Comment Bruxelles et les écolos détruisent une des dernières forêts primitives d’Europe

De notre correspondant permanent à Varsovie – La forêt polonaise de Białowieża est en train de mourir, alertent les gardes forestiers. C’est un million d’hectares de bois menacés par la présence d’un coléoptère, le bostryche typographe, qui colonise les épicéas, un arbre très présent dans cette forêt. Or ce coléoptère est activement soutenu par les écologistes et l’UE !

La forêt de Białowieża est en effet inscrite sur la liste des Zones de Protection Spéciale (ZPS) Natura 2000, d’intérêt communautaire, et la Commission européenne était donc intervenue quand, sous le gouvernement de Beata Szydło (PiS), le ministre de l’environnement Jan Szyszko avait mis en place une politique d’abattage et d’évacuation des arbres atteints pour endiguer la progression du coléoptère. Quand les écolos se sont opposés aux abattages, ils ont pu compter sur Bruxelles qui trouvait là un sujet supplémentaire sur lequel attaquer le nouveau gouvernement conservateur polonais arrivé au pouvoir à la faveur des élections de l’automne 2015. Plusieurs médias d’Europe occidentales, y compris français, avaient eux aussi apporté leur soutien aux écologistes polonais en publiant des articles et des reportages fortement biaisés, dans lesquels ils accusaient le gouvernement du PiS, parfois sans même mentionner la présence du bostryche typographe, d’abattre les arbres de cette forêt primitive pour en revendre le bois. L’affaire s’est retrouvée devant la Cour de Justice de l’UE qui, en avril 2018, a donné raison à la Commission.

Le gouvernement polonais a donc mis fin à sa politique d’abattage et d’évacuation des arbres malades pour obéir à la justice européenne, et le bostryche typographe continue donc de se répandre dans la forêt de Białowieża à la faveur des hivers trop doux et des étés secs de ces dernières années. Les arbres malades, qui peuvent tomber à tout moment, rendent la forêt dangereuse et causent parfois des accidents lorsque des troncs à terre barrent une route. Au début de l’année, un jeune bison a été tué par la chute d’un arbre atteint par le bostryche typographe.

Voilà donc un bel exemple de non-application du principe de subsidiarité pourtant inscrit dans les traités européens, quand la gestion d’une forêt est retirée aux autorités locales pour être confiée aux instances bruxelloises.

Olivier Bault

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