Le ludion Benalla à nouveau sur la route de Macron

La page Benalla était tournée. Du moins pour l’Elysée. Cet intermède barbouzard, débuté en juillet dernier, avait montré que la macronie fonctionnait finalement comme le gaullisme et la mitterrandie, avec ses polices parallèles et ses zones de non-droit. L’affaire avait inauguré une série de catastrophes politiques, de dérapages et de cacophonies dans la communication, dont le président Macron ne s‘est toujours pas relevé. Mais, une affaire chassant l’autre, le frère Benalla, ses passe-droits, son armement, son salaire très confortable, ses rodomontades, avaient été oubliés.

Mais voilà que l’aventurier et garde du corps socialiste revient dans l’actualité. Benalla, qui disposait toujours de passeports diplomatiques, s’est rendu au Tchad au début du mois de décembre. Pour des raisons personnelles, nous dit-il aujourd’hui. Mais, comme par un fait exprès, son déplacement dans ce pays, qui ne passe pourtant pas pour un lieu de séjour touristique particulièrement prisé, précédait de quelques jours celui, plus officiel, de son ex-intime Emmanuel Macron. De là à penser qu’il s’était déplacé au titre d’une mission au moins semi-officielle, il n’y a qu’un pas, et les commentateurs n’ont pas manqué de le relever. Benalla a confirmé, la main sur le cœur, que ce déplacement était uniquement pour affaires, mais la concomitance du déplacement officiel de Macron dans ce même pays justifie pour le moins les questions que l’on peut se poser.

Ces questions, les voici : à supposer qu’il y ait eu un lien entre le déplacement de Benalla et celui de Macron, à quelques jours d’écart, dans ce même pays, quel est désormais le statut de l’ancien garde du corps ? Et surtout, pourquoi l’Elysée continue-t-il à s’encombrer d’un tel personnage, véritable roi de la gaffe ?

La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, pour ce déplacement officiellement personnel, Benalla a utilisé un passeport diplomatique, et même deux passeports diplomatiques. Ces passeports lui avaient été délivrés en mai. Comment est-il possible qu’il en ait encore l’usage, alors que le personnage, officiellement, ne joue plus aucun rôle politique, et n’est plus mandaté pour figurer au nombre des proches du président de la République ?

Passeports rendus et restitués ?

Ses deux passeports lui avaient été réclamés fin juillet, et lui auraient été retirés. Mais alors, d’où viennent les passeports diplomatiques qu’il a utilisés en décembre ? Apparemment, Benalla ne les a pas rendus, et personne ne s’est avisé de les lui réclamer d’une façon un peu plus comminatoire. Benalla, lui, affirme qu’il les avait bien rendus, mais qu’ils lui ont été restitués ! Si c’est vrai, pourquoi ?

On apprend aussi que, depuis juillet, Benalla a voyagé dans le monde entier ou presque, muni de ces passeports, se rendant notamment en Israël, à Londres, et dans plusieurs Etats africains, dont le Tchad en décembre.

Négligence de l’administration ou mensonge d’Etat ? Tout semble laisser penser que Benalla aurait été à nouveau investi de missions parallèles au profit du chef de l’Etat. Peut-être n’en est-il rien. Mais si, par hasard, le président a accepté que Benalla réintègre le bercail barbouzard, alors que ce garde du corps amélioré est un vrai boulet pour la macronie, se poserait automatiquement une ultime question : que sait donc Benalla pour bénéficier d’une telle protection ? L’homme vient d’ailleurs lui-même de menacer de faire des révélations. Il est probable qu’il ne s’agit que d’ultimes provocations. Mais, désormais, qui en mettrait sa main au feu ?

Francis Bergeron

Un commentaire sur “Le ludion Benalla à nouveau sur la route de Macron

  1. Benalla par ci, par là. On en fait beaucoup trop autour de lui et on brasse beaucoup de vents. Ce pluriel n’est pas une coquille.
    A l’origine de ces odeurs de vents autour de l’affaire, affaire vulgaire, se trouve malheureusement notre président lui même. Par quelle perversité a-t-il eu la triviale idée de déclarer que ce mec n’a pas été son amant ? Tout le malaise créé par cette affaire, en somme assez vulgaire, vient de cet indigne comportement du personnage au moins double qu’est le président. D’étranges aspects de sa personne ressurgissent à travers ses propos et ses attitudes parfois licencieuses pour le moins.

    Après cette affirmation alarmante, nous sommes en droit de croire que Emmanuel Macron n’a pas eu de rapports charnels avec cet “Alexandre”. Mais en même temps je suis porté à penser que cet Emmanuel aurait de ces tendances sexuelles tant à la mode du jour. La vue et la répétition des images du président entre les deux présumés innocents de Gadeloupe ou Martinique, ses mimiques et son comportement à leur contact, ajoutent à ce malaise qu’il entretient. Dans quel but?

    Il serait plus judicieux de fouiller ces particularités du caractère du président, très lourdes de conséquences pour notre avenir de français, que de suivre pas à pas les péripéties de ce garde du corps qui ne l’est plus tout en le restant sans le dire et en l’affirmant pourtant. Près du pouvoir, il y a toujours eu des individus de cet acabit. Ils donnent un certain éclairage sur le puissant du jour. C’est le puissant du jour qui doit rester le personnage important. Les détails plus ou moins croustillants de cette subalterne affaire d’état entretiennent le climat délétère cultivé par les amateurs de polars et feuilletons à quatre sous.

    Je viens d’en parler beaucoup. Pour vous demander de ne plus en faire des fromages sans intérêt aucun. Benalla n’est qu’un agent louche mineur. Emmanuel Macron est notre président et c’est lui le sujet capital.

    Pour finir, je vous adresse mes meilleurs voeux pour 2019 et les années suivantes.

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