Chantage à l’état de droit et révolution culturelle imposée de l’extérieur : le non possumus du Polonais Jarosław Kaczyński

De notre correspondant permanent à Varsovie – Dans un entretien publié ce mercredi par le journal polonais Gazeta Polska codziennie, le chef du PiS Jarosław Kaczyński, vice-premier ministre dans le gouvernement Morawiecki, annonce un veto de la Pologne si le prochain budget européen doit être conditionné à l’évaluation par la Commission du respect par les 27 de l’état de droit et des « valeurs européennes ».

Extrait :

– Une bataille très sérieuse attend la Pologne contre ceux qui, dans le cadre de l’UE, veulent nous imposer leurs valeurs, voire nous soumettre.

Nous sommes confrontés à un effort en vue de nous prendre notre souveraineté, y compris dans le domaine de la culture. Pour que tous comprennent bien de quoi il s’agit dans ce conflit avec l’UE, je vais évoquer l’exemple de la Pologne communiste. Du point de vue du modèle communiste, et donc de l’Union soviétique, l’existence d’exploitations agricoles individuelles était une horreur, mais elles existaient quand même dans la Pologne communiste. L’action de l’Église catholique était elle aussi inacceptable [du point de vue des communistes, NDLR], et malgré cela elle fonctionnait dans la Pologne communiste, même si elle était bien sûr harcelée, persécutée et brutalement opprimée. Et donc même à l’époque communiste, certaines sphères de la liberté humaine, des possibilités de choix pouvaient être préservées. (…) Aujourd’hui les institutions de l’Union européenne, divers fonctionnaires de l’UE, certains politiciens que les Polonais n’ont jamais élus, exigent de nous que nous remettions en cause toute notre culture, que nous rejetions tout ce qui est pour nous essentiel, parce que c’est comme ça et puis c’est tout. En effet, il n’existe aucune autre justification, on ne trouve rien justifiant ces exigences dans les traités, et c’est contraire à notre déclaration de souveraineté culturelle adoptée par la Diète avant notre adhésion à l’UE. Nous n’accepterons pas de tels agissements. Nous allons défendre notre identité, notre liberté, notre souveraineté quel qu’en soit le coût. Nous ne nous laisserons pas terroriser avec de l’argent. Notre réponse à ces agissements sera claire : c’est non. 

– Il y aura donc un veto au budget et au fonds de relance anti-Covid ?

Il y aura un veto. Si les menaces et les chantages se poursuivent, nous défendrons fermement les intérêts vitaux de la Pologne. Ce sera un veto. Non possumus. Et c’est ainsi que nous agirons envers quiconque utilisera la contrainte contre nous. Je le redis, parce que je l’ai déjà dit : nous sommes du bon côté de l’histoire. Ce sont ceux qui veulent nous priver de notre souveraineté, nous imposer leurs caprices, qui sont sur le chemin menant à la chute.

Olivier Bault

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