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Plastic Bertrand

Xavier Bertrand, l’ancien monde en marche !

Ça plane pour lui.
Rempart contre les extrêmes ? Parangon du front républicain ? Futur candidat de la droite ? Clone d’Emmanuel Macron ? Fin connaisseur de l’équilibrisme politique, Xavier Bertrand incarne à sa façon la politique sauce nouveau monde : tout en souplesse !

Puisque nos confrères envisagent sérieusement l’hypothèse Xavier Bertrand pour candidater à l’élection présidentielle au nom des LR, il faut bien en parler. Puisqu’en réponse au dégagisme superficiel qu’incarne Emmanuel Macron et sa légion de faux députés mais vrais anciens collaborateurs du PS, la droite est sur le point de choisir un second couteau, penchons-nous sur le cas Xavier Bertrand.

Président de la région Hauts-de-France et ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Xavier Bertrand est de ce bois dont on fait les hérauts du front républicain. Tendre avec la gauche, courant derrière le progressisme, Xavier Bertrand est le symbole parfait de cette droite hors sol, cette droite qui voit dans le RN un conglomérat de fachos qu’il faudrait interdire. Se voyant ou plutôt se vendant comme le dernier rempart du front républicain contre le RN, il faut y voir évidemment une posture. Face à un RN omniprésent dans le nord et une gauche qui a réussi (pour le moment) à s’unir, Xavier Bertrand joue à fond la carte macroniene qui est de dire : « Les communistes arrivent le couteau entre les dents et l’extrême droite nous assiège. Votre seul recours c’est moi. »

Néanmoins, on aurait tort d’imaginer Xavier Bertrand en héraut des LR pour le moment, celui qui n’est officiellement plus membre des Républicains a parfaitement réussi la fortification de sa région. Elu au second tour face au RN grâce au désistement de la gauche, il sait que cette année, le scénario risque de se rejouer, d’autant qu’il a toutes les chances de son coté. D’autre part, LREM a lancé sa liste menée par le secrétaire d’Etat chargé des retraites Laurent Pietraszewski, en d’autres termes le fossoyeur des retraites. Bertrand a donc toutes les clefs en main : un ennemi fédérateur représenté par la liste RN de Sébastien Chenu, un épouvantail LREM qui détournera les accusations de collusion entre Bertrand et le gouvernement, le tout complété par une liste d’union de la gauche fragilisée par les ambitions déçues et sommée d’avance de se retirer au second tour pour éviter une triangulaire à l’avantage de Chenu. A moins que Mélenchon refuse le mécanisme, lui que Bertrand accuse d’être le marionnettiste.

Le spectre de la gestion sanitaire

Région la plus touchée par l’épidémie avec l’Ile-de-France, la baronnie de Xavier Bertrand vit donc un troisième confinement. Son président se démène pour faire accélérer la vaccination et s’est imposé avec le maire de Nice comme l’un des élus les plus présents sur ce sujet. Malheureusement pour Bertrand, à la question qui fut ministre de la Santé jusqu’en 2012, il faut bien admettre que c’était lui. L’ancien ministre de Sarkozy avait dû s’expliquer devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion stratégique du stock des masques. Lorsqu’il reprend le portefeuille en 2010, succédant à Roselyne Bachelot qui avait eu à gérer la crise de la grippe A(H1N1), le « sentiment » dominant était « qu’on en avait fait trop », « que tout ça coûtait trop cher » et qu’il était « peut-être le moment de faire des économies », a-t-il rappelé. •

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Commentaires

1 commentaire

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Roland Paingaud - 25 mars 2021

Bertrand, Français, trop français.

Les de Gaulle, qui sont les seuls à viser au-dessus de la chienlit française, sont traînés dans la boue par les féodalités qui se piquent de se dissocier de la chienlit, alors qu'elles en sont le firmament, à commencer par Présent.

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