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François, l’embrouille

Un temps pour changer, la nouvelle dissertation lycéenne du pape François

Dans quelques mois, le pape François aura eu un pontificat au moins aussi long que celui de son prédécesseur, le pape émérite Benoît XVI. Ce n’est pas faire injure à François que de dire que son niveau intellectuel n’est pas celui de Benoît XVI, lequel était surnommé dans ses années universitaires « le Mozart de la théologie ». Mais, après tout, il y a bien des Franciscains et des Dominicains, et c’est fort sain : nous n’avons pas été créés avec les mêmes charismes, et l’intelligence du cœur vaut bien celle de la tête. Mais à une condition : que chacun reste dans son couloir.

Après quelques années de pontificat, les catholiques européens se dirent que François ne cessera jamais de nous surprendre. Force est de constater que ce n’est plus le cas. Texte après texte, François ne surprend plus personne et lasse tout le monde. Excepté Jean-Luc Mélenchon qui tire un verbatim de son contexte de temps en temps pour essayer de récupérer les votes ce qu’il reste de chrétiens en France. Mais étant donné qu’il a également brandi le corps encore chaud de Maradona pour se l’approprier comme « camarade de lutte », ce n’est guère probant comme relais dans le débat public. Depuis plusieurs années qui commencent à être longues, chaque sortie d’un texte de François ne suscite plus qu’un gonflement de joues, un soupir las ou au mieux un coup d’œil distrait sur le texte en question. Il n’y a guère que Laudato si’, son encyclique évoquant l’écologie, qui a eu droit à une étude sérieuse et un réel débat. Peut-être parce que son niveau était un peu meilleur que celui de ses précédents textes ? Mais encore (très) loin des textes de Jean-Paul II sur la théologie du corps (ses 129 catéchèses publiques de 1979 à 1984) et la dignité des femmes (Mulieris dignitatem, 1988), ou le discours de Benoît XVI aux Bernardins (discours au monde de la culture, 2008). La comparaison pique.

Son dernier texte, donc, est titré en édition originale Ritorniamo a sognare, c’est-à-dire, dans la langue de Molière, Un temps pour changer. C’est une réponse à la crise du Covid-19. Le pape y disserte sur « les trois Covid » : la maladie, le pouvoir et le déracinement. C’est une longue conversation avec Austen Ivereigh, qui a toutes les caractéristiques d’une production lycéenne : hyperémotivité, autoréférence permanente, absence de hauteur de vue historique, pluralité exagérée des sujets, tentatives d’aphorismes, et raisonnements dénués d’empirisme. Soyons toutefois justes avec le poème extrêmement médiocre, reçu d’un inconnu, qui clôt la lettre : il est tout à fait possible et même probable qu’il ait été très mal traduit dans l’urgence. Ce qui est tout à fait dommageable, c’est la structure « fouillis » de cette exhortation. Certes, les textes des pontifes précédents avaient un côté très professoral, quasiment scientifique : lire Mit brennender Sorge (Avec une inquiétude brûlante, 1937), ce n’est pas lire du Proust. Mais c’était clair, limpide comme de l’eau de roche. A rebours, Un temps pour changer effleure une infinité de sujets sans jamais les développer, ce qui produit également une frustration, et finit par faire tomber le livre des mains. Il y a bien longtemps que la parole pontificale n’est plus que la parole papale, voire la parole de François : c’est-à-dire que la plupart des observateurs ont intégré le fait que ce n’est pas trop la peine de travailler ses textes, dans la mesure où leur niveau intellectuel les condamne à être oubliés à très brève échéance.

Qu’il soit politique n’est pas une mauvaise chose : lorsque Pie XII et Léon XIII évoquent la question ouvrière, ils le sont aussi. Mais la défense timide et non argumentée du revenu universel, ou les parallèles idiots (« Tu ne verras jamais [les manifestants anti-masque] protester contre la mort de George Floyd, ou contre le fait qu’il y ait des bidonvilles », p. 47), les… trois points… de boomer… qu’il met à toutes les phrases… ou encore son énième exhortation à l’accueil des réfugiés dans un continent où ce sont des migrants de Lampedusa qui décapitent dans nos églises : tout ceci est non point politique mais idéologique.

Merci, non merci, Très Saint Père : dites-nous comment devenir des saints dans cette modernité qui nous empoisonne, pas quel coup de vent communico-médiatique il faut suivre pour être admis dans le camp des gentils. Et pas de malentendu : si nous sommes durs avec vous, c’est que nous attendons beaucoup. Nous vous portons dans nos prières. •

Benoît Busonier

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Commentaires

2 commentaires

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SABARY Olivier Sabary - 26 novembre 2020

Le pape François est, comme a dit fort justement, une fois de plus, mon Ami Dominique, un Anti-pape, qui, alors que l'un des rôles du pape est de défendre les catholiques comme un berger défend son troupeau, est un pape qui trahit les catholiques, qui soutient les migrants qui veulent imposer l'islam, dont sont partis des terroristes qui, depuis 2015, ont tué 36 allemands, 300 français, qui collabore avec le gouvernement communiste chinois contre les catholiques chinois, qui a trahit le général Franco qui a sauvé le catholicisme en Espagne pour un gouvernement athée, pro-islamistes

Dominique - 26 novembre 2020

Benoit Busonier vous " attendez beaucoup " du successeur du pape Benoit... Vous ne serez pas déçu mais dans un sens contraire à vos attentes car il agit en toutes choses idéologiques de concert avec les agences internationales mondialistes. D'ailleurs la page de Laudate Si consacrée au mensonge du changement est du niveau des phrases débiles de Greta Thunberg : lisez la. Le reste de ses écrits, de ses déclarations et de ses actes est à l'avenant : idéologique comme vous le précisez justement.

Depuis le début il s'est comporté comme un patron des forces du mondialisme antichrétien ; je pèse mes mots. Candidat depuis longtemps au siège de saint Pierre il avait participé à la cabale qui a mené à l'éviction du pape Benoît, mais celui ci reste le vrai pape aux yeux des catholiques qui voient clair.

Si la prédiction de saint Malachie est juste, Benoit XVI serait le dernier pape et ses successeurs ne seraient que des secrétaires. Après Jean Paul II et Benoît XVI, Francis Bergolio n'a pas poursuivi leurs oeuvres, car il est un membre actif du clan des mondialistes !
Heureusement mgr Sarah et d'autres, que François a mis à l'écart, tiennent bon au milieu de ce désastre.

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