Présent privé de subventions publiques… … mais la barre des 100 000 euros de dons franchie à mi-parcours !

Le 29 octobre au soir, quand nous avons appris informellement et après plusieurs relances (par le biais d’un simple courriel), que Présent était privé, au titre de l’année 2019, des aides légales aux quotidiens nationaux à faibles revenus publicitaires, un instant de découragement a d’abord saisi l’équipe : nous n’en sortirons donc jamais !

Mais il est logique, au fond, que le système, qui se prétend Etat de droit, soucieux des règles démocratiques, favorable au pluralisme etc. utilise des artifices, des arguties techniques ou juridiques, pour tenter d’écarter Présent, ou d’éliminer le RN de la compétition électorale (les 11 millions d’euros qui lui sont réclamés… juste avant la campagne des municipales), ou de faire taire les identitaires avec des condamnations hallucinantes pour des banderoles déployées et des chaînes humaines dans les Alpes, ou de dissoudre le Bastion social etc. Le fait même que Présent soit lui aussi passé à la loupe d’experts en répression pseudo-légale doit tout simplement s’interpréter comme une sorte de reconnaissance de notre utilité, plus que cela, de notre pugnacité. C’est la preuve, en quelque sorte, que notre influence va bien au-delà des 10 000 personnes qui nous lisent chaque jour.

Mais ce 29 octobre, nous nous interrogions : que faire, désormais, pour continuer ? Comment survivre, malgré cette succession de mauvaises nouvelles ? Appeler nos lecteurs à l’aide ? Les transformer, l’espace de quelques semaines, en militants du journal Présent ?

Mais ils sont déjà sollicités par tant d’œuvres pieuses, tant de causes importantes !

Et ils sont aussi tellement pressurés par un Etat qui se goinfre, et qui prévoit même à présent de raboter les retraites de personnes ne bénéficiant pas de régimes privilégiés, type SNCF : les mères de familles, par exemple…

A vous de nous dire si l’aventure de Présent doit se poursuivre

Avions-nous cependant le choix ? Avions-nous sous la main un Patrick Drahi ou un Georges Soros de droite ? Un gouvernement en mesure de faire voter une dotation exceptionnelle pour Présent ? Un président de l’Assemblée nationale capable de monter au créneau pour rassurer nos créanciers en garantissant nos dettes ? Non, bien entendu. C’est l’une des petites différences entre L’Humanité et Présent, entre Libération et Présent.

Nous n’avons que vous. Aussi avons-nous décidé, une fois de plus, de vous exposer sans fard la situation. C’était à vous de nous dire si l’aventure de Présent devait se poursuivre, si l’utilité de Présent justifiait une mobilisation de plus, malgré toutes les autres causes qui nous sont chères.

Votre réponse tient en un chiffre : 100 000 euros. Très exactement 101 408 euros, collectés en 24 jours seulement. Notre appel, qui pouvait sembler un appel de la dernière chance, nous l’avons lancé dans Présent du 5 novembre. Nous nous disions : si chaque lecteur pouvait verser quinze euros, nous couvririons ce déficit. Et voilà qu’en moins de quatre semaines, vous nous avez apporté la plus belle des réponses. Vous nous avez dit – et écrit –, très nombreux : « je ne peux imaginer le paysage médiatique sans mon quotidien Présent ». Vos liens avec ce journal, que lancèrent François Brigneau, Jean Madiran et leurs amis, il y a presque quarante ans, sort de toutes normes. Quand, dans vos courriers, vous nous parlez de Chard, d’Alain Sanders, de Jean Cochet ou de Camille Galic, vous n’évoquez pas des journalistes lointains, mais des membres de votre famille, dont vous partagez les colères et les passions, les espoirs et les désespoirs, depuis des dizaines d’années, voire parfois depuis ce numéro un du 2 janvier 1982.

Notre objectif : 140 000 euros au 31 décembre 2019, venant se substituer aux 140 000 euros dont le ministère de la Culture nous a indûment privés. Nous n’en sommes plus très loin, désormais. Il reste donc à combler un écart de quelques dizaines de milliers d’euros. Mais cela parait désormais atteignable.

Ce qui ne nous empêchera pas d’aller tirer la sonnette du si peu efficace Syndicat de la Presse Quotidienne Nationale, de nous rendre le 11 décembre prochain au ministère de la Culture, de saisir le défenseur des droits, et de lancer, si possible, les recours gracieux et contentieux qui s’imposent. Dès que nous aurons été officiellement avisés de cette mesure à notre encontre, ce qui n’est toujours pas le cas.

Nous savons pertinemment que les déboires que nous avons rencontrés, ni L’Humanité ni Libération n’auraient pu en être les victimes. La certitude de cette injustice permanente, structurelle, nous donne un puissant surcroît de motivation, cette rage qui fait les révolutions, ou plutôt ce courage qui donne la victoire. •

Francis Bergeron

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