L’offensive contre Présent – Le précédent de 1997

Pour gravissime qu’elle soit, l’offensive actuelle contre Présent n’est pas la première. En 1997, votre quotidien avait été déjà privé des aides légales et, simultanément, littéralement bombardé de procédures, lancées pour l’essentiel par le parquet, c’est-à-dire sur ordre du gouvernement. Nous étions alors dans la période de cohabitation sous Chirac, avec Lionel Jospin, et c’était un hallali. Présent s’était retrouvé avec un total de dix procédures judiciaires.

Jean Madiran, alors directeur du journal, avait pris sa plume pour lancer un appel au secours, sous le titre « Dix à la fois ». « Dix procédures en cours contre Présent. Dix simultanément. C’est beaucoup. C’est trop. Et d’abord c’est trop d’argent en frais de justice. Présent vit honnêtement de ses abonnements. S’il s’y ajoute des frais de justice excessifs, il ne peut plus vivre. La souscription que nous ouvrons dans toute la France n’est pas pour le fonctionnement ordinaire du journal […], cette souscription nationale est pour nous donner les moyens de nous défendre. »

Rien de nouveau sous le soleil !

Jean Madiran évoquait notamment la procédure « devant le tribunal administratif, contre la décision arbitraire du Premier ministre Jospin de supprimer à Présent la subvention attribuée par la loi aux quotidiens politiques à faibles ressources publicitaires (la conséquence de cette suppression étant de partager entre L’Humanité et La Croix le montant de la subvention due à Présent) ».

Rien de nouveau sous le soleil. Nous voilà donc obligés de nous défendre, comme Présent il y a 22 ans, et pratiquement avec les mêmes mots que ceux employés alors par Jean Madiran, car votre journal est victime des mêmes types d’attaques, des mêmes privations d’aides légales, et subit les mêmes frais de justice, qui représentent trop d’argent.

Mais, comme Jean Madiran il y a 22 ans, nous ne nous laisserons pas faire. Grâce à vos dons, nous devrions pouvoir franchir l’obstacle réitéré de la privation de l’aide légale. Et, comme l’équipe de Présent il y a 22 ans, nous allons lancer la contre-attaque : les recours, les contentieux. Des frais supplémentaires, certes. Mais l’enjeu est politique.

Nous ne lâcherons rien. •


  • De Marie G.

J’ai lu avec autant d’attention que d’indignation l’article de Francis Bergeron le 13 décembre. Ainsi, c’est parce que Présent était vendu 6 centimes de moins que le « prix pondéré » au 1er janvier 2019 qu’il a été privé par le ministère de la Culture de la subvention (payée par nos impôts) aux quotidiens à faibles ressources et, tout aussi grave, des tarifs postaux réduits qui vont avec. On nage dans l’iniquité et l’arbitraire. Une suggestion : à la présidentielle de 2017, Marine Le Pen a obtenu 10,6 millions de voix. Si la moitié de ces électeurs vous adressait un chèque de 6 centimes – pourquoi pas arrondi à 10 –, cela ferait beaucoup de manipulations mais plus de 3 millions d’euros et l’avenir de Présent serait assuré pour de longues années. Pour ma part, je vous envoie dès aujourd’hui un chèque de 6 centimes… avec quelques zéros de plus. •

Francis Bergeron

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