Connexion
S'abonner

En vert et contre vous

Les 146 bêtises de la Convention citoyenne pour le climat

Il convient de rappeler ce qu’est la Convention citoyenne pour le climat. Cette instance est sortie du néant, qu’elle n’aurait pas dû quitter, en octobre 2019, par la volonté d’Emmanuel Macron. Le principe est le suivant : après le « grand débat national » qui a suivi la crise des Gilets jaunes et le recueil de leurs cahiers de doléances, le président a cru discerner que la demande populaire la plus urgente était celle d’une assemblée citoyenne… au sujet du changement climatique. C’est ainsi qu’a été noyée dans la communication la revendication originelle, celle d’une fiscalité moins écrasante pour ceux qui travaillent et dont les services publics se dégradent ou disparaissent.

Trois cent mille numéros de téléphone ont été générés par l’institut Harris, missionné pour rassembler un panel le plus représentatif. Par un hasard curieux, Daniel Cohn-Bendit faisait d’ailleurs partie des citoyens appelés. Prière de ne pas ricaner dans les rangs. Théoriquement, l’assemblée des cent cinquante est représentative de la société française, en ceci qu’elle rassemble un nombre exact d’urbains, de ruraux, de jeunes, de plus âgés, des deux sexes, de conditions sociales variées, etc. Selon les supports de communication, « pour garantir l’impartialité du tirage au sort, le processus a fait l’objet d’un contrôle d’huissier, sous la supervision des Garants et du Comité de gouvernance de la Convention citoyenne ». Arrêtez de ricaner, vous dis-je, on vous voit.

Ces cent cinquante semi-volontaires ont travaillé des mois durant pour sortir une série de propositions condensées en quatre cents pages, lesquelles prouvent indéniablement que le tirage au sort des représentants, cher à Chouard, arrive premier au classement des Jeux olympiques de la plus grosse bêtise à ne surtout jamais faire. Un budget de quatre millions d’euros a été alloué au Conseil économique, social et environnemental pour organiser cette convention. Pour l’encadrer, parce que manifestement il y a des limites à ne pas dépasser, Thierry Pech a été nommé coprésident : il est directeur général de Terra Nova dans le civil, c’est-à-dire qu’il a rédigé la stratégie du PS version François Hollande, avec le succès que l’on connaît de ce quinquennat. Pour quels résultats ? Ces cent cinquante novices ont inventé la dictature.

Tout ce que le PS n’a pas pu faire avec la politique à l’ancienne, Emmanuel Macron va pouvoir le faire grâce à cette convention manipulée de A à Z par les « experts » qui étaient là pour « documenter » les participants. Pleins de bonne volonté, ils ont proposé des mesures touchant directement la Constitution ; autrement dit, si le président tient parole, il devra saisir le Parlement ou passer par voie référendaire. Parmi les réjouissances, placer la préservation de l’environnement dans le préambule de la Constitution, au-dessus des libertés publiques les plus élémentaires. Créer un « crime d’écocide », dangereusement vague. Taxer à 4 % les dividendes des entreprises gagnant plus de dix millions d’euros, une excellente idée pour créer des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires. Réduire la vitesse sur autoroute à 110 km/h, une excellente idée pour rendre la vie toujours plus impossible à tous ceux qui n’ont pas le bon goût de vivre en ville. Entrer dans les appartements des particuliers pour les « inciter » à rénover… L’utilisation du terme « inciter » est d’ailleurs éloquente ; elle signifie ceci : laissez-vous convaincre par le projet de bonheur que nous vous proposons, et, si vous n’êtes pas d’accord, on vous obligera à être convaincu, et si vous n’êtes pas encore volontaire, on vous contraindra à notre bonheur, coûte que coûte.

Au-delà de l’aspect idéologique, ces mesures sont d’un coût absolument pharaonique, et ressemblent à ces Jeux olympiques qui ont fait exploser la Grèce en beauté en 2004. Mais, au fond, la France est dans un tel état économique et social, elle est un tel baril de poudre socio-économique, que cette étincelle n’est pas pire qu’une autre ; au moins on aura essayé de penser aux autres. •

Benoît Busonier

Partager cet article

Facebook Twitter Email

Articles liés

Recevez un numéro gratuit

Vous souhaitez découvrir la version papier de Présent ?

Cliquez sur le bouton ci-dessous et recevez un numéro gratuit !