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L’Apartheid numérique

Réseaux sociaux : la fracture s’aggrave !

Alors que les réseaux sociaux continuent de bannir régulièrement toute trace d’opinion divergente, d’autres réseaux alternatifs sont mis en avant et accueillent des millions de « réfugiés politiques ». Ainsi, alors que YouTube à son tour, suspend le compte de Donald Trump, l’application Telegram, l’équivalent russe du réseau social Whatsapp, connu pour sa discrétion et sa permissivité, revendique plusieurs dizaines de millions de nouveaux téléchargements de son application. Dans le même temps, l’action Twitter s’est effondrée en perdant 6 % de sa valeur, le réseau social a perdu jusqu’à 12 % lundi dernier.

Conséquence directe du bannissement de Donald Trump ? Certainement. Puisqu’à la suite du président américain, des dizaines de milliers de compte marqués comme « complotistes » mais plus largement d’opposants au progressisme ambiant, ont subi le même sort. Une tragédie pour la liberté d’expression et d’opinion mais une aubaine pour les concurrents. Ainsi, outre le réseau Telegram, les applications comme « Parler » pendant conservateur de Twitter ou encore Gab ont bondi d’un seul coup. Parler était l’application la plus installée ce lundi et Gab affirme avoir enregistré 12 millions de visites en 12 heures.

S’il est rassurant pour certains de voir apparaître ces solutions alternatives, la séparation des opinions, le triage de ce qui est dicible ou non, a donc été acté comme principe intrinsèquement lié aux démocraties modernes. Pire, ce sont désormais les entreprises privées qui régulent l’expression politique des citoyens. On observe depuis plusieurs mois, un phénomène des plus inquiétants dans le marketing des grands groupes : une appropriation du débat public et l’engagement politique parfaitement assumé. Ainsi le fabricant de glaces Ben and Jerry’s s’est fait le porte-parole des militants racialistes et autres Black Lives Matter. Ainsi, Nike s’est engagé dans la lutte pour les Ouighours, cette communauté chinoise musulmane martyrisée par Pékin.

On assiste bien à un tournant majeur : le politique n’a plus la main sur la censure, il a délégué cela aux entreprises privées. Ce transfert de compétence inique, cette grande injustice, met en contradiction le droit d’une entreprise privée de bannir l’utilisateur de ses services qui contreviendrait à ses règles et le droit à la liberté d’expression insécable de tout système démocratique. Nous ne sommes évidemment pas des perdrix de l’année, la liberté d’expression était déjà un lointain souvenir, mais les coups portés avaient au moins le mérite d’être progressifs et discrets. Aujourd’hui, les GAFAM ne prennent plus cette peine.

Nous voici donc condamnés à ne plus débattre, ne plus échanger, voire ne plus se parler. Chacun son réseau social, chacun ses contenus recommandés par un algorithme, chacun son safe space et chacun ses tropismes. Condamnés à vivre les uns à côté des autres, nous ne partagerons bientôt plus rien. On accuse souvent « l’extrême droite » de fracturer, diviser, accusation désormais dépassée. La fracturation de la société occidentale est voulue, conduite et assumée par ces nouveaux dieux de la consommation et du prêt-à-penser venus des Etats-Unis.

Ce mois-ci, a été édité un petit texte inédit de Stefan Zweig intitulé L’Uniformisation du monde qui conclura ce propos :

« Nous nous berçons encore d’illusions quant aux objectifs philanthropiques et économiques de l’Amérique. En réalité, nous devenons les colonies de sa vie, de son mode de vie, les esclaves d’une idée qui nous est, à nous Européens, profondément étrangère : la mécanisation de l’existence. » •

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Commentaires

1 commentaire

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Dominique - 13 janvier 2021

Stop panique. Il y a aux États-Unis des dizaines de réseaux internet qui sont libres et des centaines de journ@ux internet comme Prés@nt : on ne peut les compter tellement ils inondent le net américain ! C'est un autre monde que le notre.

Si beaucoup en France sont aujourd'hui étonnés de la dictature des dirigeants des Gaffe-am les patriotes américains eux ne le sont pas. PARLER et GAB ne sont pas nés aujourd'hui mais depuis des semestres ils se sont développés, par la volonté de patriotes américains.

Trump, homme d'Etat confiant dans les institutions, a joué le jeu : en principe son compte ' Tetaire ' devait rester protégé par le statut public du président. Erreur car les grands banquiers qui tiennent les Etats-Unis et TOUT l'occident sont au-dessus des lois. Ou provocation habile de sa part : maintenant Tetaire est démasqué mondialement.

Infowars.com a son propre site depyis deux années, après avoir été banni de Tontube, et diffuse ses ' banned.videos ' : le bannissement est devenu un label de qualité patriotique 😊 et des milions d'Américains écoutent maintenant Alex Jones, parti de rien il y a des années pour lutter contre la pieuvre CFR des banquiers Rockefeller. Idem pour Monsieur Ron Paul - ancien sénateur et candidat à la Maison-Blanche - qui diffuse quotidiennement son Liberty Report et ses interviews-vidéos : être banni de Tontube n' a pas impressioné ce Soljenitzine américain !

Au final les Gaffe-am resteront avec leurs masses décérébrées par les ' Etats des profondeurs '. Pas plus qu'on est forcé de manger chez Mac'do on n'est nullement forcé d'avoir un compte Tetaire.

Il faudra bien en France que des élus patriotes français qui sont accrochés à leurs smartphones comme des bébés à leurs tétines, se décident enfin à grandir et se liibèrent leur dépendance. Nous attendons d'eux autre chose que des Tou-it.
Il est grand temps qu'ils lisent enfin Jacques Bordiot : d'ailleurs son ouvrage magistral " Une main cachée dirige " pourrait être très opportunément présentée aux lecteurs dans la Bibliothèque de Présent.

Et d'arrêter d'acheter chez Àmazône les livres qu'on peut commander chez le libraire...

Eh oui ' chacun son réseau social '. De même que ' chacun son journal '. N'est ce pas mieux qu'une seule Pravda ? Les perdants en France seront les tyrans et leurs affidés gauchistes - car les Gaffe-am sont leurs alliés - si les réseaux et médi@s libres se développent enfin chez nous. Nous avons des années de retard. Retard que pour sa part Présent rattrappe enfin à grand train, bravo.

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