Connexion
S'abonner

Hong Kong, entre la Chine et le Royaume-Uni

Loi du régime communiste chinois sur la « sécurité nationale » :
Boris Johnson se dit prêt à accueillir 2,5 millions de Hongkongais

« Nous honorerons nos obligations et nous fournirons une alternative » : à l’heure où le régime maoïste chinois tente par le biais de sa loi sur la « sécurité nationale » d’accentuer sa mainmise sur Hong Kong et de réduire définitivement au silence ses habitants anticommunistes, le Premier ministre britannique, fidèle aux liens historiques qui unissent ce territoire au Royaume-Uni, s’est honoré mardi en annonçant officiellement que son pays proposera à plusieurs millions de Hongkongais des passeports et un possible accès à la citoyenneté britannique si Pékin persiste à imposer à ce territoire normalement autonome sa loi liberticide.

Une violation du principe « un pays, deux systèmes »

Rappelons que, le 28 mai dernier, l’« Assemblée nationale populaire » chinoise a adopté sa loi dite de « sécurité nationale » applicable au territoire de Hong Kong. Une loi présentée bien sûr par Carrie Lam, la responsable procommuniste de l’exécutif hongkongais, comme ne ciblant « qu’une poignée de délinquants » et destinée à « protéger la vaste majorité d’habitants qui respectent la loi », mais qui, en réalité, vise à accentuer la mainmise de Pékin sur l’île et à mettre fin avant l’heure au fameux principe « un pays, deux systèmes », normalement en vigueur jusqu’en 2047. En témoignent notamment son article 4, qui autorise la justice et la police chinoises à s’établir à Hong Kong, et son article 6, qui permet à Pékin de « prévenir, stopper, ou punir toute conduite qui met en danger la sécurité nationale, tels que le séparatisme ou l’organisation d’activités terroristes ». Des mots qui désignent indirectement les militants anticommunistes hongkongais en lutte depuis des mois contre les menées subversives de Pékin sur leur sol, et qui, jeudi encore, se sont vu interdire, sous prétexte des risques liés au Covid-19, toute commémoration de la sanglante répression perpétrée le 4 juin 1989 par les troupes communistes chinoises contre les manifestants de la place Tiananmen. Une interdiction que des milliers de Hongkongais n’ont cependant pas craint de braver, en se rassemblant notamment dans le grand parc Victoria pour y allumer des bougies et chanter « nous n’oublierons jamais » en mémoire des victimes.

« De profonds liens d’histoire et d’amitié »

En attendant, cette pression croissante exercée par Pékin sur l’île, qui devrait encore s’aggraver avec la loi sur la « sécurité nationale », commence à échauffer sérieusement Boris Johnson, qui n’a pas oublié que ce territoire a pendant près d’un siècle et demi appartenu à la Couronne britannique. C’est ainsi que, dans une tribune qu’il a publiée mardi dans le Times et le South China Morning Post, le Premier ministre britannique, disant sa volonté de « maintenir les profonds liens d’histoire et d’amitié du Royaume-Uni avec le peuple de Hong Kong », a averti que « si la Chine [imposait] sa loi sur la sécurité nationale, le gouvernement britannique modifiera sa législation sur l’immigration et permettra à tout détenteur de passeport britannique d’outre-mer résidant à Hong Kong de venir au Royaume-Uni pour une période renouvelable de 12 mois et d’obtenir d’autres droits, y compris le droit de travailler, ce qui les mettra sur la voie de la citoyenneté ». Une annonce bien sûr accueillie froidement par Pékin, qui a appelé dès le lendemain le Royaume-Uni à abandonner « son état d’esprit colonial » et à « cesser immédiatement toute ingérence dans les affaires hongkongaises et les affaires intérieures de la Chine ». •

Partager cet article

Facebook Twitter Email

Articles liés

Recevez un numéro gratuit

Vous souhaitez découvrir la version papier de Présent ?

Cliquez sur le bouton ci-dessous et recevez un numéro gratuit !