Résultats scolaires et origines ethniques – Cachez ces résultats que nous ne saurions voir

Faut-il vraiment s’étonner des conclusions de l’étude très sérieuse menée par la sociologue du Conservatoire national des arts et métiers, Yaël Brinbaum, affirmant que les enfants d’origine asiatique sont les jeunes Français qui réussissent le mieux à l’école ? Venus pour certains d’entre eux de pays qui occupent la tête du fameux classement PISA, élevés par leurs parents dans la culture de l’effort, de la réussite au mérite et par le seul biais du travail, réputés pour leur rigueur et leur discipline, ces enfants pourraient en effet bien souvent servir d’exemples à ceux de leurs compatriotes qui se sont, hélas, laissé broyer par cette gigantesque machine à décerveler qu’est devenue l’Education nationale.

Cette carte représente la répartition du QI (quotient intellectuel) moyen. Elle a fait l’objet d’un consensus scientifique global, même si sa précision est approximative.

Meilleurs résultats au bac

Parue en décembre dernier dans la revue Education & Formations publiée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Education sous le titre « Trajectoires scolaires des enfants d’immigrés jusqu’au baccalauréat : rôle de l’origine et du genre », cette étude est basée sur un échantillon de 27 678 élèves, suivis de leur entrée en sixième en 2007 jusqu’à leur baccalauréat en 2016. Etablie à partir de questionnaires réalisés auprès des familles de ces élèves, elle confronte les résultats des enfants dont les parents sont nés en France avec ceux dont les deux parents sont nés à l’étranger. Première constatation : les enfants de parents venus d’Asie ont davantage de succès au bac que les autres (y compris ceux de parents français). Dans l’échantillon de la DEPP, 89 % des enfants d’immigrés venus d’Asie ont en effet eu le bac, contre 80 % pour ceux dont les parents sont Français. Les élèves d’autres origines migratoires ont des résultats moins élevés : 73 % pour ceux dont les parents sont immigrés d’Afrique subsaharienne, 71 % pour les élèves dont les parents sont originaires du Maghreb et 69 % pour ceux qui ont des parents turcs.

Les jeunes filles asiatiques largement en tête

Autre constatation qui, elle non plus, ne surprendra personne : dans tous les cas, les jeunes filles réussissent mieux que les garçons, même si ces écarts varient selon les origines géographiques des parents. Ainsi, selon l’étude, 92 % des jeunes filles d’origine asiatique obtiennent leur baccalauréat contre 85 % chez les Français d’origine. Chez les garçons, 85 % des descendants d’Asiatiques ont leur bac contre 75 % chez les jeunes Français d’origine. Quant aux garçons d’origine subsaharienne, maghrébine ou turque, ils affichent des taux de réussite respectifs de 61 %, 64 % et 64 %. Les jeunes filles originaires de ces mêmes régions font, quant à elles, mieux que les jeunes Français d’origine avec respectivement 84 %, 80 % et 75 % de réussite. Mais il faut souligner qu’elles décrochent beaucoup moins de baccalauréats généraux que ces derniers (- 15 % pour les filles d’immigrés maghrébins et – 22 % pour celles d’immigrés d’origine subsaharienne ou turque). Enfin, dernier point, les enfants d’origine asiatique sont omniprésents parmi les bacheliers scientifiques : 36 % des filles et 42 % des garçons contre 25 % des Français d’origine, 7 % des descendants d’immigrés subsahariens et 9 % des enfants d’immigrés turcs. •

Franck Deletraz

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