“Présent” privé de subventions publiques en 2019

Ne pas relâcher l’effort jusqu’au 31 décembre

Nous ployons actuellement sous les messages de soutien, et ces messages, qui nous font chaud au cœur, sont accompagnés de petits chèques ou de plus gros. Le compteur mis au point par nos maquettistes vous tient informés au jour le jour du flux financier qui vient renflouer les caisses de Présent.

Il reste 26 jours pour tenir ce pari fou et qui nous paraissait présomptueux, à l’origine : demander à nos lecteurs de compenser l’aide légale dont nous avons été indûment privés.

Nous rencontrons le ministère de la Culture le 11 décembre après-midi, et, si par un étonnant retournement de situation celui-ci décidait de nous accorder l’aide qu’il nous a refusée le 29 octobre (refus dont nous avons été avisés de façon informelle et pour lequel nous n’avons toujours pas d’avis officiel !), nous reviendrions vers nos donateurs, en leur proposant de leur rembourser leurs dons, ou (selon leur convenance) d’affecter les sommes données à des actions de publicité en faveur du journal.

C’est L’Humanité qui n’est pas vendu assez cher, pas Présent

Mais ne nous berçons pas trop d’illusions. C’est pourquoi nous réfléchissons simultanément aux recours gracieux et contentieux possibles, au recours au Défenseur des droits. Car le scandale principal, ce n’est même pas la privation de cette aide légale. Le scandale de base est que les journaux aient la nécessité de telles aides légales, pour survivre, et que certains quotidiens (L’Humanité, pour ne pas la nommer) jouissent par exemple d’une garantie sans limite de ladite aide, ceci dans des proportions telles que chaque numéro est quasiment préacheté par l’aide légale ! Et aussi que nous soyons informés dans des conditions désastreuses, c’est-à-dire au dernier moment, de façon quasiment occulte, de cette décision de notre « ministère de tutelle ».

Quand on prive Présent d’aide légale pour le motif qu’il n’est pas vendu assez cher, on subventionne en parallèle L’Humanité dans des proportions incroyables, qui en font le journal le plus subventionné de France, au numéro, ce qui montre que ce journal-là, en tout cas, n’est vraiment pas vendu assez cher au regard de ses charges énormes, en particulier de ses charges de personnel. Certes L’Humanité est en train de supprimer 35 postes de travail, mais, à l’issue de cette restructuration, le journal comptera encore 120 salariés, presque autant que de militants du Parti communiste, ironisent les méchantes langues.

Comme nous vous l’avons annoncé, et comme vous l’avez constaté ce mardi, nous alignons désormais notre prix de vente sur celui de L’Humanité, car nous avons bien compris que calquer nos positions sur celles de L’Humanité est l’un des seuls moyens d’échapper à des triturages de mécanismes d’aides légales qui nous seraient préjudiciables. C’est le meilleur – et peut-être le seul – moyen de percevoir à nouveau les aides légales, ceci dès janvier 2020. C’est ce que nous appelons notre assurance vie. Sans les aides légales un quotidien papier – tout quotidien papier – est aujourd’hui dans l’impossibilité de paraître.

26 jours pour trouver 35 000 euros

Ce constat est valable pour tous les quotidiens papier dont les recettes publicitaires ne dépassent pas 25 % des recettes totales. Or les recettes publicitaires de Présent représentent exactement… 0,5 % de son chiffre d’affaires ! C’est au moins un critère que le ministère de la Culture ne risque pas de nous opposer.

Il nous reste donc 26 jours pour trouver les 35 000 euros qui reconstitueraient à l’identique le manque à gagner de l’aide publique supprimée. Soutenez votre quotidien : il est unique. S’il disparaît, aucun autre quotidien ne prendra la suite, vous le savez (et soyez bien conscients qu’ils le savent, eux aussi). •


Fonds d’aide aux quotidiens nationaux d’information politique

et générale à faibles ressources publicitaires

« Peuvent bénéficier de ce fonds les quotidiens de langue française

d’information politique et générale

à diffusion nationale dont, notamment,

les recettes publicitaires n’excèdent pas 25 % de leurs recettes totales »

(Décret n° 86-616 du 12 mars 1986 modifié) •


Francis Bergeron

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