Ce que “Présent” va dire au ministre de la Culture le 11 décembre

Ce 11 décembre à 15 heures, la direction de Présent, représentée par l’un de ses deux cogérants et accompagnée par son administratrice judiciaire, sera reçue au ministère de la Culture. C’est l’avenir de votre quotidien qui se joue là.

Certes, nous ne doutons pas que, grâce à vos dons, nous parviendrons, d’ici le 31 décembre 2019, à compenser le « manque à gagner » des « aides légales à la presse quotidienne nationale d’information générale et politique à faibles revenus publicitaires », au titre de l’année 2019. Mais nous voulons comprendre pourquoi cette aide légale nous est supprimée, selon quels arguments. Par ailleurs, le plan prévisionnel de Présent, pour chacune des dix années à venir, prévoit l’attribution des aides légales d’Etat, et nous ne pouvons pas, à chaque fois, jouer au chat et à la souris avec le gouvernement (Présentétant la souris, malheureusement), vivre dans l’incertitude de l’obtention ou non de cette aide légale, sachant qu’elle est allouée selon des règles dont l’opacité favorise l’arbitraire le plus absolu.

Présentn’était pas vendu assez cher au regard du « prix moyen pondéré » de ses confrères, le 1er janvier 2019, nous dit-on aujourd’hui. Mais qu’est-ce qui nous garantit qu’il ne sera pas jugé trop cher au 1er janvier 2020, pour peu que l’on nous oppose un nouveau prix moyen et de nouvelles pondérations, dont nous ignorons tout ?

Nous avons donc obtenu un rendez-vous au ministère de la Culture, le ministère de M. Riester, qui gère les aides légales à la presse. Voici quelques-unes des questions que nous avons l’intention de poser aux représentants du ministre de la Culture, ou au ministre de la Culture lui-même, s’il daigne passer la tête :

— Quel est le « prix moyen pondéré » 2019 que l’on nous oppose pour nous refuser l’aide légale 2019 ?

— Comment a-t-il été calculé ?

— Pourquoi ce « prix moyen pondéré » nous élimine-t-il, avec effet rétroactif au 1er janvier 2019, de l’aide légale 2019, alors qu’au 11 décembre 2019, malgré nos demandes répétées, il ne nous est toujours pas communiqué ?

— Pourquoi Présentest-il éliminé avec un prix moyen de vente de 2,04 euros en 2019 (1,80 euro en semaine et 3 euros le samedi, soit 2,04 euros), alors que Libérationet La Croixsont vendus 2 euros, soit moins cher que Présent,sans être privés de l’aide légale ?

— Pourquoi les subventions d’Etat aux associations et entreprises, quand elles sont supprimées, donnent-elles toujours lieu à des informations préalables et souvent très en amont, afin que les structures concernées puissent gérer cette chute des encaissements en limitant la « casse sociale », tandis que Présentest mis devant le fait accompli, puisque notre élimination nous a été annoncée par un simple courriel, information encore informelle à ce jour ?

— Pourquoi n’avons-nous toujours pas reçu l’avis officiel du ministère de la Culture, qui nous permettrait d’enclencher les recours gracieux et contentieux, et de saisir le défenseur des droits ?

— Comment faitL’Humanitépour obtenir trois millions d’aides extralégales de l’Etat, quand on refuse 140 000 euros d’aides légales à Présent ?

L’Humanitébénéfice en outre d’une garantie à vie de ses aides légales, confortée par des aides telles que des publicités institutionnelles (+ 200 000 euros de publicités en 2019). Quelle est la recette pour bénéficier d’un tel traitement de faveur ? Faut-il se convertir au néo-stalinisme ?

— Pourquoi appelle-t-on « aide aux quotidiens à faibles ressources publicitaires » une aide qui est refusée au quotidien Présentdont les revenus publicitaires ne représentent que 0,5 % de son chiffre d’affaires ?

— A la date du 1er janvier 2020, quelle garantie pouvons-nous avoir que nous bénéficierons à nouveau de l’aide, alors qu’en toute hypothèse nous ignorons le prix moyen que vous retiendrez, et que vous pouvez faire bouger les pondérations ? Autrement dit, de quelles informations objectives pouvons-nous disposer avant le 1er janvier 2020, pour un rétablissement de l’aide légale à partir de cette date ?

— Enfin, nous savons que, dans le passé, la question s’est posée pour La Croixet Le Quotidien de Parisd’une perte de l’aide légale. Mais, après plusieurs interventions, celle-ci a été maintenue. Pouvons-nous connaître la procédure nous permettant d’obtenir, nous aussi, et avant la fin de cette année 2019, le rétablissement de l’aide légale 2019 ?

Nous tiendrons bien évidemment nos lecteurs au courant des réponses qui nous seront apportées ce 11 décembre. Nous vous devons cela, du fait de votre générosité pour assurer la pérennité du journal, et parce que nous savons que vous, lecteurs, représentez un puissant relais d’opinion. Ce relais a constitué le principal et parfois unique relais de protection de Présentdepuis près de 40 ans. Nous en sommes pleinement conscients. •

Francis Bergeron

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