Redécouvrir la France, pour un été bleu blanc rouge

Avec une activité réduite à néant durant les deux mois de confinement et grandement pénalisée depuis le déconfinement par l’interdiction des voyages à l’étranger, le secteur touristique français subit aujourd’hui l’une des plus graves crises de son histoire. Une situation catastrophique à laquelle le gouvernement a tenté de remédier jeudi en lançant d’une part son « plan tourisme », et en autorisant d’autre part les Français à partir en vacances en juillet et en août sur le seul territoire national. Une limite, au fond, plutôt bien accueillie par beaucoup de nos compatriotes qui, visiblement emballés à l’idée de découvrir ou de redécouvrir leur pays, se ruent sur les réservations.

Après avoir déjà débloqué une aide d’urgence, le gouvernement, qui dit vouloir à présent « accompagner à la fois la reprise, puis la relance d’un secteur » touristique à l’arrêt depuis mi-mars qui représente 7 % du PIB français et quelque deux millions d’emplois, a en effet annoncé jeudi dernier un plan de relance « massif » représentant « pour les finances publiques un engagement de 18 milliards d’euros ». Un « effort d’investissement » de l’Etat, a précisé Edouard Philippe, qui sera porté par la Banque des territoires et Bpifrance « qui ont formalisé un plan de relance Tourisme commun de plus de trois milliards d’euros de financements entre aujourd’hui et 2023 », sous forme de prêts et d’investissements en fonds propres. Parmi les diverses revendications du secteur, deux ont été partiellement entendues : le recours à l’activité partielle sera possible jusqu’à fin 2020 pour les entreprises du tourisme et de l’événementiel, tandis que l’accès au fonds de solidarité, pour les entreprises du secteur des cafés, hôtels et restaurants, du tourisme, de l’événementiel, du sport et de la culture, sera prolongé jusqu’à fin septembre (les professionnels le demandaient jusqu’à la fin de l’année).

Les locations françaises prises d’assaut

Mais, pour nos compatriotes, contraints jusque-là de ne pas dépasser la ridicule limite des 100 km autour de leur domicile, et « bloqués » par l’incertitude concernant les vacances d’été, la grande nouvelle aura été l’annonce de la possibilité pour eux de « partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d’août », sous réserve toutefois « de possibles restrictions très localisées » en fonction de l’évolution de l’épidémie de coronavirus. En effet, a annoncé jeudi dernier Philippe, « les Français peuvent prendre leurs réservations », et « les acteurs du tourisme, de l’hôtellerie, se sont engagés à faire en sorte qu’ils soient intégralement remboursés dans l’hypothèse où l’évolution de l’épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances ». Une annonce qu’il n’aura pas été nécessaire de répéter pour que les Français se ruent vers les sites de réservation de logements. Témoin de cette ruée : les requêtes avec les mots-clefs « location vacances » et « réservations vacances » sur le moteur de recherche « Google Trends » ont explosé jeudi soir, enregistrant une fréquentation jusqu’à quatre fois plus importante que la veille ! Même chose pour les sites de réservation de logement ou d’hébergement dont certains, tels Gîtes de France, ont constaté une hausse de 300 % des visites depuis jeudi… •

Franck Deletraz

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