Connexion
S'abonner

La Toile se resserre

Une dérive totalitaire qui inquiète jusqu’à la gauche

Prenant honteusement prétexte des incidents ayant émaillé mercredi dernier la juste manifestation de colère des partisans de Donald Trump devant le Capitole à Washington (voir Présent daté du 8 janvier), les milliardaires mondialistes à la tête des tout-puissants réseaux sociaux que sont Twitter, Facebook ou encore Instagram ont brutalement fermé ou suspendu vendredi les comptes du président américain, et entamé une impitoyable chasse aux sorcières contre ses sympathisants. Une atteinte à la liberté d’expression tellement énorme que certains grands médias français et autres personnalités, pourtant très hostiles au chef de la Maison-Blanche, en viennent aujourd’hui à s’interroger, et même à s’inquiéter d’une telle dérive totalitaire.

Parmi les élus français qui se sont immédiatement élevés contre cette brutale censure opérée par les « nababs » aux commandes des GAFA, nous n’avons bien sûr pas été surpris de retrouver Marine Le Pen, qui est elle-même régulièrement harcelée par Twitter. Dénonçant « une situation extrêmement inquiétante » et une « dérive très grave » des réseaux sociaux, la présidente du RN a alors fort justement observé qu’il fallait « très sérieusement se poser la question de la responsabilité de ces géants du numérique dans une forme d’effondrement annoncé de la liberté d’expression ». Un avis en partie rejoint par Mélenchon qui, tout en dénonçant le comportement de Trump, a expliqué pour sa part que celui-ci ne pouvait « servir de prétexte pour que les GAFA s’arrogent le pouvoir de contrôler le débat public ». Même critique du côté de Ruffin (LFI), qui a ajouté de son côté que « demain, ce sera pour nous tous, cette censure numérique, et privée » ! Mais, plus surprenante a été en revanche la réaction de Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, qui a estimé que « la régulation du débat public par les principaux réseaux sociaux au regard de leurs seules conditions générales d’utilisation alors qu’ils sont devenus de véritables espaces publics […], cela semble pour le moins un peu court d’un point de vue démocratique ».

Une violation du premier amendement

C’est que, outre le fait que la brutale censure de Trump par les GAFA s’abattra aussi immanquablement demain sur tous ceux dont les propos n’auront pas l’heur de plaire à leurs responsables omnipotents, celle-ci constitue une violation manifeste de la législation américaine, comme le rappelait judicieusement dans 20 minutes Florence G’sell, responsable de la chaire digitale de Sciences Po. En effet, expliquait cette spécialiste du droit numérique américain, « les réseaux sociaux ont le droit de pratiquer la modération sur le fondement de leurs conditions générales d’utilisation, car ce sont des entreprises avec des contrats de droit privé ». Mais, ajoutait-elle, le compte Twitter de Trump « a été qualifié en 2019, par des juridictions américaines, de “forum public”, c’est-à-dire qu’il est considéré comme un espace de débat public, qui est protégé par le premier amendement à la Constitution des Etats-Unis sur la liberté d’expression ». Aussi, observait Florence G’sell, la suspension du compte de Trump pose aujourd’hui « un évident problème démocratique ». Non seulement parce que celui-ci « a quand même récolté le suffrage de plus de 70 millions d’électeurs américains » lors de la dernière présidentielle, mais aussi parce qu’« on assiste aujourd’hui à une véritable destitution numérique, avant même une procédure d’Impeachment ». Or, concluait l’enseignante, en soulignant que cette problématique pourrait bientôt « se transposer en France », « ce n’est pas aux grandes plates-formes de se faire les arbitres de la vérité, ou du débat public » !

L’insupportable chantage des ploutocrates

Un débat public et un respect des principes démocratiques sur lesquels s’assoient cependant aujourd’hui allègrement les GAFA, au sein desquelles les géants Google, Apple et Amazon sont même allés ce week-end jusqu’à lancer un ultimatum au réseau social Parler, très fréquenté par les électeurs républicains, lui intimant tout bonnement l’ordre d’adopter dans les 24 heures une politique de « modération » aussi impitoyable que la leur à l’égard des trumpistes, sous peine de voir son application numérique définitivement bannie de leurs magasins d’applications Google Play et Apple Store ! Ce chantage profondément scandaleux a été vivement dénoncé par John Matz, le fondateur de Parler, qui, outre une volonté d’« infliger le plus de dommages possible [à sa société] au moment où le président Trump est banni par les entreprises de la tech », a vu également dans cette manœuvre honteuse le désir de ces géants du Net de porter un coup fatal à l’application actuellement la plus téléchargée outre-Atlantique… Mais, aussi révoltantes et scandaleuses que soient ces pressions, elles n’ont cependant pas atteint l’incroyable degré d’ignominie dont a récemment fait preuve le minable « commissaire politique » Randall Lane dans Forbes, le célèbre magazine américain dédié aux milliardaires. Se sentant pousser des ailes avec l’arrivée prochaine au pouvoir du tricheur Biden et de sa clique de bobos gauchistes, il n’a en effet pas craint de coiffer sa casquette de tchékiste pour menacer ouvertement de représailles toutes les entreprises qui pourraient être tentées d’embaucher les anciens collaborateurs de Donald Trump ! Sont notamment visés par le journaliste du système, les ex-conseillers du président Sean Spicer, Kellyanne Elizabeth Conway, Sarah Huckabee Sanders, Stephanie Grisham ou encore Kayleigh McEnany, qui, à ses yeux, se sont rendus coupables d’avoir aidé à diffuser les prétendus « mensonges » de Trump pendant quatre ans. Un soutien que ce triste individu entend bien leur faire payer aujourd’hui, en leur interdisant toute possibilité de retrouver un emploi. Ainsi est-il allé jusqu’à avertir : « Que ce soit clair pour les entreprises : embauchez un de ces fabulistes cités plus haut, et Forbes considérera que tout ce que votre entreprise relaiera est un mensonge. Nous allons scruter, vérifier et revérifier, investiguer avec le même scepticisme que lorsque nous lisons un tweet de Trump. Vous voulez vous assurer que le plus puissant magazine économique du monde vous considère comme une potentielle source de désinformation ? Embauchez ces personnes. » Bref, un véritable appel à la haine. Mais qui, n’en doutons pas, ne poussera pas pour autant les GAFA donneuses de leçons à suspendre les comptes Twitter et autres du magazine Forbes. •

Partager cet article

Facebook Twitter Email

Articles liés

Commentaires

4 commentaires

Votre commentaire sera affiché une fois validé par le modérateur

SABARY Olivier - 11 janvier 2021

honteuse, illégale, scandaleuse, coup bas supplémentaire, dictature cette censure du patriote Donald Trump par les GAFA, le pourri
Biden, les démocrates ( car ces pourris, je veux dire les GAFA, Biden, les démocrates, se s ont concertés et se s ont mis d'accord ), alors qu'en plus que cette censure est interdite par le 1er amendement, que 'est une censure contre un président encore en exercice, alors que les FAFA sont des société privées, dirigées par des hommes privés, que cette censure s'est faite sans justification, que des internautes qui ont, eux, écrit des mails haineux ont toujours leur compte sur twitter, que, je suis d'accord, avec mon Ami Dominique, Donald Trump, avec Ronald Reagan, avec Abraham Lincoln, font partie des très grands hommes d'Etat qu'ont eu les Etats-Unis, des très grands hommes d'Etat actuels, avec Jair Bolsonaro, Narendra Modi, Vladimir Poutine, Viktor Orban, Mateusz Morawiecki, Mohammed VI, que les GAFA ne détiennent pas la vérité universelle, que c'est pas aux GAFA de décider qui ils doivent bannir, que Donald Trump représente la 1re communauté mondiale de tweets et les GAFA pratiquent aussi la dictature en France, France qui est tombée en dictature. Alexandre Soljenitsyne l'avait bien dit. La dictature passera de l'Est à l'Ouest. En effet, Biden, les GAFA menacent les libertés aux Etats-Unis, la dictature e st arrivé en France, Allemagne, menace d'arriver en Suisse. Sans compter que la France d'avant 1790 était très décentralisée, qu'elle est devenue excessivement centralisée depuis 1790, centralisation excessive aggravée par Bonaparte Napoléon e t ses préfets, ses sous-préfets et s i l'Allemagne est née très décentralisée, c'est pas grâce à la République, mais grâce à la dynastie des Hohenzollern, Guillaume 1er, Otto von Bismarck car l'Allemagne e st très décentralisée depuis 1871; Rappelons que la France d'avant 1790 était divisée en provinces, avait l'Echiquier de Normandie, les Etats de Bretagne, le Labourd béarnais, l'Assemblée d'Alsace, tous, disparus en 1790, que Guillaume 1er, Otto von Bismarck ont divisé l'Allemagne en Etats ( Staaten ), Lands, que Belin ne s 'occupait que des affaires générales, que chaque Staaten, Land était et est dirigé par un ministre-président élu par les habitants du Staaten, du Land, alors que les préfets, sous-préfets français sont nommés par l'Etat, que Guillaume 1er, Otto von Bismarck ont donné le droit aux alsaciens de voter leurs impôts, à l'Alsace, la Lorraine mosellane une assemblée, le Landeschaussus, que le Landeschaussus pouvait proposer des lois au Kaiser, qu'à leur retour en France, les alsaciens ne votaient plus et ne votent plus leurs impôts, que le Landeschaussus a fermé, et l'Alsace, la Lorraine mosellane n'ont plus d'assemblée. Biden, les démocrates, les GAFA, e n accord avec Biden, les démocrates, ont déjà touché au 1er amendement en fermant, sans raison valable, les comptes de Donald Trump. La Russie de Vladimir Poutine est plus libre que l'Allemagne de Merkel, la France de Macron alors que l'URSS était une dictature A qui le tour au prochain? Et ce n'est qu'un début!

SABARY Olivier - 11 janvier 2021

Cher Ami Dominique, je vais écrire à Google pour leur dire mon indignations que, sans raison, les comptes Twitter de Donald Trump ont été fermés et le message que Donald Trump pour appeler au calme ses partisans ( que c'est pas lui qui leur a dit de monter au Capitole, qu'au contraire il les a rappelé au calme, que c'est pure mensonge des démocrates, tellement pourris qu'ils ne sont plus à un mensonge près, à un coup tordu près ), bien avant l'arrivée de ses partisans au Capitole

Dominique - 11 janvier 2021

NB :
Il y a également la nouvelle messagerie française OLVID qui ne demande pas notre numéro de téléphone ! Version privée et version professionnelle. N'avons nous pas d'excellents informaticiens ? Ceux-ci ne sont pas partis dans la Silicon valley

https://www.clubic.com/messagerie-instantanee/actualite-18955-la-messagerie-la-plus-sure-du-monde-est-francaise-voici-olvid-interview-.html

CUBIC est une source d'informations française, il répond à toutes les demandes ( fonction 'recherche')

https://www.clubic.com/

Zou ... dehors les Gafam !

Dominique - 11 janvier 2021

Et à la fin :
Le grand Sénateur Ron Paul, libertarien, adversaire des guerres américaines, ancien sénateur et candidat à la présidence est également banni de tous les réseaux sociaux tenus par les Gafam. Il est certainement un des meilleurs analystes de la société américaine. il ne s'inquiète donc pas pour ses bannissements et voit dans cette censure à tout va un affolement de la classe financière et politique qui dirige le pays.

Il tient quotidiennement une chronique de qualité ( le liberty report ) et s'entretient par vidéo avec les Américains, via le site internet de son institut.
Il a confiance dans la capacité de la majorité du peuple à tenir bon contre l'arrogance des Gafam et la tyrannie que veut installer la FINANCE et des politiciens. " Ils ont peur " dit il :

http://www.ronpaulinstitute.org/archives/featured-articles/2021/january/09/thoughts-on-a-right-wing-insurrection/

A son avis rien ne peut arrêter une idée telle que la liberté, et il en veut pour preuve l'héroisme des Russes déportés au Goulag : " Because no army – not even Big Tech partnered with Big Government - can stop an idea whose time has come. And Liberty is that idea. We must move forward with creativity and confidence ! "

Je suis d'avis que la TOILE ne se resserre pas car elle reste ouverte à tous - Présent le prouve - et les Gafam ne sont pas la ' toile '. La censure des Gafam sur leurs réseaux traduit effectivement leur peur de nous perdre en tant qu'êtres qu'ils voulaient réduire à l'état d'objets numériques. A nous de les quitter maintenant et d'utiliser autrement internet. Personnellement je n'utilise aucun de leurs réseaux, ni même Gouguel.

Si les gauchidtes s'inquiètent c'est parce qu'ils comptaient sur les Gafam pour nous opprimer et qu'ils comprennent que c'est raté : nous ne voulons pas des réseaux de surveillance comme ceux installés par les Gafam en RPC !

Allons faire comprendre cela aux élus patriotes qui semblent être affolés de ne plus pouvoir ...t...tweeter ! Or nous attendons autre chose d'eux. Qu'ils lisent plutôt Présent que de suivre les tweets des tyrans qui nous maltraitent, et communiquent, par écrit ou par vidéo, au journal leurs analyses et leurs volontés pour agir, en toute LIBERTÉ et avec confiance selon les mots du Sénateur Ron Paul.

Désolé, mais il n'y a pas en France, à mon avis, une personnalité politique ' en retraite ' qui soit à sa hauteur et qui tienne une excellente chronique quasiment tous les jours. Cela manque assurément.

Laisser un commentaire

Recevez un numéro gratuit

Vous souhaitez découvrir la version papier de Présent ?

Cliquez sur le bouton ci-dessous et recevez un numéro gratuit !