Clap de fin de la campagne de dons à Présent ? Oui et non

Le plan était habilement ourdi : la privation des aides légales 2019 à Présent, concoctée dans le secret des cabinets ministériels, et découverte inopinément à la fin de l’année 2019, aurait dû en principe suffire pour faire taire Présent. Mais nos lecteurs, par leur mobilisation, ont déjoué le stratagème. Non seulement vos dons ont compensé la somme manquante mais ils l’ont même dépassée. Ce qui nous donne les moyens d’agir maintenant en justice pour en demander aussi le paiement.

Dans Présent du 29 juillet 1983 – il y a donc près de 40 ans –, notre fondateur, Jean Madiran, annonçait qu’il avait réussi à récupérer 227 000 francs d’aides légales (soit 34 735 euros, ou environ 78 000 euros d’aujourd’hui, compte tenu de l’inflation intervenue sur la période). « On les a eus ! », titrait Madiran dans son article de première page, et le directeur de Présent continuait : « La loi était faite pour les quotidiens de gauche mais sa discrimination était mal calculée. » Rien de changé sous le soleil !

Nous n’avons pas – pas encore – récupéré l’aide légale. Mais il semble bien que la discrimination ait également été mal calculée, en 2019. Et le fait même que vos dons aient dépassé les 140 000 euros dont nous avons été privés nous donne les moyens de poursuivre la mobilisation, sur le terrain des tribunaux, cette fois. Car nous sommes décidés à aller jusqu’au bout des procédures, même si vos dons ont rétabli l’équilibre de nos comptes. Et si nous obtenons gain de cause, nous proposerons à nos donateurs le remboursement des sommes reçues (dons directs à Présent) ou leur transformation en prolongements d’abonnement (dons défiscalisés, via Presse & Pluralisme).

Avec l’argent des contribuables, financer la presse de gauche

Dans son article de 1983 évoqué plus haut, Jean Madiran répondait par ailleurs à la critique de certains journaux de notre « mouvance », qui – n’ayant eux-mêmes pas fait les démarches pour tenter d’obtenir les aides légales, faute de temps ou d’énergie, ou persuadés que le système serait forcément le plus fort – mettaient en cause le risque de dépendance de Présent.

Relisez Madiran en 1983 : « On a bien compris, diront peut-être quelques inquiets, que cet argent est un droit non une faveur : mais ne va-t-il pas tout de même vous influencer un tout petit peu ? » Madiran leur rétorquait : « Si cela vous alarme, c’est que vous nous connaissez mal […]. Présent, c’est de la dynamite », et encore : « Avec l’argent des contribuables, financer la presse de gauche : telle est la légalité républicaine en vigueur. Profiter du droit ainsi établi : telle est notre victoire. »

Nous aussi avons lu, en novembre dernier, quelques critiques de ce type dans certains follicules, à la suite de notre appel. Mais si Présent récupère son dû, il n’y a pas plus de raisons qu’en 1983 pour que votre quotidien se mette à faire des grâces et des courbettes au pouvoir en place.

Mais nous n’en sommes pas encore là, à l’aube de 2020, puisque Présent n’a pas été rétabli dans ses droits. Toutefois l’équipe de Présent (merci à vous !) va pouvoir continuer son travail de réinformation, et ceci dans le même esprit combatif que celui de ses fondateurs. Nous sommes plus que jamais décidés à ne pas nous laisser faire. Nos lecteurs seront les premiers et les plus complètement informés de cette bataille judiciaire pour la restauration de nos droits – et de vos droits de lecteurs – qui commence. Car nous ne lâcherons rien. •

Francis Bergeron

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