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Souverain poncif

 Front contre le RN : le pape François s’y met

Tombée sur les prompteurs lundi 15 mars 2021, l’information n’est pas piquée des vers : le pape François craint que Marine Le Pen gagne les élections présidentielles de 2022. Même si l’évolution progressiste de gauche de l’Eglise est ancienne, avec une accélération depuis la démission de Benoît XVI, historiquement la papauté avait plutôt habitué ses fidèles à s’opposer aux conceptions anti chrétiennes et anti catholiques du monde. Il en était par exemple ainsi à l’époque du communisme stalinien. Voilà que le pape François donne ouvertement à voir ce que le Vatican est en train de devenir : une officine de la modernité parmi d’autres.

Recevant plusieurs responsables associatifs français lundi dernier, le pape François leur a donc fait part de ses inquiétudes politiques. La première réaction qui vient à l’esprit est : de quoi se mêle-t-il ? Il s’agit là tout à la fois de questions politiques, relatives à César et non au Magistère romain, et de questions nationales ne concernant pas la papauté. Dans les deux cas, cela ne relève ni du Vatican, ni de l’Eglise catholique, ni d’un pape dont les sympathies gauchisantes sont de notoriété publique. La seconde réaction ? Il n’y a donc personne d’autre au sein de l’Eglise pour occuper le Magistère ? Si tel est le cas, le mal est pire que tout ce que l’on pouvait imaginer.

Les associatifs reçus sont des responsables de structures se préoccupant d’environnement. D’après L’Obs, confirmé entre autres par BFM, le pape aurait déclaré : « Je ne veux pas être désagréable ou dire à votre pays ce qu’il doit faire. Mais c’est inquiétant. Je suis inquiet de la montée des populismes. Mais l’antidote, c’est un mouvement populaire. Et écouter ce mouvement. Il faut opposer au populisme le popularisme. Un bon gouvernement doit faire confiance aux citoyens, il doit les écouter. » François ne fait donc pas que s’inquiéter, il expose ce que nous devons faire. Il se mêle ainsi outrageusement de politique, s’implique dans la vie politique nationale française, intervient en influenceur. Il est des robots de réseaux sociaux qui ont été dénoncés pour moins que cela.

Marine Le Pen ne pouvait pas demeurer insensible face à une telle intrusion. Sa réaction sur Twitter a été cinglante : « Rendez à césar ce qui est à césar et à Dieu ce qui est à Dieu. Je suis convaincue que de nombreux croyants seraient ravis que le pape s’occupe de ce qui se passe dans les églises plutôt que dans les urnes. »

Gageons qu’une telle position sera mieux accueillie dans les médias français que ne le furent autrefois celles de Benoît XVI. De même, le quotidien La Croix devrait regarder cela d’un très bon œil. Autant de bonnes raisons de s’interroger sur ce qu’il reste du catholicisme officiel. Notons que François a aussi rappelé ceci : « En 2013, à peine nommé pape, j’étais à Rio de Janeiro, jai dit aux jeunes « faites du désordre ».Cest important. Cest le moment de faire une révolution. » Un pape qui en appelle au désordre et à la révolution, ainsi va maintenant ce monde. •

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