Polémique autour de François Legault : “tous les Canadiens français sont catholiques”

De notre correspondant au Québec. – Georges Orwell l’avait prophétisé : un jour il serait révolutionnaire de dire que 4+4 font 5. Cela pouvait sembler tiré par les cheveux à une certaine époque, mais les adeptes de la rectitude politique et les censeurs modernes nous démontrent que c’était un avertissement visionnaire.

François Legault l’a appris à ses dépens la semaine dernière, suscitant une tempête médiatique en affirmant en Californie que tous les Canadiens français sont catholiques.

Présent en Californie pour une visite de quelques jours, le premier ministre québécois échangea avec le gouverneur californien Gavin Newsome, lui-même catholique. Pendant leur discussion à bâtons rompus, Legault expliqua à son vis-à-vis que tous les Canadiens français étaient catholiques.

Cette petite phrase de quelques mots souleva l’ire des médias canadiens, chantres de la diversité tant ethnique que religieuse. Mais, son affirmation est loin d’être fausse.

En effet, il existe une différence entre Canadien français, Québécois et Canadien francophone. Le dernier terme est une expression ne touchant que la citoyenneté et la langue, alors que le qualificatif Québécois se réfère à quiconque vit au Québec. Le terme Canadien français se réfère quant à lui à l’ethnicité, à un héritage commun. Les Canadiens français sont les descendants des 65 000 colons français passés sous domination anglaise en en 1763, population homogène, tant au niveau ethnique, linguistique que religieux, car les Protestants ne pouvaient s’établir en Nouvelle-France. On peut donc devenir un Québécois ou un Canadien francophone, mais il est impossible de devenir un Canadien français. Tout comme un Européen pourra devenir sud-africain, mais ne pourra jamais revendiquer le nom de Zoulou.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le nationalisme canadien-français traditionnel fut remplacé dans les années 60 par un nationalisme « québécois », inclusif et diversitaire, et surtout compatible avec la vision civique de la nationalité qui commençait à s’imposer à cette époque.

Remi Tremblay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.