La position de Présent sur la Russie d’aujourd’hui nous coûte 35 000 euros

Nouvelles du Clap

Le Clap est le Club des Lecteurs et Amis de Présent. Il se veut avant tout trait d’union entre sa rédaction et ses lecteurs.


Lecteurs, vous avez la parole

Dans Présent daté du mercredi 6 mars, nous vous avons raconté notre condamnation à un total de 35 000 euros à la demande d’un ancien pigiste de Présent, Bruno Fanucchi, nous obligeant à faire à nouveau appel à vous.

Bruno Fanucchi participait depuis de très nombreuses années à la rédaction du journal, sous forme de piges rémunérées. Parce qu’il menait parallèlement une carrière de journaliste reporter au Parisien libéré, il écrivait donc sous pseudonyme dans les pages de Présent. Pourquoi pas ? Il n’est pas le seul dans ce cas. Ses domaines de compétence étaient la politique étrangère et plus encore la défense nationale, assurant d’ailleurs la présidence de l’Association des journalistes de défense.

Les articles qu’il donnait à Présent sur la Russie étaient extrêmement sévères à l’égard de Poutine. Ses analyses étaient loin d’être inexactes, mais le ton général pouvait donner l’impression que la Russie de Poutine était pire que l’URSS de Brejnev, et digne de l’époque stalinienne. Nos lecteurs se reporteront à ses articles publiés sous le pseudonyme d’Yves Brunaud, parus notamment entre juillet 2013 et mars 2014.

« KGB un jour, KGB toujours »

Il n’est pas question de présenter le président Poutine comme le plus grand des démocrates, mais il est vrai que beaucoup d’entre vous, sans tomber pour autant dans la poutinophilie, contestaient ces analyses, essentiellement à charge, contre le président russe, et nous l’écrivaient. Vous souvenant de l’indulgence (ou de la prudence) de la presse française à l’égard d’un Brejnev ou même d’un Staline, dans le passé, vous étiez très nombreux à nous dire que la Russie de Poutine n’avait quand même rien à voir avec l’URSS de Staline, et à trouver un peu court le slogan « KGB un jour, KGB toujours » qui semblait orienter la plume de ce pigiste.

Lu dans Challenges. L’Humanité frappe à la porte des grandes entreprises publiques, voire privées. Tickets d’entrée, pour avoir la chance de participer au sauvetage du quotidien stalinien : 250 000 euros.

Nous avions suggéré depuis un certain temps à Bruno Fanucchi de nous donner aussi des piges sur l’engagement de l’armée française en Afrique, puisque, en tant que président de l’Association des journalistes de défense, il était amené à séjourner souvent en Afrique, et à entretenir les liens les plus cordiaux avec l’état-major français.

Rien n’y a fait. Au contraire, même : Fanucchi, qui apparemment avait quitté Le Parisien dans de bonnes conditions, a décidé de cesser sa collaboration à Présent, trouvant pour prétexte à cette fin de travail commun un supposé changement de ligne de Présent. Puis il a attaqué Présent devant les prud’hommes, soutenant que sa démission trouvait sa source dans un changement de ligne du journal.

Le juge de première instance, contre toute attente, a suivi Fanucchi dans son raisonnement et considéré en effet que l’antisoviétisme d’hier, et une certaine modération de ton à l’égard de la Russie de Poutine, aujourd’hui, constituaient tout simplement un changement de ligne du journal. Et, par une décision du 15 février 2019, le juge a estimé que la démission de Bruno Fanucchi, en date du 13 mars 2015, devait donc être considérée comme un licenciement dépourvu de motifs. A ce titre il a condamné le journal à un total de 35 000 euros. Tout lecteur qui souhaite obtenir ce jugement (dont nous avons fait appel immédiatement) peut nous en demander une copie. Comme tout jugement, il s’agit en effet d’un document public.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : à la suite de la publication de notre article de Présent du 6 mars, expliquant ce qui se passait, et le nouveau coup dur dont était victime Présent, nous avons reçu de l’avocat de Bruno Fanucchi un courrier officiel prétendant nous interdire d’écrire que Bruno Fanucchi avait collaboré à Présent. Fanucchi, par la voix de son avocat, affirme que rendre public le fait qu’il travaillait pour Présent est « de nature à nuire à [sa] réputation personnelle et professionnelle » !

Par qui et pourquoi nous sommes attaqués et condamnés ?

Nous sommes là au comble du culot.

1) Bruno Fanucchi est apparemment à la retraite du Parisien depuis de nombreuses années, et on ne voit pas bien en quoi un emploi occasionnel dans un autre journal pourrait entacher sa « réputation personnelle et professionnelle », sauf à considérer qu’écrire dans Présent est en soi de nature à nuire à la réputation du rédacteur, parce qu’il serait honteux de collaborer à un tel journal.

2) Mais surtout c’est bien Bruno Fanucchi, en qualité d’ex-pigiste démissionnaire de Présent, qui a attaqué Présent. Autrement dit, si l’on suit le raisonnement de son avocat, nous pouvons être attaqués, et condamnés, mais nous sommes sommés de ne pas écrire par qui et pourquoi nous sommes attaqués et condamnés ! Tout cela doit rester secret !

3) En tout état de cause les procès de cette nature sont publics, les jugements sont accessibles à tout le monde, et, en choisissant d’attaquer Présent devant les tribunaux, Bruno Fanucchi prenait le risque qu’il se sache qu’il collaborait à notre journal.

Bruno Fanucchi n’est nullement un « gauchiste infiltré », comme l’ont supposé et nous l’ont écrit plusieurs d’entre vous. Nous le connaissons depuis des dizaines d’années. Il a donné des piges dans Présent pendant trente ans. Auparavant il était le responsable du FNJ, les jeunes du Front national, le Front national des premières années, celui des époques héroïques, où il fallait une bonne dose de courage, y compris physique, pour assurer un tel engagement.

J’irai même plus loin : peut-être Fanucchi a-t-il raison, et peut-être Poutine est-il potentiellement aussi dangereux que ses prédécesseurs. Seul l’avenir nous le dira, mais pour l’heure cette thèse nous semble difficile à soutenir. Car comme Trump, si Poutine est critiquable sous certains aspects, la question reste de savoir où est l’intérêt de la France, dans nos relations avec la Russie d’aujourd’hui. Cela seul doit constituer notre grille d’analyse.

La France a-t-elle matière à une critique globale et frontale de la Russie d’aujourd’hui, ce qui était en effet l’approche de Présent et du mouvement national dans son ensemble à l’égard de l’URSS jusqu’à la chute du mur de Berlin ? Ou bien est-il logique et souhaitable que nous nuancions nos jugements à l’égard de la Russie d’aujourd’hui ? Que nous nous intéressions davantage, désormais, aux éventuelles convergences ? C’est une question qui mérite d’être posée, et c’est la première question à laquelle nous vous invitons, lecteurs et amis de Présent, à répondre. Nous publierons celles de vos lettres apportant les éclairages les plus pertinents sur cette question.

La seconde question est d’une tout autre nature : voulez-vous que Présent continue ? Je relisais récemment le texte de Jean Madiran à l’occasion des 25 ans de Présent, discours qu’il avait prononcé en 2007 à Villepreux, six ans avant sa disparition. En voici quelques lignes : « Ce qui a été et ce qui est la différence de Présent, sa personnalité, c’est d’abord, vérité de La Palice, c’est tout simplement d’être un quotidien. Mais attention : un quotidien avec tout ce que cela suppose et tout ce que cela comporte. Ce n’est pas seulement une différence anecdotique dans le rythme de parution. Sans quoi il serait tout à fait inexplicable que pendant 38 années, de 1944 à 1982, notre famille nationale et chrétienne ait eu tant de publications et de revues, de bulletins hebdomadaires, de mensuels et de trimestriels et jamais de quotidien : toutes les tentatives ébauchées sont restées à l’état d’ébauches. De même d’ailleurs que les deux tentatives qui s’y sont risquées après que Présent a ouvert la voie ont été des échecs, l’une n’a finalement pas vu le jour et l’autre n’a pas duré longtemps. »

Un moment clé de confrontation avec le courant mondialiste

Présent est loin d’être parfait. Présent a pu se tromper. Peut-être sa position nuancée sur Poutine – sans tomber dans la poutinophilie – est-elle une erreur ? Donnez-nous votre avis sur ce point. Ces sujets peuvent et doivent être débattus au sein de notre famille d’idées.

Mais demander aux tribunaux d’en juger, c’est poursuivre des objectifs purement personnels, sans rapport avec le débat d’idées.

Ce qui est certain, c’est que, si Présent disparaissait parce que tel ou tel ancien rédacteur juge la position du journal trop ou pas assez nuancée à l’égard de Poutine (ou de n’importe quel autre homme politique étranger ou français, d’ailleurs), aucun autre quotidien ne serait en mesure de prendre sa relève. C’est toute notre famille d’idées qui serait orpheline.

Dans ces conditions, est-il imaginable que Présent cesse de paraître ? Et qu’il cesse de paraître au moment précis où, de toute l’Europe, montent les revendications identitaires et souverainistes ? A un moment clé de confrontation avec le courant mondialiste, libéral-libertaire, et matérialiste ? C’est la seconde question que nous vous posons. La réponse est entre vos mains. Elle est pratique, elle est financière.

Si vous pensez, comme Jean Madiran, qu’un quotidien est un média très particulier, que Présent est unique, sur le créneau qu’il tient, et qu’il est essentiel de tenir ce créneau, que priver la droite nationale de son quotidien serait une faute grave, spécialement par les temps qui courent, alors aidez-nous une fois encore à surmonter cette épreuve.

Photo : Lénine a été largement déboulonné.

Francis Bergeron

2 commentaires sur “La position de Présent sur la Russie d’aujourd’hui nous coûte 35 000 euros

  1. Sans être complotiste (quoique pour certains, lire “Présent”, c’est déjà l’être !), l’on peut trouver un peu curieux cet acharnement contre ce journal, en ces temps difficiles (besoins financiers compréhensibles de tout un chacun) mais aussi pouvoir aux abois, prêt à tout. Et de nous venir aisément à l’esprit ce vieux dicton: “Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage”.

    C’est donc terrible de voir que le Système qui veut absolument détruire les voix, même pas dissidentes, mais tout simplement un peu discordantes, ne semble avoir guère de difficultés à trouver des alliés. Et un autre dicton qui peut revenir à la mémoire : « Mon Dieu, préservez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge ».

    Quelle tristesse, en effet, de constater ce qui se passe, alors que nous sommes à une époque charnière où nous assistons peut-être aux derniers sursauts de peuples encore un peu libres croyant aux souverainetés nationales (à laquelle la Russie et Poutine, participent), avant leur anéantissement définitif ou tout au moins leur domination pour longtemps.

    Est-ce un trait rédhibitoire à la France de voir ceux qui appartiennent au même camp se déchirer face à l’ennemi, au lieu de surmonter temporairement leurs divisions ?

    En attendant donc, un soutien financier même modeste de chaque lecteur de Présent, est ce que l’on peut souhaiter. On y croit, faute de mieux.

  2. En plus, je soutiens totalement Présent. Puisque l’article d ans Présent parle aussi de Trump, je précise pour soutenir Présent plusieurs choses : 1/ je suis que simple préposé postier. Donc en passant à paris, je ferais ceux que je pourrais. Je passerais chez Présent, si Présent est ouvert, donner 10 euros à Présent, car il faut que Présent vive d’autant que nous sommes en dictature et que nos gouvernants sont en train de tuer la France, de la livrer à la finance internationale, à l’Islam. Il faut aussi soutenir les Identitaires, le Rassemblement National, voter pour le RN aux européennes, et j’espère que Présent se souviendra de mon aide, parlera de mes livres parlant de grands hommes d’Etat,
    2/Effectivement, le danger fut la Russie communiste mais la Russie n’est plus le danger. Les 3 dangers actuels sont la finance internationale, la Chine, l’Islam radical,
    3/ Staline et tous les dictateurs communistes étaient de cruels et médiocres hommes d’Etat, ayant du sang sur leurs mains et la Russie n’est plus communiste depuis 1991. Et Vladimir Poutine a un bilan très largement positif, est le meilleur homme d’Etat en activité, est un très grand homme d’Etat et les grands hommes d’Etat qu’a eu la Russie, en sachant que les 2 plus grands, ex aequo, ont été Pierre 1er Le Grand, Catherine II La Grande, Pierre 1er Le Grand, Catherine II La Grande, Alexandre 1er, Alexandre II, Piotr Stolypine, Vladimir Poutine, que Donald Trump est un très grand homme d’Etat, a un bilan largement positif et les Etats-Unis n’ont eu que 3 grands hommes d’Etat : Richard Nixon, Ronald Reagan, le plus grand, Donald Trump. Ai-je assez répondu ici où dois-je vous apporter une lettre à mettre à votre journal pour dire mon point de vue quand j’irai vous voir? RéPONDEZ A MA QUESTION, JE VOUS EN SUPPLIE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.