Nouvelles du CLAP : « Presse et pluralisme », de quoi s’agit-il ?

Présentattire régulièrement l’attention de ses lecteurs sur l’organisme Presse et pluralisme, qui permet de faire des dons au journal, tout en défiscalisant 66 % des sommes versées. Rien n’interdit, bien évidemment, d’aider Présent, en lui faisant un don direct, en arrondissant le prix de l’abonnement, ou encore (c’est déjà arrivé) en opérant un leg. Mais le don via Presse et pluralisme permet un intéressant effet de levier, car Presse et pluralisme est habilité à émettre un reçu, qui autorise donc de déduire les deux tiers du don des impôts du donateur.

Des lecteurs nous ont interrogés sur Presse et pluralisme, sa fiabilité, son orientation, à la suite de quelques incidents dans la gestion des dons.

Presse et pluralisme est une association créée en 2009, dans le contexte d’une prise de conscience, sous la présidence de Sarkozy, que la presse papier était, en France, en danger de mort. Des états généraux de la presse avaient révélé le désastre économique de ce secteur, condamné à disparaître à terme, si rien n’était fait, et ce, malgré l’aide (légale) aux entreprises de presse à faibles revenus publicitaires.

Les différents syndicats patronaux de la presse ont donc été partie prenante de cette création. Et la présidence en a été donnée à François d’Orcival, ce qui, a priori, est un gage de traitement équitable des titres, d’autant que nos plus vieux lecteurs lisent les « papiers » de l’éditorialiste de Valeurs actuelles depuis les années soixante, l’époque des engagements contre de Gaulle et pour l’Algérie française.

La défiscalisation des dons nécessite donc de passer par Presse et pluralisme, qui délivre une attestation à joindre avec sa déclaration fiscale. Cette défiscalisation est dérogatoire au droit commun car en principe seuls les dons à des associations sans buts lucratifs sont censés pouvoir générer une défiscalisation de cette nature. Or les journaux sont des entreprises classiques, même si, dans les faits, elles ne gagnent pas d’argent, et en perdent, le plus souvent.

En effet la presse écrite est globalement dans le rouge, et régulièrement renflouée par de généreux mécènes. Nous avons souvent rappelé cette situation.

Pour ceux qui n’ont pas un milliardaire parmi leurs actionnaires de référence, un Drahi, un Bernard Arnault, un Xavier Niel, un Dassault, Presse et pluralisme est une aide précieuse. Le procédé ne profite pas qu’à Présent. L’Humanitéet d’autres (y compris Charliejusqu’à l’attentat de 2015) font appel aux dons de leur public.

Le don est d’ailleurs un moyen de créer une proximité entre le lecteur et le titre qu’il soutient.

Présenta besoin de cette forme de soutien

Les dons par le biais de Presse et pluralisme ont largement contribué à permettre à Présentde passer le cap de procès qui lui avaient été faits en 2014 par certains anciens membres de la rédaction, plus motivés par l’indemnité de licenciement de la convention collective des journalistes que par une indemnité de départ à la retraite.

A cette occasion, Presse et pluralisme avait collecté des sommes importantes (à notre échelle). Mais apparemment l’organisme a perdu ou détruit par erreur (Présentn’a jamais reçu d’explications claires à ce propos) deux enveloppes de chèques, l’une en 2018 et l’autre en 2019, représentant un total de plus de 6 000 euros. C’est pourquoi Presse et pluralisme, après avoir cherché en vain ces chèques égarés, a écrit le 24 juillet à plusieurs de nos donateurs, en leur demandant d’y faire opposition. Les lecteurs concernés nous ont informés de la démarche.

Presse et pluralisme n’est pas un prestataire comme les autres, et nous n’avons donc pas la possibilité, à la suite de ce défaut de qualité du service, de nous tourner vers un autre organisme. Un peu comme pour la Poste…

Espérons que l’incident restera isolé, et que les mesures correctrices ont été prises, car Présenta besoin de cette forme de soutien de la part de ses lecteurs. Merci à ceux de nos donateurs dont les chèques ont été annulés du renouvellement de leur soutien par un nouveau chèque, toujours à l’ordre de Presse et pluralisme, d’un même montant que celui qu’ils nous avaient adressé il y a quelques mois.

Cette approche – avec sa part d’aléas – est en effet la condition de la poursuite de la publication de votre quotidien. •

Francis Bergeron

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