Dimanche des missions

Un soir de décembre 1819, à Lyon, tandis que ses proches jouaient aux cartes, la jeune Pauline Jaricot s’isole. Elle réfléchissait à l’élaboration d’un projet de collecte pour les missions qui soit efficace. Alors, une pensée lui traverse l’esprit : « Constituer des groupes de 10 personnes, chacune s’engageant à réciter une prière quotidienne pour les missions, à donner un sou par semaine et à former un nouveau groupe de 10 personnes. » Très vite l’œuvre s’organise : la Propagation de la foi, fondée à Lyon le 3 mai 1822, est reconnue par le pape Pie XI.

Si nous avons coutume de prier pour les missions au mois d’octobre, c’est sans doute parce que ce mois était celui du départ des missionnaires dans des régions très éloignées. Malheureusement, le faux œcuménisme des papes récents laisse penser que l’on peut se sauver dans les fausses religions, ruinant ainsi l’œuvre missionnaire.

A l’origine de l’élan missionnaire, il y a l’amour de Notre-Seigneur pour tous les hommes. S’il s’est fait homme, c’était non pour reconnaître nos erreurs, mais pour nous donner le salut, en son nom.

Si nous comprenons qu’il n’y a pas d’autre nom donné que celui de Jésus pour le salut des âmes, non seulement nous comprenons pourquoi l’Eglise est missionnaire, mais nous comprenons aussi que nous ne pouvons pas ne pas l’être nous-mêmes. Notre vie chrétienne ne s’arrête pas au culte que nous rendons à Dieu le dimanche, un culte individuel comme la laïcité entend le restreindre. L’esprit missionnaire n’est pas réservé à quelques âmes, avides d’exotisme ou d’humanisme généreux.

Regardez la Sainte Vierge. En visitant sa cousine Elisabeth, elle est la première missionnaire. A peine est-elle remplie du Saint-Esprit, à peine a-t-elle conçu dans son sein son divin fils Jésus, qu’elle part : elle est transportée par l’Esprit Saint. Elle s’en va : elle traverse la montagne, avec hâte, nous dit l’Evangile. Pourquoi ? Où va-t-elle ? Ce sont les mêmes questions que nous posons au sujet des missions. Ne pouvait-elle pas rester, recueillie dans le Temple, à prier ? Non, elle part vite. Elle porte l’annonce ! Elle annonce l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ et elle chante son Magnificat et la gloire du Bon Dieu. Transportée par l’Esprit Saint, elle nous manifeste que l’Esprit Saint est missionnaire. C’est la marque du véritable Esprit, du Saint-Esprit. Il est celui qui annonce que Jésus-Christ est Dieu. A l’inverse, le signe de l’esprit qui n’est pas Dieu est celui qui, comme le dit saint Jean, solvit Christum, qui dissout Notre-Seigneur, qui en parle peut-être, mais qui n’en donne ni la réalité et ni la vérité.

Baptisés dans l’Esprit, nous ne pouvons pas ne pas être missionnaires et nous ne pouvons pas penser que les missions ne sont plus nécessaires aux hommes et à l’Eglise, au nom d’un humanisme révolutionnaire. Il faut proclamer l’Evangile partout, non seulement autour de nous, dans nos familles, mais dans la société, dans nos professions, partout où nous sommes. Il faut annoncer l’Evangile d’amour, parce que Notre-Seigneur Jésus-Christ a répandu tout son sang pour nous racheter. •

Abbé V.B.

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