirmé – une fois de plus – leur attachement à la France, tandis que 43,6 % (60 573 voix) exprimaient une volonté d’indépendance complète. Les néo-Calédoniens, chaque fois qu’ils ont l’occasion de s’exprimer, plébiscitent le maintien dans la France. La messe est dite ? Pas vraiment, car dans les accords de Nouméa de 1998 signés sous l’égide de Lionel Jospin, il est prévu que, si le référendum (celui d’hier) s’oppose à l’indépendance, il sera procédé à deux autres référendums dans les quatre années à venir. En revanche, si le référendum de dimanche avait exprimé l’option de l’indépendance, il n’y aurait pas eu de nouveau référendum ! L’objectif de ces accords de ne pas donner un caractère définitif au maintien de l’ile au sein de la France, d’obliger les néo-Calédoniens à revoter encore deux fois, avec l’espoir, exprimé de façon quasi officielle, que ceux de race blanche ou de race non kanake, ou encore originaires de Wallis ou Futuna, finissent par devenir minoritaires démographiquement, ou par s’exiler en métropole par peur de la suite.

A une autre époque, un gouvernement qui aurait construit un tel dispositif d’abaissement de la France, de démission, aurait été châtié – et pas uniquement dans les urnes.

L’ignominie dépasse même l’entendement car, pour le référendum de dimanche, il était interdit aux habitants (français, bien entendu), arrivés dans l’île après 1993, de voter. Imaginez une loi qui dirait qu’en métropole les Français arrivés chez nous après 1993 n’ont pas le droit de voter ? Cette loi serait considérée comme raciste et discriminatoire. La loi socialiste, issue des accords de Nouméa est bien une loi raciste et discriminatoire, et on pourrait ajouter : une loi antifrançaise.

Ancrer définitivement l’île dans la France

Cette discrimination a permis que les autochtones (39 % de la population) puissent représenter 63 % du corps électoral. Et malgré cela, c’est bien le « non » qui l’a emporté : un grand nombre de néo-Calédoniens indigènes ont refusé l’option de l’indépendance. Beaucoup ont conscience que leur avenir passe par un maintien des liens avec la mère patrie.

Edouard Philippe s’est envolé pour Nouméa pour discuter avec les deux camps, celui du oui et celui du non. Macron dit avoir vu dans le résultat de dimanche une « marque de confiance en la République ». Mais qu’est-ce que la République vient faire dans cette histoire ? C’est dans la France que les néo-Calédoniens ont marqué leur confiance.

Les réactions politiques ont été nombreuses. Bayrou a évoqué un vote historique, Laurent Wauquiez une volonté de rester au sein de la République. Marine Le Pen a estimé pour sa part qu’il convient maintenant d’ancrer définitivement la Calédonie à la France. Même Ségolène Royal a accueilli ce résultat sans hurler au populisme : « Il y avait une aspiration très forte à rester dans le modèle français, ce qui prouve que – quand même – le modèle français, qui est si souvent contesté, a du bon. »

Du côté de l’extrême gauche, en revanche, le résultat de dimanche a été très mal vécu. L’écologiste Jadot parle d’un « peuple kanak humilié », le mélenchoniste Coquerel est assommé. Donc ce scrutin de dimanche a été une bonne chose.

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