9e dimanche après la Pentecôte

« Jésus s’étant approché de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : Si tu connaissais, toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, ce qui te procurerait la paix ! Mais maintenant cela est caché à tes yeux. »

L’Eglise nous présente, aujourd’hui, une image sinistre. C’est comme un phare dans la mer sombre de la vie, et ce phare doit nous préserver des écueils. Cette image offre une leçon, une idée directrice : il y a un enfer ; l’âme élue, elle-même, peut être rejetée si elle ne vit pas de la foi. Les deux lectures ont ce trait commun qu’elles parlent toutes les deux de l’infidélité et de la réprobation du peuple élu que Dieu voulait sauver. Méditons pendant toute la semaine cette image saisissante : le Christ se tient debout et pleure devant les portes de la ville élue. La semaine a quelque chose de grave. Excitons en nous l’esprit de pénitence et répétons chaque jour la prière du Canon : « Arrache-nous à la damnation éternelle. »

La tendresse de Jésus est si étendue qu’à l’heure même où il accablait les pharisiens de malédictions terribles et leur prédisait les colères divines, l’Evangile nous le montre profondément ému. La pensée du châtiment qui doit tomber sur la ville sainte pour avoir, en écoutant « ces aveugles », rejeté le Messie, arrache à son cœur sacré des accents d’angoisse : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois n’ai-je pas voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes… et tu ne l’as pas voulu ! »

Tant que nous sommes ici-bas, les appels de l’éternelle bonté sont incessants. Ne soyons pas de ceux qui, par le gaspillage continuel de la grâce et l’habitude du péché délibéré, même léger, s’endurcissent au point de ne plus les comprendre. Prenons garde de rejeter l’Esprit Saint du temple de notre âme par des résistances volontaires et obstinées ; Dieu nous abandonnerait à notre aveuglement. La miséricorde ne fait jamais défaut à l’âme ; c’est l’âme qui, faisant défaut à la miséricorde, provoque la justice. Cherchons plutôt à demeurer fidèles, non d’une fidélité qui se borne à la lettre, mais plutôt prend sa source dans l’amour et son appui dans la confiance en un Sauveur plein de bonté.

Alors, quelles que soient nos faiblesses, nos misères, nos lacunes, les fautes qui nous échappent, le jour se lèvera où nous bénirons à jamais celui qui est apparu sur la terre sous les traits humains. Il venait « guérir nos infirmités », « nous racheter de l’abîme du péché » ; c’est lui encore qui « couronnera pour toujours en nous les dons de sa miséricorde et de son amour ». •

Abbé V.B.

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