La Pentecôte

« Soudain un bruit retentit du ciel, tel un violent coup de vent, des langues de feu se posèrent sur chacun d’eux et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint. »

Dans la chambre haute du Cénacle, ils se tiennent assis inquiets. Voilà neuf jours qu’ils se préparent à partir enseigner la terre entière. Une tempête descendue du ciel enveloppe la maison… Le petit troupeau ne se cache plus. Il n’est plus timide. Leur vocation les appelle aux confins de la terre. Ce sont des hommes debout, et c’est l’Eglise qui naît. Elle est en marche. Une langue flamboyante qui se repose sur sa tête fait de chacun l’homme d’un appel unique : il a reçu la parole de feu, dite une fois, qui, méconnue, ne sera jamais répétée ; et elle conduit l’apôtre au bout de la terre. Un même vent emplit la demeure et, à eux tous, ils ne font plus qu’une seule Eglise, invincible à toute puissance humaine et diabolique, indestructible jusqu’à la fin des temps et au-delà du temps. Et Pierre est confirmé, il est le premier vicaire du Christ. La Pentecôte est le jour béni des grandes consécrations.

Avant la Pentecôte, au long de l’Ancien Testament, Dieu avait agi sur l’humanité par l’intermédiaire d’un peuple réservé et d’une promesse. Et ce peuple avait été traîné comme de force à une grandeur qu’il refusa. Maintenant, le Christ a réconcilié l’humanité avec son Dieu unique, et l’Esprit va illuminer de l’intérieur la docilité de cette petite assemblée de baptisés dans sa Passion, son Eglise, son corps mystique, qui sait désormais toutes les langues de l’univers. Elle seule peut parler aux hommes qui cherchent Dieu.

Avant la Pentecôte, Dieu parlait aux patriarches et aux prophètes dans un face-à-face brutal et énigmatique, pour leur imposer des missions dont ils n’avaient pas toujours une claire intelligence. Ce n’était que l’ombre de cette nouvelle lumière. Depuis la Pentecôte, Dieu peut parler d’esprit à esprit avec les âmes rachetées par l’enseignement et la conduite de son Eglise. Il n’est plus de cœur humain, s’il s’unit sacramentellement au sacrifice du Christ, dans lequel ne puisse se faire entendre la voix de l’Infini. Dans l’amertume de la traversée de cette vallée de larmes, Jésus nous donne la joie. Une joie rarement éclatante, mais une joie qui résiste. Une joie cachée, profonde, vivace, pour que rien ni personne n’en puisse venir à bout. Nous sommes aimés par un Dieu sauveur, et il donne par l’effusion de l’Esprit dans nos âmes de l’aimer. •

Abbé V.B.

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