Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud rejoignent le camp national

Une décision lucide

Bon nombre de journalistes se pressaient, en ce matin du 9 janvier, dans l’arrière-salle du café Le Wallace, dans le XVe arrondissement de Paris, où Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud donnaient de concert une conférence de presse. Sur place, pas vraiment de surprise – puisque le thème était annoncé d’emblée : ils rejoignent le Rassemblement national de Marine Le Pen – mais pas d’animosité non plus de la part des représentants des médias.

Jean Paul Garraud, magistrat, après avoir resitué son engagement en politique – deux mandats de député, soutien de Chirac et de Sarkozy –, précise avoir senti la nécessité de créer au sein de la droite de gouvernement le courant La Droite populaire, demandant que l’intégralité du programme de 2007 fût appliquée. Mais il a constaté que le gouvernement « de droite » n’irait jamais au bout de sa politique. Après avoir soutenu Fillon à la présidentielle, Garraud refuse de pousser à voter Macron. L’ex-député de la Gironde sent un émiettement au sein des Républicains (LR), minés par des divisions anciennes et profondes alors que le pays connaît une situation d’urgence. Il constate que Wauquiez, s’il tient un discours droitier, s’interdit toute alliance avec les autres mouvements de droite.

Garraud déclare donc « entrer en résistance », partisan d’une union entre tous ceux qui combattent la montée de l’islamisme, la délinquance, les injustices sociales. En quoi consistait donc le programme de la droite dans les années 80 ? Limitation de l’immigration, préservation de notre identité… Les valeurs du RPR d’hier sont, pour Jean-Paul Garraud, celles du Rassemblement national aujourd’hui. Ce que l’on appelle la montée du populisme ? C’est tout simplement le réveil de peuples qui ne veulent pas mourir. La majorité de nos concitoyens le ressentent : qu’ils franchissent le pas en exprimant leur vote.

Sans état d’âme

Les principales raisons qui poussent Thierry Mariani à rejoindre le parti de Marine Le Pen sont le manque de clarification au sein de LR (combien ont rejoint Macron, combien auraient continué si la cote de l’actuel président ne s’effondrait pas dans les sondages ?) et surtout, pour lui aussi, le refus obstiné de faire alliance avec d’autres partis. On ne peut gagner seul et, surtout, on ne peut gouverner seul. Or la droite, c’est l’expression qu’il a employée, est « assignée à résidence » par la gauche et par la pression médiatique.

Nous arrivons à un moment charnière en France et en Europe, l’actualité nous le montre en Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, et même en Italie, en Espagne, en Allemagne. Le programme de Marine Le Pen veut une Europe, mais « notre » Europe, rebâtie de l’intérieur. Les européennes seront aussi une sorte de référendum national pour ou contre Macron.

Il rejoint donc la liste RN sans état d’âme.

A la question : « Pourquoi n’avez-vous pas plutôt rejoint Debout la France ? », Thierry Mariani précise qu’il a estime et admiration pour Nicolas Dupont-Aignan, notamment parce qu’il a osé casser le schéma habituel à l’élection présidentielle. L’enjeu immédiat est d’empêcher En Marche d’être en tête. Plus tard, il espère qu’ils se retrouveront pour travailler ensemble au Parlement européen.

Son sentiment sur la tête de liste du RN ? L’âge de Jordan Bardella ne le gêne pas : il est entré en politique, quant à lui, à 18 ans. Bardella est doué et a de fortes convictions. Il est charpenté idéologiquement. Il est conseiller régional d’Ile-de-France. Pour lui, c’est un bon choix, qui indique une volonté de renouvellement du RN.

Sur quoi aimerait-il insister au RN ? Actuellement, il constate que l’Europe, une des zones les plus riches, a la croissance la plus faible et un lourd chômage. L’Europe doit défendre efficacement ses entreprises, protéger ses frontières, cesser d’être le seul espace au monde ouvert ainsi à tous.

« Extrême » ?

Mariani, remarquant que la France était incapable d’avoir sa propre politique, notamment vis-à-vis du Moyen-Orient (rappelons qu’il a toujours été de ceux qui prenaient à cœur le sort des chrétiens d’Orient), mais se trouvait toujours à la remorque des Etats-Unis, n’a pu s’empêcher de remarquer que « du temps de de Gaulle, on savait se faire respecter ». Cet homme politique qui se situe dans la lignée du gaullisme rejoindrait, au dire de 20 Minutes du même 9 janvier, « la liste du parti d’extrême droite » que serait le RN ?

La politique défendue par Marine Le Pen n’a rien d’extrême, sauf s’il est extrême de vouloir défendre les intérêts de son pays. Que s’unissent tous ceux qui ont cette même volonté, c’est le vœu de Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud, que nous retrouverons donc à la Mutualité le 13 janvier prochain, pour la grande convention du RN. Peut-être feront-ils école ?

 


Thierry Mariani a tenu à saluer la présence, dans la salle, d’étudiants de La Cocarde étudiante (alors qu’à l’université on est actuellement en pleins partiels…). Il s’agit d’un mouvement étudiant qui veut rompre avec les erreurs de ses prédécesseurs, « qui veut adapter le monde actuel à nos valeurs civilisationnelles – et non l’inverse –, qui rejette “progressisme”, libéralisme et culte des minorités, enfin qui a conscience de la catastrophe migratoire que nous subissons ». « Nous avons l’ambition, ajoutent-ils, dans les universités, d’être le point de convergence des diverses sensibilités de la (vraie) droite. L’hégémonie intellectuelle de la gauche doit être contestée, et cela passe par l’union de la droite. »

Si Thierry Mariani a tenu à terminer sur cette note, est-ce un hasard ? Telle est la position d’avenir, celle à laquelle aspire une bonne partie de la jeunesse française. – ALP


 

Anne Le Pape

5 commentaires sur “Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud rejoignent le camp national

  1. Les 2 gaillards ne sont pas fous:
    – sûrs d’être élus
    – bien payés à Bruxelles.

    On se f de nous!

    1. Bonjour, nous n’appliquons pas de censure à la libre expression de nos lecteurs. Certains commentaires sont simplement bloqués en attente de validation des modérateurs.
      Nous sommes un quotidien libre et nous comptons le rester aussi grâce aux abonnés comme vous. Merci pour votre soutien.

  2. L’article de En bref du 11 janvier n’est pas non plus très enthousiaste quant à l’acquisition de ces 2 ex-droite molle.

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