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L’Égypte plongée dans l’insécurité

20 morts et 47 blessés dans une explosion au Caire

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a qualifié l’explosion survenue au Caire dans la nuit de dimanche à lundi d’« acte terroriste ». L’explosion, qui a eu lieu devant l’Institut national du cancer, a été provoquée par la collision entre une voiture transportant une importante quantité d’explosif, et un véhicule venant en sens inverse.

Le ministère égyptien de l’Intérieur a indiqué que les explosifs transportés devaient être utilisés pour « une opération terroriste » dans un autre lieu de la capitale, et il a immédiatement pointé du doigt le groupe Hasm, une branche armée des Frères musulmans, qui a déjà revendiqué plusieurs attentats contre la police, des officiels et des juges, commis depuis 2016.

Depuis le soulèvement populaire de 2011 contre l’ex-président Hosni Moubarak, l’Egypte vit dans un climat de crise économique et d’insécurité. L’élection de l’islamiste Mohamed Morsi – seul président à avoir été démocratiquement élu dans l’histoire du pays – qui avait suivi les troubles, puis sa destitution en juillet 2013 par l’armée pour bloquer une islamisation de la société égyptienne ont scindé le pays en deux. Au pouvoir depuis 2014, le président Sissi, l’homme fort de l’armée, mène sans grands effets une politique d’austérité drastique pour tenter de redresser une économie au plus bas. Selon un rapport de l’Agence centrale pour la mobilisation et les statistiques publiques, organisme égyptien, publié le 29 juillet dernier, un tiers de la population du pays vit sous le seuil de pauvreté, une hausse de 4,7 points par rapport à 2015.

Dans la série des attentats

Un attentat qui s’ajoute à beaucoup d’autres. Historiquement première cible des terroristes musulmans, les chrétiens coptes ne sont malheureusement plus les seuls à périr lors de leurs attaques. En 2013, une voiture piégée avait explosé lors du passage de la voiture du procureur public Hisham Barakat, le tuant sur le coup. En 2014, quatre explosions firent six victimes et 80 blessés la même nuit au Caire. En 2015, toujours au Caire, une voiture piégée explosa devant le consulat italien, et une autre devant l’immeuble de la sécurité égyptienne. Depuis 2016, le terrorisme islamique s’est officialisé avec l’apparition du mouvement Hasm, notamment avec ses attaques en décembre 2018 et mai 2019 contre deux cars de touristes près des pyramides de Gizeh, qui firent quatre morts et dix-sept blessés.

Ces attentats spectaculaires font partie de la guerre civile qui rythme aujourd’hui la vie de l’Egypte, et ont déjà fait plusieurs centaines de tués de deux côtés. Peu après l’attaque d’une mosquée modérée qui avait fait 305 victimes dans le nord du Sinaï en novembre 2017, le président Sissi avait déclaré vouloir « nettoyer le territoire égyptien de ses éléments terroristes ». Une mission que le décès de l’ex-président Morsi survenu des suites d’un malaise lors d’une audition le 17 juin dernier – une mort qualifiée d’assassinat par les Frères musulmans – ne va certainement pas faciliter.

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