Espagne : un nouveau gouvernement d’extrême gauche
Plusieurs médias espagnols parlaient de « crise gouvernementale » et de rupture du Premier ministre Pedro Sánchez avec son « noyau dur » à l’occasion du...
On parle beaucoup des fraudes aux prestations sociales en général. Moins de la fraude à l’aide médicale d’Etat ou AME, une aide accordée aux étrangers présents illégalement en France, finançant entièrement les soins médicaux dont ils ont besoin. Début mars, trois personnes comparaissaient devant le tribunal de Grenoble pour fraude à l’AME. Ces trois personnes, un médecin et deux militants associatifs venant en aide aux sans-papiers, auraient permis à 197 personnes de bénéficier illégalement de l’AME pour un préjudice estimé à 2,5 millions d’euros au détriment de la CPAM de l’Isère. Parmi les bénéficiaires : un député FLN et toute sa famille. C’est l’affaire de trop pour Sébastien Meurant, sénateur du Val-d’Oise, lequel demande qu’un référendum soit organisé pour demander aux Français ce qu’ils pensent de l’AME. Une initiative plus que bienvenue alors qu’on nous répète que l’hôpital manque de moyens et que notre système de santé est au bord de l’implosion en ce temps de pandémie. L’occasion était trop belle pour ne pas être saisie par le Salon Beige, dont le directeur, Guillaume de Thieulloy, vient de lancer une campagne pour soutenir cette demande de référendum. Le but : recueillir le soutien de 200 parlementaires et la signature de 4,5 millions de citoyens pour obliger le gouvernement à organiser ce référendum dans l’année. Un objectif atteignable, pour Guillaume de Thieulloy contacté par Présent.
— Sébastien Meurant parle de cette affaire comme d’une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Ce sentiment est-il le même chez les Français ?
— On parle beaucoup de fraude sociale mais moins de fraude à l’AME. Ce que je constate, c’est que peu de gens savent ce que c’est et tous ceux qui connaissent ce dispositif le trouvent tout simplement hallucinant – y compris ceux qui sont pour. Les Français paient pour les soins médicaux de gens qui sont présents illégalement chez nous. Nous sommes d’accord que le but n’est pas de laisser les gens mourir comme des chiens mais il n’est pas normal que la loi organise une préférence étrangère sur un critère d’illégalité ! C’est complètement extravagant. L’AME pose un vrai problème moral puisque commettre un délit vous ouvre un droit supérieur aux Français ! Sans parler du poids que cela fait peser sur les finances publiques.
— Pourquoi soutenir ce référendum ?
— Cela fait un moment que je pense à lancer une campagne référendaire via le Salon Beige, mais sans avoir eu pour l’instant de sujet précis, en prévision de la prochaine présidentielle. Car, si nous ne faisons rien, le scénario de 2017 va se reproduire à plus ou moins 5 % près. Avec une bonne campagne d’antifascisme primaire, on va se retrouver avec Macron pour encore cinq ans, ce qui est loin de me ravir. Il faut faire quelque chose et notamment imposer nos thèmes. L’AME en fait partie.
— Pour quelle utilité ?
— Il y a une double façon d’envisager les choses. Cette campagne nous permet de jouer une carte localement, au niveau des députés, et nationalement en imposant ce thème dans le débat de la présidentielle.
— Pensez-vous avoir une chance ?
— Oui, nous avons une vraie chance parce que l’agenda nous est extraordinairement favorable, ce qui est rare. Nous disposons de 300 députés de droite et divers droite, et je ne vois pas comment ils pourraient s’opposer à une telle campagne, surtout en période électorale. Plus on se rapproche des élections, plus les élus sont sensibles à ce que disent leurs électeurs ! Il est donc possible d’avoir le soutien de 200 parlementaires. La plus grosse difficulté sera de réunir les 4,5 millions de signatures. Mais je connais des gens qui ont l’habitude de mener de vastes campagnes, notamment aux Etats-Unis. Avec ces soutiens logistique et technique, nous avons une carte à jouer. J’évoquerai en détail ces soutiens dans quelques semaines.
— On pourrait être sceptique à l’idée de ce référendum. Nous avons tous vu comment cela s’est passé pour le référendum auprès du CESE, même s’il est vrai que les organismes concernés ne sont pas les mêmes…
— Ce cas est très différent du système du CESE, dont le gouvernement peut tenir compte ou pas. Là, le processus est inscrit dans la Constitution ; si nous réunissons les conditions, le gouvernement est obligé de faire ce référendum. Après, il peut toujours reculer. Cela m’amuserait beaucoup que le gouvernement y renonce parce qu’il trouve le sujet trop xénophobe ou que sais-je. Cela mettrait clairement sur la place publique que toute cette technostructure roule contre la France. Je pense que l’on peut gagner juridiquement mais, même si ce n’est pas le cas, nous pouvons gagner politiquement. Il suffit de voir ce qui s’est passé avec le traité de Lisbonne que LR se traîne depuis comme un boulet.
— Pourquoi ce référendum est une bonne idée ?
— Nous passons notre temps à nous battre sur le terrain de l’adversaire alors forcément nous ne sommes pas très à l’aise. C’est lui qu’il faut amener sur notre propre terrain. L’intérêt d’un référendum, c’est que, lorsque cela commence à « mousser », les autres sont obligés d’en parler, même si c’est en mal et je leur fais confiance pour que ce soit le cas. C’est la solution pour parler des sujets que l’on souhaite. L’AME n’est pas le seul sujet ou le problème principal que nous rencontrons aujourd’hui en France. Mais l’un des principaux intérêts de l’affaire est d’augmenter la porosité entre les électeurs dits de droite et ceux dits d’extrême droite – même si je n’aime pas ces qualifications. C’est avec de tels sujets que l’on peut augmenter cette porosité, qui conduira des électeurs LR à voter davantage pour Marine que pour Macron, par exemple.
— Quelle a été la réaction de la classe politique à cette proposition de Sébastien Meurant ?
— L’avantage de cet élu est qu’il est libre justement parce qu’il ne dépend pas financièrement de la vie politique. Il ne doit rien à ses supérieurs ou collègues LR et peut partir demain de l’arène politique s’il le faut. En outre, il est très facile de dire de loin qu’un tel est fasciste mais beaucoup plus difficile d’affubler de ce qualificatif quelqu’un avec qui vous avez l’habitude de déjeuner régulièrement. C’est également une des raisons pour lesquelles je pense que cette initiative est envisageable : Sébastien Meurant est un parlementaire installé, respecté, qui dit simplement qu’il faut écouter le peuple. Sa parole a du poids. •