Voici venu le temps de la riposte

“Présent” privé de subventions publiques en 2019

Nos lecteurs sont formidables, car ils ne sont pas de simples lecteurs-consommateurs. Ils sont beaucoup plus que cela. Ils ont bien compris que Présent a une dimension militante, activiste. Vos dons ont donc largement dépassé le montant de l’aide légale dont nous avons été privés. Et ils continuent d’ailleurs à affluer dans cette caisse de solidarité destinée à assurer la pérennité de votre journal.

Nous avons eu l’occasion d’écrire ici que 140 000 euros reçus par vos dons n’était pas tout à fait l’équivalent de 140 000 euros d’aide légale, car la défiscalisation sur les dons nous contraint à attribuer 9% de ces dons à Presse & Pluralisme pour ses frais de gestion. Par ailleurs notre élimination par le ministère de la Culture nous fait perdre les tarifs postaux préférentiels dont bénéficient les quotidiens nationaux d’information générale et politique à faibles revenus publicitaires.

Surtout nous allons maintenant lancer notre riposte. Vos dons, qui dépassent les 140 000 euros volés, nous permettent non seulement de couvrir la totalité de notre manque à gagner, mais aussi de financer notre riposte.

Cette riposte, nous avons désormais toutes les raisons de la lancer. En effet, un an après la connaissance par le ministère de la Culture des chiffres lui permettant de déterminer l’aide légale, deux mois après la décision inattendue et arbitraire d’une privation de cette aide légale, nous ne connaissons toujours pas les arguments sur lesquels repose la décision ministérielle, ni les motivations de cette décision.

Le journal vendu pas assez cher (explication du courriel du 29 octobre dernier) ? Mais dans les faits nous sommes vendus plus cher que Libération et La Croix, en moyenne hebdomadaire. Or ils n’ont pas été privés, eux, de leurs aides légales.

Nous aurions dû être vendus 1,86 euro au lieu de 1,80 euro (information recueillie oralement lors de notre rendez-vous au ministère de la Culture, le 11 décembre dernier). Mais qu’on nous donne enfin les chiffres, la méthode de calcul aboutissant à ce curieux 1,86 euro !

L’arbitraire le plus absolu

A la vérité, le fait même qu’au 4 janvier 2020 nous soyons toujours privés d’explications, que, malgré nos courriers recommandés, notre visite, nos sommations à communiquer, le ministère de la Culture n’ait toujours pas daigné nous répondre, se justifier, constitue comme un aveu de l’arbitraire le plus absolu qui a présidé à cette décision de confiscation de notre aide légale 2019.

Voici donc la première salve de riposte : un recours gracieux introduit à la toute fin 2019. Nous avons attendu l’explication promise. Nous nous trouvons désormais devant une décision de privation d’un droit apparemment dû, sans aucune véritable motivation à cette privation, et sans aucun moyen de vérifier s’il n’y aurait pas eu « erreur » de l’administration. Un tel comportement est possible en république bananière, mais en état de droit, en théorie c’est inimaginable et cela constitue forcément une faute.

Nous allons ensuite franchir toutes les étapes de la mise en cause de cet acte arbitraire. Car au-delà des sommes qui nous manquent – et que vous, lecteurs, avez pris en charge directement, sacrifiant un peu, voire beaucoup, de votre confort matériel, il y a un combat politique que nous allons mener jusqu’à son terme. Il y va de nos libertés, il y va de notre droit à une information émancipée des discours mainstream et conformistes.

Le combat continue, vous serez les premiers informés du résultat de chaque round. Nous ferons de cette agression préméditée une arme, retournée contre le régime. Nous ne lâcherons rien. •

Francis Bergeron

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