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Pour célébrer la paix, Macron a déclaré la guerre

11 novembre

La cérémonie de l’Arc de triomphe était belle. Tant de chefs d’Etat, dans un tel lieu, et comme fraternellement réunis – y compris l’Américain Trump et le Russe Poutine, représentant deux pays, deux mondes, qui furent en guerre chaude et froide pendant presque tout le XXe siècle –, tant de troupes impeccablement mobilisées, un tel hommage international rendu à ces trois jeunes soldats français d’aujourd’hui, héros tombés récemment en assurant la sécurité de la France. Et ce souvenir des sacrifices de nos grands-parents, le souvenir des morts de nos familles, tout cela était grand, émouvant.

Que dire aussi de cette mise à l’honneur de Maurice Ravel, par le biais de son Boléro ? Ravel fut un magnifique nationaliste. Il faut se souvenir de cette passion française, qui l’animait au point de tout faire pour s’engager, en 1914, à presque 40 ans, malgré ses 48 kg. Il multiplia les démarches et parvint à rejoindre Verdun en mars 1916. Ravel, patriote impeccable, était animé d’une flamme nationaliste extraordinaire. Ce nationalisme pouvait d’ailleurs l’aveugler, il est vrai, au point d’écrire par exemple : « En Allemagne, à part M. Richard Strauss, nous ne voyons guère que des compositeurs de second ordre dont il serait facile de trouver l’équivalent sans dépasser nos frontières. » Mais le chauvinisme de Ravel dans le contexte de la Première Guerre mondiale mérite toute notre admiration.

Cette magnifique cérémonie connut toutefois deux ratés : le minuscule incident de la secte exhibitionniste des femen, venues, seins à l’air, proclamer d’incompréhensibles slogans, comme : « Bienvenue aux criminels de guerre ». Mais surtout l’incroyable discours de haine de Macron.

Le dictionnaire donne patriotisme comme synonyme de nationalisme

Le président de la République a en effet clos cette cérémonie par une intervention qui comportait un passage purement politique, opposant patriotisme et nationalisme, les « raisonnables » et les « extrémistes ». Le patriotisme est l’amour du pays de nos pères. Le nationalisme est l’amour de notre nation. Ces deux concepts sont si proches que le dictionnaire donne patriotisme comme synonyme de nationalisme.

Au regard de ce risque de « racisme, antisémitisme, extrémisme » stigmatisé l’après-midi par Macron à La Villette lors de cette ridicule foire aux ONG, désertée par nombre de chefs d’Etat, le patriotisme peut se révéler moins tolérant que le nationalisme, car le patriotisme français exclut, par définition, ceux dont les pères ne sont pas nés en France. Quand Macron nous explique que « le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme », que « le nationalisme en est la trahison », quand il met en garde contre « le nationalisme qui renaît », « comme une lèpre », il tient un discours absolument incompréhensible pour le commun des mortels.

Qui visait Macron, dans ce discours de politicien ? Les islamistes ? Ceux qui veulent la peau d’Asia Bibi au Pakistan ? L’impérialisme chinois du côté du Japon et de Taïwan ? Les Staline aux petits pieds d’Amérique latine qui persécutent leurs peuples et les conduisent à l’exil, comme au Venezuela ? Non, tous les observateurs ont admis que Macron visait « les populistes », c’est-à-dire Trump et Poutine au niveau mondial, l’Italie de Salvini, la Hongrie d’Orban, la Pologne, l’Autriche, au niveau européen, le Rassemblement national et autres souverainistes au niveau français.

Ou bien son discours était un discours purement politique dans la perspective des européennes, ou bien il s’agit d’une véritable déclaration de guerre contre une grande partie des Français, une grande partie des Européens, une grande partie de la planète, un appel à une Troisième Guerre mondiale, en quelque sorte, prononcé à l’occasion du centième anniversaire de la Première… Quel épouvantable symbole !

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