Canada : des verts de plus en plus rouges

De notre correspondant au Québec. – Le Parti vert du Canada, qui est ici marginal contrairement à ses cousins d’Europe, vient de se doter d’un nouveau chef pour remplacer la sympathique Elizabeth May. Le nouveau visage du parti écologiste sera celui d’Annamie Paul, avocate noire et juive, descendante d’esclave et « croisée de la justice sociale ».

Si beaucoup ont écrit sur le fait que c’est la première femme noire à devenir chef d’un parti national canadien – cette folie des « premier ci » semble infinie – il reste que ce n’est pas qu’un changement esthétique. En effet, Paul représente pour le Parti vert un virage marqué à gauche, ce que May s’était refusé de faire aux dernières élections, utilisant le slogan « Ni à droite ni à gauche. Vers l’avant ensemble. », ce qui n’avait évidemment convaincu personne, les électeurs canadiens sachant fort bien que le Parti vert canadien est à l’image de la pastèque, vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur.

C’est donc la fin des faux semblants et le début d’une radicalisation. Annamie Paul est proche de la mouvance BLM, mais aussi des revendications autochtones, dont elle s’est fait l’écho durant les semaines menant à son élection à la tête du parti, une élection remportée par quelques votes seulement. Mais force est d’admettre que le courant pour un virage radical à gauche est majoritaire au sein du parti : le second candidat en lice, Dimitri Lascaris, était lui aussi partisan d’un tel repositionnement.

Nous assisterons donc aux prochaines élections à un féroce combat à gauche pour la frange de l’électorat composée des minorités ethniques, des LGBT, des écologistes et des partisans de la gauche radicale. C’est l’électorat que le Parti vert tentera de prendre au Parti libéral de Justin Trudeau et au Nouveau parti démocrate de Jagmeet Singh.

Remi Tremblay

Un commentaire sur “Canada : des verts de plus en plus rouges

  1. ni vert ni rouge? Regardez Alexis Cossette sur Radio-Quebec (par exemple: https://youtu.be/9INfLWRSfLc) et n’oublions pas de commémorer le cinquantième anniversaire de ce qu’on appelle au Québec LA CRISE D’OCTOBRE, durant laquelle 500 québécois ont été emprisonnés arbitrairement par le Gouvernement Fédéral Canadien.

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