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Facebook, “Libération” : censure à tout va

Un commentaire du patron de la rédaction de La Vie, sur le vote en catimini d’une disposition facilitant l’interruption de grossesse jusqu’au dernier jour, vient d’être censuré par Facebook, censure appliquée par CheckNews, l’organe de « vérification » du journal Libération. C’est l’exacte illustration de ce que nous écrivions à propos de Soral et Dieudonné : demain, à qui le tour ? Nous, peut-être, écrivions-nous. Eh bien non : le lendemain, ce fut donc au tour de La Vie, hebdomadaire plutôt de sensibilité de la gauche chrétienne. Nous sommes entrés dans la loi des suspects, comme en 1793. Et la guillotine médiatique n’est pas près de s’arrêter.

Jean-Pierre Denis dirige la rédaction de La Vie, poste qu’il quittera à la fin de ce mois pour rejoindre l’éditeur Bayard. Denis, qu’« à défaut de classer politiquement, on aurait du mal à dire de droite », selon la direction même de La Vie, vient de voir son commentaire signalé par Facebook comme partiellement faux. Et c’est à Libération qu’a été confiée la noble tâche de rétablir la vérité. C’est un coup de massue pour cet homme qui pensait que la censure était réservée à des journaux et des hommes de droite, et forcément pour des propos monstrueux ou des informations réellement fausses. Il découvre, après 25 ans de métier, qu’il n’en est rien. Son crime : avoir commenté négativement un amendement socialiste qui, voté sans débat, permet, au nom de la détresse psychosociale, d’avorter jusqu’au dernier jour.

« Fake news ! » a hurlé Libération, expliquant en substance que ce n’est pas l’IVG qui peut se pratiquer jusqu’au dernier jour grâce à cet amendement mais l’IMG, non pas l’interruption volontaire de grossesse, mais l’interruption médicale de grossesse, nuance ! Le problème, comme l’avait très bien relevé Denis, mais qu’il lui est donc interdit d’expliquer sur les réseaux sociaux, c’est que cet amendement a pour but de permettre l’avortement aux femmes qui voulaient avorter et qui n’ont pu le faire pendant la période du confinement. Nous sommes donc en plein dans l’IVG. Le confinement est fini, mais l’amendement restera. C’est même pire que cela : car sans attendre que l’amendement soit voté, le ministre de la Santé Véran avait diffusé un courrier permettant de recourir à l’avortement en dehors des délais légaux. Il a donc anticipé la loi. A partir du moment où des arguments psychosociaux permettent l’avortement jusqu’au dernier jour, cela signifie, dans la pratique, que l’avortement devient possible, optionnel, jusqu’au dernier jour. Il y a donc bien une nouveauté inscrite dans la loi.

« Médias de vérification indépendants »

Libération soutient également que le journaliste de La Vie ment quand il écrit que la loi a été votée en catimini. Pourtant cela fait trois ans que dure le processus de révision de la loi bioéthique, et jamais un tel amendement n’avait été discuté. Il a été voté de nuit, en présence de 50 députés, peut-être. Et il faut voir comment Emmanuelle Ménard a été traitée pour avoir tenté de dire à la tribune de l’Assemblée… ce qui est reproché aujourd’hui à la direction de La Vie.

Facebook n’a pas agi seul. Il a fait un signalement qui a été repris par le groupe de « médias de vérification indépendants » à savoir l’AFP (que Jean-Yves

Le Gallou appelle Agence française de propagande), France Télévision,

Le Monde, Libération, L’Express et 20 minutes et enfin BFM TV, ne s’impliquant pas quoique nommée. On ne peut pas vraiment dire que la diversité d’opinions soit présente dans cette instance…

A propos de censure, La Vie rappelle à juste titre cette formule de George Orwell : « Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. » Ces propos, nous les trouvons dans le film L’Ombre de Staline, sur les mensonges, avant-guerre, de la propagande communiste, y compris à l’Ouest. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il semble qu’on y arrive aujourd’hui, en 2020, en France. Et sans doute pas qu’en France. •

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