4e dimanche après la Pentecôte

« Quand Simon Pierre vit cela, il tomba aux pieds de Jésus, en disant : Seigneur, retirez-vous de moi, car je suis un pécheur. Car l’épouvante l’avait saisi, et aussi tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche des poissons qu’ils avaient faite. »

Souvent dans l’Evangile, nous voyons un mouvement d’adoration accompagner l’acte de foi. C’est le geste aujourd’hui de Pierre après le prodige de la pêche miraculeuse. Par cet acte d’adoration, l’âme se livre tout entière au Verbe divin.

C’est là imiter la sainte humanité de Jésus : elle appartenait si étroitement au Verbe, elle lui était livrée si absolument qu’elle n’avait pas de personnalité propre. C’est là un des aspects essentiels du mystère de l’Incarnation.

Proportion gardée, il doit en être aussi de nous, car le Christ Jésus est le modèle de toute chose. Mais pour cela, il faut connaître intiment le divin Fils de Marie. Non pas se le représenter, intellectuellement ou sentimentalement, mais être son intime. Il faut une vie intérieure profonde, et une pleine compréhension du partage de la Croix de Notre-Seigneur. Car c’est sur la Croix que nous trouvons le Christ, tel qu’il est.

Cela aurait certainement été plus facile si le Bon Dieu nous avait prescrit des œuvres définies. Dans l’Evangile, Jésus demande de jeter à nouveau les filets aux apôtres bredouilles d’une nuit de pêche longue et fatigante. Ce serait plus facile de marcher vers Dieu encadré et maintenu dans des consignes nettes. Ce serait plus facile d’obéir simplement à des ordres pensés et pesés. Duc in altum… pars vers les profondeurs de mon amour. Il faut y croire. Il faut faire cet acte de Foi.

Ce n’est pas ce que le Seigneur veut. Il veut nous mêler à toutes les foules, dans un monde où tout paraît nous égarer. L’humanité sainte du Christ n’agissait que soumise au Verbe dans lequel elle subsistait et qui lui donnait l’existence. Dans la monotonie de notre quotidien, les occasions ne seront pas rares de nous unir à la Croix de Jésus dans les épreuves, dans la générosité, dans l’abnégation de nous-même.

Si nous vivons sous le soleil de la Foi, dès lors rien ne nous manquera. Parce que notre âme sera tout entière livrée au Verbe, le Verbe dira à son Père : « cette âme est à moi, elle est donc aussi à vous, mon Père ». Et le Père fera descendre en nous, comme en son Fils Jésus, avec ses complaisances, ses dons les plus parfaits et les plus réjouissants. •

Abbé V.B.

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