Poitiers : Damien Rieu martèle ses mots

Occupation du chantier de la mosquée de Poitiers : Les Identitaires coupables de… menues dégradations

Programmé en janvier dernier mais reporté en raison de la grève des avocats, le procès en appel des cinq militants de Génération identitaire, honteusement condamnés en première instance à un an de prison avec sursis pour avoir participé en 2012 à l’occupation pacifique du chantier de la mosquée de Poitiers, s’est tenu mercredi devant la cour d’appel de Poitiers. Très attendu par la « smala » de l’imam salafiste Boubaker El Hadj Amor, qui espérait que cette audience donnerait à nouveau lieu au lynchage judiciaire des militants de GI, ce procès a en fait tourné à l’avantage des accusés.

C’était le 20 octobre 2012, au petit matin (voir Présent daté du 23 octobre 2012). Quelque 73 militants de GI investissaient le bâtiment en chantier de la future grande mosquée de Poitiers pour protester contre son financement par l’UOIF et les Frères musulmans, et déployaient sur son toit deux banderoles pour demander l’organisation d’un référendum sur l’immigration extra-européenne ainsi que sur la construction de nouvelles mosquées en France. Rapidement encerclés par les forces de l’ordre, les jeunes militants, après quelques heures de négociations, acceptaient gentiment de quitter les lieux. Hautement symbolique parce qu’elle se déroulait dans la ville même où Charles Martel a écrasé en 732 les troupes arabo-musulmanes, cette action, qui s’était déroulée sans la moindre violence ni dégradation volontaire de la part des militants de GI, avait bien sûr suscité un tollé général au sien de la classe politico-médiatico-religieuse, qui avait immédiatement hurlé contre la prétendue « menace de l’extrême droite » et réclamé la dissolution de GI. Elle avait aussi, bien sûr, entraîné l’ouverture d’une enquête pénale et la mise en examen de cinq des participants considérés comme les organisateurs. Jugés le 7 décembre 2017 (voir Présent daté du 9 décembre 2017), les cinq prévenus devaient faire l’objet d’un véritable procès politique, et écoper d’un an de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve d’une durée de deux ans, avec obligation de réparer les dommages causés, la privation de l’ensemble de leurs droits civiques, civils et de famille pour cinq ans et à 10 000 euros d’amende chacun… Bref, un véritable scandale quand on se souvient qu’aucune violence n’avait été commise et quand, dans le même temps, des groupuscules d’extrême gauche, eux, cassent régulièrement du flic et saccagent des locaux en toute impunité !

Evidemment, l’habituelle cohorte des ennemis de notre pays, et tout particulièrement les partisans de l’imam salafiste de Poitiers, Boubaker El Hadj Amor, espéraient bien que le procès en appel de mercredi tournerait cette fois encore au lynchage judiciaire. Or, l’audience, qui a duré pas moins de six heures, ne s’est pas tout à fait déroulée comme ils l’espéraient. L’avocat général et les parties civiles ont en effet rapidement été contraints d’admettre que le délit de « provocation à la haine raciale » était aujourd’hui prescrit et ne pouvait donc plus être sanctionné. Une décision qui a évidemment suscité la colère des partisans de Boubaker El Hadj Amor, l’imam salafiste de Poitiers dont Damien Rieu, l’un des jeunes prévenus, a brillamment montré lors de son intervention à la barre le double visage : celui d’« un imam radical des Frères musulmans, d’une mosquée financée par le Qatar » se faisant passer pour un modéré.

Restent les prétendues « dégradations » : quelques tapis de prières mouillés par la pluie et « souillés » (parce que touchés par des chrétiens)… Or, comme l’a souligné Me Triomphe, l’avocat de la défense, en rappelant que cette affaire ne visait qu’à « neutraliser politiquement des militants aux idées qui déplaisent », « on ne peut pas profaner un tapis, ça n’existe pas. On est à la limite d’une tentative d’escroquerie au jugement ! » Considérant malgré tout que lesdites « dégradations » étaient « caractérisées », l’avocat général a alors demandé six mois de prison avec sursis et au moins trois ans d’interdiction des droits civiques et civils à l’encontre de quatre des cinq prévenus. L’arrêt de la cour d’appel sera rendu le 19 juin. Une nouvelle accueillie avec soulagement par Damien Rieu qui, sur son compte Twitter, a observé très justement qu’en réalité « on ne [leur] reproche rien », que ces accusations de « dégradations » ne sont qu’« un prétexte pour ne pas arrêter toutes les poursuites ». En effet, a-t-il ajouté, « on voit bien que le dossier s’est vidé et qu’en huit ans il ne reste plus grand-chose ». •

L’imam radical El Hadj Amor démasqué !

Extraits de l’intervention de Damien Rieu devant la Cour d’appel de Poitiers ce mercredi 20 mai.

« Si j’ai choisi de me contenter d’une déclaration, ce n’est pas par irrespect à l’égard de la cour, mais parce que je considère […] que la place de l’accusé serait plus justement occupée par M. Boubaker El Hadj Amor, imam radical de cette grande mosquée UOIF de Poitiers financée par le Qatar.

« Qu’est-ce que l’UOIF ? C’est la branche française des “Frères musulmans” en France, une organisation classée comme terroriste et interdite dans de nombreux pays […]. Boubaker El Hadj Amor en est le vice-président et ancien trésorier. Il est également le directeur de l’IESH, un sulfureux institut de formation des imams qui a reçu le cheikh Youssef Al Qaradawi, un dangereux prédicateur islamiste recherché par Interpol et désormais interdit de séjour aux USA, au Royaume-Uni et en France. […] Ce sympathique prédicateur a entre autre participé au financement d’Al-Qaïda et une note des renseignements intérieurs français précisée également que son intermédiaire, M. Ahmad El Hammadi, a transmis la somme d’un demi-million d’euros en espèces à l’IESH dont M. Hadj Amor est donc le directeur […].

« Mais ce n’est pas tout. De grands noms du terrorisme islamique ont suivi les formations de IESH de M. Boubaker El Hadj Amor. Je citerai par exemple le djihadiste Thomas Barnouin, aujourd’hui derrière les barreaux ou la terroriste Inès Madani […] ou encore Noureddine Benyatto […].

« Que dire aussi de ces photos extraites de la page Facebook de la mosquée de Poitiers, où nous pouvons voir des fillettes de 6 ans en hidjab ? Et ces publicités de conférences avec le prédicateur Hani Ramadan qui explique que la lapidation est une purification […]. Ou encore de cette invitation à une conférence d’Hassan Iquioussen […], qui réclame “12 balles dans la peau” pour les apostats. Ou encore Tareq Oubrou, qui a défendu le califat et a fêté les attentats du 11 septembre […].

« Alors ne vous laissez pas avoir par l’habile vernis de tolérance utilisé par Boubaker El Hadj Amor pour cacher sa vraie nature. En langue islamique, on appelle cela la “taqîya”, la dissimulation. Ne soyons pas naïfs : oui, la mosquée de Poitiers est radicale. Oui, M. Boubaker El Hadj Amor est un islamiste qui fait la promotion d’autres islamistes. Oui, son institut de formation est un nid à djihadistes. […] Certes, il ne coupera pas les têtes comme certains de ses élèves de l’IESH. Mais il est ici pour couper les langues en instrumentalisant la justice, en essayant de se faire passer pour victime… » •

Franck Deletraz

2 commentaires sur “Poitiers : Damien Rieu martèle ses mots

  1. Huit années pour obtenir justice. Huit années de vie forcément gravement dégradées par les condamnations. Alors que dans d’autres pays l’état doit rendre la justice très rapidement.

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