La démocratie et l’État de droit menacés en Espagne pendant que l’Europe regarde ailleurs

Tandis que le lundi 25 mai au Parlement européen le socialiste espagnol Juan Fernando López Aguilar, ancien ministre de la Justice de José Zapatero, présentait un rapport à charge contre la Pologne, accusant ce pays de porter atteinte à la démocratie et à l’État de droit (voir ici sur le site Visegrád Post pour plus de détails), un manifeste contre la suppression des libertés fondamentales circulait depuis plusieurs jours en Espagne, repris par de nombreux médias, après avoir été signé par plusieurs dizaines d’intellectuels.

L’historien et écrivain Pío Moa, haï par la gauche espagnole pour ses ouvrages ayant défait les mythes gauchistes sur la guerre civile de 1936-39, fait partie des signataires. Il a toutefois ajouté sur son blog les réserves suivantes à ce manifeste :

« a) Il ne reste aujourd’hui que des restes de l’État de droit et de la démocratie après la sape de l’indépendance judiciaire, le sauvetage de l’ETA et les lois totalitaires imposées par Zapatero, dans ce qui était un véritable changement de régime accepté et promu aussi par le PP [le Parti populaire de centre-droit, NDLR].

b) Pour cette raison il n’existe aujourd’hui pas d’autre parti constitutionnaliste et démocratique que VOX. »

La gauche espagnole tenterait-elle donc de donner le change au Parlement européen en s’en prenant à la Pologne gouvernée par les conservateurs, qui sont par ailleurs alliés de Vox au PE ? Il est sûr qu’elle peut compter pour cela sur le soutien sans faille des LREM français, parce qu’en matière de démocratie et d’État de droit, la France d’extrême centre de Macron ne vaut sans doute pas beaucoup mieux que l’Espagne d’extrême gauche de Sánchez.

Voici donc la traduction en français de ce manifeste espagnol contre les mesures anti-démocratiques prises par le gouvernement de coalition des socialistes et de l’extrême-gauche en Espagne :

MANIFESTE POUR LA RÉSISTANCE NATIONALE

Depuis des jours, nous sommes des milliers d’Espagnols à être descendus dans la rue dans le respect scrupuleux des consignes sanitaires contre la pandémie, afin de manifester notre rejet d’un gouvernement menteur, incompétent, sectaire et corrompu. Et nous sommes des millions, depuis des semaines, à protester à nos fenêtres et balcons contre la désastreuse gestion sanitaire et contre la suppression des libertés fondamentales.

POURQUOI MANIFESTONS-NOUS?

– Pour la gestion désastreuse de la crise sanitaire qui nous a amenés au plus haut rang mondial en termes de décès, de malades et de personnels de santé contaminés.

– Pour l’imprévision criminelle du gouvernement PSOE-Unidas Podemos et la priorité donnée à ses intérêts politiques et idéologiques, ce qui a empêché de réagir à la pandémie quand celle-ci pouvait être encore contenue la semaine précédant le 8 mars [date des grandes manifestations d’extrême gauche soutenues par le gouvernement et qui ont conduit à une explosion du nombre de cas de COVID-19, NDLR].

– Pour l’imposition de mesures économiques improvisées et contre-productives, responsables d’une crise de l’emploi et des entreprises qui nous entraîne vers la ruine en tant que nation et l’appauvrissement de tous, et provoquera la faim chez les plus défavorisés.

– Pour la falsification des chiffres gouvernementaux sur les décès qui cachent au moins le tiers des morts réelles et contredisent les données officielles des Régions autonomes.

– Pour l’incapacité du Gouvernement à obtenir les tests, masques et équipements de protection indispensables à une reprise rapide de l’économie nationale.

– Pour la restriction des droits civiques et constitutionnels qui a fait de l’état d’alerte un état d’exception sans base légale. Seuls peuvent manifester les amis et alliés du gouvernement.

– Pour avoir profité de l’état d’alerte pour faire passer des lois qui renforceront l’emprise idéologique de l’extrême gauche sur la société.

– Pour la manipulation de l’information en faveur du gouvernement de la part des médias publics et des médias subventionnés, pour la censure des réseaux sociaux et la criminalisation des opposants.

QUE VOULONS-NOUS?

– La fin immédiate de l’état d’alerte et le maintien des mesures de prévention sanitaire recommandées par un comité d’experts fiable, transparent et connu du public.

– La normalisation de la vie familiale, sociale et économique, avec une attention spéciale portée aux groupes à risque.

– Le paiement immédiat des allocations de chômage partiel et des aides prévues pour soutenir les petites entreprises et les travailleurs autonomes.

– La démission du Gouvernement de Pedro Sánchez et la nomination par Sa Majesté le Roi d’une personnalité indépendante à la présidence du gouvernement, avec l’appui de tous les partis constitutionnalistes représentés au Parlement. Un gouvernement technique et de gestion pour faire face à la crise sanitaire et à ses terribles conséquences économiques et sociales. La convocation d’élections nationales un an après.

APPEL AUX ESPAGNOLS

Espagnols, notre nation et notre État de Droit sont en péril à cause d’un gouvernement qui a démontré son indifférence devant le préjudice causé au peuple. Nous vous appelons à manifester massivement et pacifiquement, en respectant à tout moment les mesures sanitaires, en vue d’un changement qui nous rendra la liberté et l’espoir.

VIVE L’ESPAGNE!

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(La version originale ici sur l’excellent blog de droite Contando Estrelas ou encore ici sur le site du grand quotidien de centre-droit ABC)

Olivier Bault

3 commentaires sur “La démocratie et l’État de droit menacés en Espagne pendant que l’Europe regarde ailleurs

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