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Nouvelles du CLAP

Le CLAP est le Club des Lecteurs et Amis de ‟Présent”. Il se veut trait d’union entre la rédaction de ‟Présent” et ses lecteurs.

‟Présent” à l’heure du déconfinement

C’est une banalité que d’écrire que plus rien ne sera comme avant. D’abord parce que notre pays est durablement marqué par ces deux mois de paralysie quasi totale. Nous émergeons du confinement dans un champ de ruines économiques. Ensuite parce que les habitudes de chacun – canaux d’information, hiérarchie des priorités et des valeurs – ont été fortement chahutées. Cela peut jouer sur nos pratiques de consommateur, voire sur nos modes de vie

Présent aussi a été secoué par cette situation. Certes nous n’avons jamais cessé de paraître, mais sans recettes et pour partie en télétravail. Et nos lecteurs ont subi les aléas postaux et les fermetures de kiosques. Nous ne pouvons pas reprendre notre train-train en faisant abstraction de ces deux mois écoulés qui, une fois de plus, ont mis à mal notre trésorerie. C’est donc le moment de faire un point sur votre journal, sur la façon dont il a vécu cette situation, et sur les perspectives qui s’offrent à lui.

La Poste et les abonnements

Les services postaux, que le monde nous enviait, paraît-il, ont été au-dessous de tout. Alors que le gouvernement nous expliquait l’importance de l’information dans les temps présents, les abonnés ont été victimes d’un effondrement soudain du système postal. Et à l’heure où sont écrites ces lignes, la situation n’est pas complètement rétablie. Les six jours de distribution du courrier par semaine nous sont annoncés comme …un avenir radieux atteignable un jour.

La vente en kiosques

Tant que la vente en kiosques, la vente au numéro, existera, Présent aura une version papier et sera vendu en kiosque. Nous l’avons souvent écrit : le kiosque est un lieu de confrontation des idées, et nous avons vocation à tenir ce créneau. Nous le tiendrons.

Mais il faut être conscient que, chaque année, le réseau de distribution de la presse papier se réduit. A la veille du confinement, il ne restait que 23 000 points de vente en France. La crise a ruiné des centaines de marchands de journaux. 20 % des points de vente ont fermé. Tous ne rouvriront pas.

Qui plus est le distributeur monopolistique (pour les quotidiens) Presstalis (l’ex-NMPP d’autrefois) vient de déposer son bilan et pourrait être rapidement liquidé. Les magazines et revues savent qu’ils pourront utiliser les services d’une société concurrente, les MLP. Mais pour les quotidiens, c’est l’inconnue, en raison précisément de ce monopole sur leur distribution. Nous saurons dans les prochains jours à quelle sauce les quotidiens vont être mangés, mais – au mieux – cela se terminera par un important manque à gagner : créances de Presstalis non honorées, augmentation des charges. Et le plan social annoncé (50 % des 900 salariés de Presstalis licenciés) va sans doute entraîner des « mouvements sociaux » qui entraveront une bonne distribution dans les kiosques. Plus que jamais c’est l’abonnement – et lui seul – qui pourra faire vivre le journal.

Nous avons suspendu la vente en kiosques du quotidien entre le 25 mars et le 7 mai, mais Présent a maintenu sa présence avec un hors-série consacré à l’histoire de l’hebdomadaire Minute (avril) et un autre sur les pèlerinages (mai). Ces hors-séries resteront en vente respectivement jusqu’à fin mai et fin juin. Par ailleurs, le retour en kiosque du Présent quotidien, depuis le 8 mai, a commencé par un numéro « spécial microbe » de 16 pages, qui comporte les analyses de Stéphane Ravier, Jean-Yves Le Gallou et Frédéric Pichon.

La leçon de tout cela, c’est que le couplage papier + numérique est plus que jamais nécessaire. Le papier offre un confort de lecture inégalé. Mais le lecteur d’un quotidien attend aussi que son journal colle à l’actualité. Il faut qu’il puisse le lire le jour même.

Présent en version numérique

Le site du journal est en cours d’amélioration et pendant le confinement, les abonnements numériques (certes le plus souvent limités à un ou deux mois) ont considérablement augmenté en volume. Nous devons encore développer cette offre.
Par ailleurs nous sommes partie prenante d’un « bouquet numérique » qui vient d’être lancé, et qui permet l’accès – internet uniquement – à Présent, mais aussi à une vingtaine de revues à périodicité diverse, d’esprit proche. Ce « bouquet numérique » a vocation à recueillir plusieurs milliers d’abonnés, la modicité du prix de l’abonnement permettant d’en faire un outil de communication de masse.

Présent contre le ministère de la Culture

Nos lecteurs se souviennent qu’en octobre 2019 nous avons soudain été privés de l’aide légale annuelle aux quotidiens nationaux à faibles revenus publicitaires. Sans le soutien des lecteurs, nous n’aurions pu boucler notre budget 2019, cette aide légale représentant 10 à 15 % de notre budget annuel. Nous avons attaqué cette décision devant le tribunal administratif, mais il faudra du temps avant que justice nous soit rendue.

Nous venons de recevoir un important acompte au titre de 2020 : ce qui est une forme de confirmation que nous sommes bien un « quotidien national d’information générale et politique à faibles revenus publicitaires ».

Reste la question de notre prix de vente, prétexte du ministère à nous exclure des aides légales : nous avons aligné celui-ci sur le prix de vente de L’Humanité, ce qui nous met à l’abri de tout risque, pour l’avenir, comme l’avait reconnu notre interlocuteur du ministère de la Culture. Mais l’argument du prix de vente passé de Présent étant fallacieux, nous poursuivons la procédure engagée devant le Tribunal administratif, confiants dans la perspective de recevoir le rappel de notre dotation 2019 : environ 130 à 140 000 euros (ce qui ne représente que 5 à 10 % de la dotation annuelle deL’Humanité).

Présent et le SPQN

Le Syndicat de la Presse Quotidienne Nationale (SPQN) auquel nous étions affiliés semble nous avoir fermé ses portes. Peut-être, à la suite de notre exclusion des aides légales, le SPQN a-t-il pensé que le ministère de la Culture ne nous classait plus en quotidien national ?

L’inconvénient majeur – mais il est de taille –, c’est que nous ne pouvons plus utiliser « Presse & Pluralisme » pour que nos donateurs continuent à bénéficier de la déduction fiscale. C’est pourquoi, soit nous obtenons un déblocage rapide de la situation (de la part du SPQN ou par voie de justice), soit nous créons une association permettant, moyennant le nécessaire agrément du ministère des Finances, de continuer en 2020 à faire bénéficier nos donateurs de l’abattement fiscal.

Les procès de Présent

En 2014, quelques journalistes de Présent, proches de l’âge de la retraite, ont fait jouer leur « clause de conscience » et démissionné, soutenant que Présent aurait changé d’orientation politique et religieuse, devenant « pro-Poutine », ou encore inféodé à la Fraternité Saint-Pie X, à la « nouvelle droite », au Front national (selon les cas ou cumulativement !).  Grâce à votre soutien, nous avons évité, là aussi, une cessation de paiement, malgré la saisie de nos comptes par certains des demandeurs. Pour le solde, nous avons obtenu du tribunal de commerce l’autorisation d’en étaler le paiement sur dix ans. Les dossiers ne sont d’ailleurs pas clos : ils sont devant la cour d’appel et la cour de cassation, et nous allons continuer à nous battre pour obtenir des décisions conformes au bon droit.

Présent demain

La crise sanitaire a frappé au moment où une réflexion s’amorçait sur l’avenir de Présent. Cet avenir passe par le papier et le numérique, par les abonnements et la vente en kiosque, par le quotidien et les hors-séries à thèmes. Le succès des hors-séries à thèmes et du Présent de fin de semaine nous conduit à envisager une périodicité mensuelle pour les hors-séries, au lieu d’une périodicité trimestrielle. Quant au Présent quotidien, nous envisageons d’en étoffer les pages culturelles et les pages religieuses de fin de semaine, pour donner, une place plus grande à ces questions.

Mais sur le fond ? Inutile de gloser, ce sera Semper idem ! Ce n’est pas le COVID-19 qui va nous faire dériver d’un iota de notre ligne, celle qui fut définie dès 1981 par nos fondateurs, ces invariants qui s’appellent patriotisme, racines chrétiennes de l’Europe, défense de la vie. •

Francis Bergeron, Chard

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