Connexion
S'abonner

Alstom – Siemens, le train reste en gare

L’Europe a-t-elle vraiment besoin d’ennemis ? Une fois de plus, les technocrates apatrides de Bruxelles, façon Macron, ont frappé, à croire qu’ils veulent vraiment couler ce qui reste des nations européennes, et nous avec. Le nécessaire rapprochement d’Alstom et de Siemens face à la concurrence internationale, et notamment chinoise, a été stoppé net par la Commission européenne. Il s’agissait de réunir les compétences de ces deux entreprises pour en faire un géant mondial de l’industrie ferroviaire. C’est logique, mais Bruxelles a dit non sous le prétexte qu’un tel groupe serait néfaste pour la concurrence sur le marché ferroviaire de l’Union européenne.

Bien évidemment, on sabre le champagne à Pékin, et on se frotte les mains à la China Railroad Rolling Stock Corporation (CRRC), 180 000 employés, constructeur du TGV chinois, et exportant déjà vers 102 pays. Mais il n’y a pas que les Chinois qui jubilent, le groupe canadien Bombardier, concurrent de longue date du groupe allemand et du groupe français, en rajoute une couche en se disant « heureux » du rejet de Bruxelles, car cette fusion « aurait gravement compromis la santé et la compétitivité de l’ensemble du marché ferroviaire européen ». Les demeurés de Bruxelles comprendront-ils l’ironie ?

De par ses règles d’ouverture et de libre concurrence, l’Europe est devenue pour les nations extra-européennes un marché de rêve, rempli de nigauds, un marché où elles peuvent venir vendre leurs produits avec le minimum de contraintes. En revanche pas question d’aller chez elles faire de même, ces guêpes-là ne sont pas folles.

Si à Pékin et chez Bombardier on a le sourire, à Paris et Berlin on fait grise mine. Cette décision semble donner raison à leurs turbulents citoyens : l’Europe telle qu’elle est serait-elle une mauvaise chose pour les Européens ? Le gouvernement français a qualifié le veto de Bruxelles de « faute économique et politique », et le Premier ministre Philippe a souligné qu’il s’agissait « d’une mauvaise décision » prise « sur de mauvais fondements ». Paris n’a d’ailleurs pas exclu d’interjeter un recours contre la décision.

La décision de la CE : erreur économique

Quant à Alstom et Siemens, ils ont déjà fait savoir qu’ils ne contesteraient pas une décision qu’ils considèrent avant tout comme idéologique. Henri Poupart-Lafarge, le P.D.G. du groupe français, déclarait hier dans les colonnes du Figaro : « Quand nous défendons la création d’un champion européen, certains responsables de la Commission entendent “monopole”. Quand nous parlons de la concurrence chinoise, ils y voient une excuse. Ceux-là, dès le premier jour, ne voulaient pas de cette fusion… »

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a de son côté qualifié la décision de la CE d’erreur économique. Selon lui, il faut désormais « refonder les règles de la concurrence européenne ». « Je propose qu’on retienne comme marché pertinent, celui où on analyse la concurrence, le monde entier et pas que l’Europe. »

Pour que la macronie aille publiquement à l’encontre d’une décision bruxelloise et prenne la défense du projet de fusion, il faut vraiment que la situation intérieure du pays soit grave.

Partager cet article

Facebook Twitter Email

Articles liés

Chers amis de Présent,

Comme nous l’avons annoncé, notre quotidien a cessé de paraître avec le numéro du 30 juin 2022.

L'ensemble du site reste accessible aux abonnés et aux visiteurs, et il sera mis à jour régulièrement.

Nous travaillons actuellement à la suite de cette grande aventure de presse qui,
sous une autre forme, poursuivra le combat. Nous vous tiendrons informés des évolutions.

Merci pour votre soutien et votre fidélité.