Clap de fin de campagne ? Pas tout à fait !

Notre thermomètre des dons de nos lecteurs, destinés à compenser la privation subie de l’aide légale aux quotidiens nationaux d’information générale et politique à faibles revenus publicitaires, montre chaque jour que votre formidable détermination militante ne faiblit pas. Elle rejoint la nôtre. Vous avez parfaitement compris, en effet, la nécessité de cet « effort de guerre ».

Les 140 000 euros dont Présent a été privé par les calculs – toujours inconnus de nous – du ministère de la Culture ont été nettement compensés, puisque notre cagnotte va, selon toute vraisemblance, afficher un chiffre qui, au rythme actuel, pourrait se révéler nettement supérieur à 170 000 euros, et ceci dans les tout derniers jours. Ce qui représente un dépassement de plus de 20 % de la somme qui était impérativement nécessaire pour que Présent « tienne le coup ». De quoi financer toutes les opérations de riposte aux mauvaises manières – et c’est un euphémisme – du système.

Il est incroyable de constater que le ministère de la Culture n’est pas capable de respecter ses propres engagements. Dans son message du 29 octobre dernier nous annonçant l’élimination de Présent des aides légales, le ministère de la Culture nous avait précisé noir sur blanc :

« Présent ne pouvant bénéficier de l’aide cette année, nous ne pouvons en conséquence pas vous verser d’avance.

Un courrier de notification relatif à votre non-éligibilité à l’aide vous sera par ailleurs envoyé d’ici la fin de l’année. »

Lors de notre rendez-vous du 11 décembre au ministère de la Culture, nous avions bien précisé que pour pouvoir vérifier si les fonctionnaires ne s’étaient pas trompés dans leur calcul (formule polie) ou pour pouvoir éventuellement contester devant les tribunaux cette décision (formule plus offensive), il nous fallait au plus vite ce fameux prix de vente moyen pondéré 2019 qui nous était opposé, la méthode de calcul pour l’obtenir, la notification officielle nous permettant d’introduire les recours. Il nous avait été promis, la main sur le cœur, que ces informations nous seraient données au plus vite, et bien avant la fin de l’année 2019.

Le fameux « prix de vente moyen pondéré »

En principe, le ministère de la Culture est en mesure, depuis le 1er janvier 2019 ou presque, d’établir cette note, de donner ces chiffres, car depuis le 1er janvier 2019 il connaît forcément le prix de vente moyen des neuf quotidiens nationaux d’information générale et politique, et il connaît forcément les volumes de diffusion de l’année précédente réalisés par ces neuf quotidiens. A partir de ces deux informations, et de ces deux informations seulement, il est capable d’établir ce fameux « prix de vente moyen pondéré » que nous n’aurions pas respecté. Il est d’autant plus en mesure de le faire que, lors de notre entretien du 11 décembre, les deux hauts fonctionnaires qui nous ont reçus ont expliqué que pour conserver nos aides légales, il aurait fallu que Présent du 2 janvier 2019 soit vendu 1,86 euro au lieu de 1,80 euro. Le chiffre est tellement précis qu’on a du mal à croire qu’il soit sorti soudain de leur imagination, dans un élan de créativité.

Toujours est-il qu’au 4 janvier 2020 nous ne savons toujours pas pourquoi nous sommes éliminés de l’aide légale 2019, en vertu de quels calculs, et nous n’avons aucun moyen de contester une décision qui n’est pas motivée, contrairement à toutes les dispositions légales en matière de décisions administratives.

Nous en sommes donc là.

Grâce à votre soutien financier et militant, nous avons les moyens de poursuivre la riposte, et nous irons jusqu’au bout. Nous sommes bien conscients que c’est le pot de terre contre le pot de fer, mais nous savons aussi que ce qui arrive à Présent n’est pas un évènement isolé. Il y a une logique d’ensemble dont sont victimes, sous diverses formes, d’autres médias de la réinformation, de TVLibertés à Boulevard Voltaire et autres. Raison de plus pour ne pas nous laisser faire. •


Le 5 janvier 1982, lorsque paraît le premier numéro de Présent, certains lecteurs pré-abonnés manifestent leur mécontentement et le quittent. Le quotidien, tant attendu, ne comporte que quatre pauvres pages en noir et blanc. Trop peu. Trop pauvre. Ce temps est révolu. Depuis deux ans, Présent tient le haut du pavé face à ses concurrents. Huit pages en couleurs en semaine, seize pages, également en couleurs, le samedi. Des enquêtes. Des entretiens. Des correspondants à travers le monde. Des pages religieuses, littéraires et cinématographiques. Des chroniques. Une réactivité – à ne pas confondre avec la précipitation – face à l’actualité quotidienne. Une édition papier et une parution sur internet. Et toujours un regard catholique et national – mais jamais inconditionnel – sur les évènements politiques. L’insolence de la jeunesse et la sagesse de la tradition. Que lui manque-t-il désormais ? Rien. Aucune excuse, à part naturellement les éventuelles difficultés financières de chacun, pour ne pas s’abonner. Que l’année 2020 voit Présent submergé par une marée. D’abonnements, évidemment ! •

Thierry Bouclier

Francis Bergeron

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