La dernière bataille des LR ?

Moins de trois jours après la défaite cuisante infligée à la liste menée par François-Xavier Bellamy, le parti des Républicains s’enfonce dans la crise avec la même facilité qu’en 2012.

Il était décomposé mais debout. François-Xavier Bellamy continue donc de donner des leçons d’honneur et d’humilité à la classe politique tout entière mais également à sa propre famille politique. Une gageure tant l’honneur semble avoir déserté la droite de la rue de Vaugirard depuis une bonne dizaine d’années. « C’est désespérant », nous confie un cadre des jeunes LR. « Nous avons perdu à cause du centre et nous continuons de les draguer ouvertement. »

Tout le problème est là et la spirale de la défaite des Républicains a une origine bien précise. Rappelez-vous 2012. Elu sur un programme de droite conservatrice grâce au cap fixé par Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy a trahi son électorat en proposant un gouvernement d’ouverture. Il a promis le karcher, on a eu Kouchner » rappelle, désabusé, Eric Zemmour. S’ensuit un mandat tiède à peine relevé par la plume enlevée et conservatrice d’un Henri Guaino combattif. En 2012, la défaite était encore évitable. Menée à droite, la campagne avait laissé espérer un sursaut. Malgré une sphère médiatique unie contre un seul homme comme un seul homme et un PS empêtré avec un candidat par défaut (Hollande), l’affaire semblait jouable. Et puis, Sarkozy laissa la place aux centristes. NKM en tête qui démontra au mieux son malaise vis-à-vis d’un programme fort éloigné de sa position, au pire une franche hostilité contre ce qu’elle considérait comme une émanation de la bête immonde.

La suite, on la connaît trop bien : Sarkozy échoue au second tour, non pas en raison de son programme de droite, mais bien à cause de sa trahison envers son électorat opérée entre 2007 et 2012 (avec la ratification du traité de Lisbonne entre autres) et à cause des personnalités centristes désignées pour mener la contre-attaque.

C’est exactement ce scénario qui s’est produit au détriment du pauvre François-Xavier Bellamy et de sa campagne européenne. Comme d’habitude, les LR vont tenir pour responsables les conservateurs et ne remettront jamais en question leurs propres atermoiements, oubliant au passage que c’est cette ligne qui les a fait triompher en 2007. Cette ligne qui aurait dû leur garantir le pouvoir s’ils avaient eu le courage de l’assumer. Tant mieux pour le RN, tant pis pour la droite. Car pour l’instant, le boulevard de la réélection d’Emmanuel Macron en 2022 est tout tracé.

En interne chez les LR, on se déchire donc. Wauquiez en difficulté n’a rien pu faire pour empêcher Gérard Larcher de créer sa coalition de centre-droit. Bruno Retailleau campé au Sénat, compte sur Force Républicaine (le groupe de Fillon) pour attendre tranquillement son heure en affûtant son réseau. Quant à Bellamy, il assume sa défaite et a même pardonné à son ancien directeur de campagne Geoffroy Didier ses ultimes coups de poignard. La droite se déchire, la droite s’enferre avec le centre. La droite n’a rien compris, la droite va perdre à nouveau.

Etienne Defay

Un commentaire sur “La dernière bataille des LR ?

  1. Bonjour Présent
    A L’ATTENTION DE TOUS
    Comme il n’y a pas de formulaire de contact je place ici mon message
    Je me permet de suggérer que vous demandiez aux lecteurs du site present.fr quelle est leur satisfaction concernant le site present.fr
    Je vous écrit cela car je suis allergique aux articles qui sont interrompus après plusieurs lignes, quelque soit la manoeuvre à faire ou le paiement éventuellement demandé, et je coupe. Je ne suis pas seul à me comporter ainsi, d’autres font de même et indépendamment du journal.

    L’expérience m’a montré que pour attirer des lecteurs papier ou numérique il vaut mieux proposer quelques articles seulement, même s’ils restent en ligne pendant une semaine, mais entièrement (ou dans une contraction de texte) sans demander quoi que ce soit au lecteur. Sans vous justifier ni donner la liste des autres articles publiés dans le quotidien. Car la coupure créé une frustration chez le lecteur ne serait ce que du fait de l’interruption.

    Et placer à la fin les propositions de : faites un don, parlez de nous, abonnements, vente de livres et brochures par correspondances, abonnement à une lettre, liste et bio des rédacteurs, courte histoire du journal, etc.
    Enfin toujours une courte identification du rédacteur systématique à la fin de article, pour le faire connaitre.

    Les Americains sont rompus à ce genre de pratique – je ne vous demande pas d’être yankee – vous pouvez regarder http://www.thenewamericain par exemple, qui publie une revue. Vous verrez qu’
    il y a une curiosité dans la présentation (répétition) Et toujours trois articles de fond et plus longs à la fin.qui restent une quinzaine. L’actualité est légèment différée, ce qui est leur choix éditorial de prendre du recul, pour leur site.

    Avec ma meilleure considération à tous
    Dominique

    PS : un truc pour faire venir dans un kiosque Présent alors qu’il n’y est pas, je crois l’ avoir deja signalé : Suggérer au lecteur qui achète le journal dans un kiosque A de proposer à un kiosque B qui ne propose pas le journal de (le lecteur) s’engager à l’acheter tous les vendredi par exemple et en lui demandant de le mettre de côté s’il ne passe pas. Cela permet de proposer (au moins) 1 Présent à la vente dans le kiosque B et cela déclenchera à terme l’approvisionnement automatique par la messagerie. Je vous assure que cela marche pour amorcer la pompe à la vente de plusieurs Présent quotidien nement. Je l’ai fait et je vous encourage à tester.

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