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Faut pas rêver

Qu’on se le dise : les élus EELV ne vont pas seulement sauver la planète, ils vont aussi révolutionner les traditions et renouveler nos rêves. Après le sapin de Noël excommunié à Bordeaux, le Tour de France dénigré et la plus vaste mosquée d’Europe subventionnée à Strasbourg, à Poitiers le maire s’attaque aux rêves d’enfants, pas assez « verts » pour elle. Le 29 mars dernier, lors du conseil municipal, Léonore Moncond’huy a annoncé qu’elle réduisait les subventions de deux aéroclubs locaux cette année pour les supprimer complètement l’année suivante. Rien d’extraordinaire dans cette information en soi. Le maire entend ainsi privilégier des associations en danger financièrement ainsi que celles qui agissent au cœur des quartiers prioritaires – toujours les mêmes pour les résultats que l’on sait.

Ce qui suscite la polémique, ce sont les raisons données. En tant qu’élue EELV, elle ne veut plus que sa ville subventionne des sports motorisés, trop gourmands en énergies fossiles. Les propos paraissent quelque peu disproportionnés par rapport au résultat effectif que va avoir cette décision. On doute que l’arrêt de cette subvention fasse baisser de façon vertigineuse le bilan carbone de la ville, d’autant que le président de l’une des associations, a déclaré auprès du site Aerobuzz : « C’est une décision injuste, ubuesque puisque la moitié des adhérents ne sont pas concernés par le vol motorisé. » Ce qui a également du mal à passer, c’est la réponse du maire à l’association Rêves de gosse – dont l’une des missions est d’offrir des baptêmes de l’air à des enfants malades ou en situation familiale compliquée – qui a cru bon de défendre l’aéroclub avec lequel elle travaillait. Le maire a balayé d’un revers de main les arguments de cette association, l’accusant de vouloir faire du pathos pour la culpabiliser et affirmant : « Mettre dans la même phrase “rêve d’enfants” et le fait de sauver des clubs aériens, je trouve que ça a quelque chose d’indécent. C’était mon rêve d’enfant de prendre l’avion pour aller à l’autre bout du monde. Mais je pense que vous ne vous rendez pas compte des rêves dont on doit préserver les enfants. L’aérien, c’est triste, mais ne doit plus faire partie des rêves d’enfants aujourd’hui. » Avec ce nouveau budget le maire de Poitiers prétend agir « pour la justice sociale », soulignant que l’utilisation de « l’argent public doit envoyer un signal de responsabilités ».

La nouvelle responsabilité d’EELV est donc de changer les rêves des enfants pour les rendre écolo-compatibles. Mission difficile mais essentielle, c’est certain, pour sauver la planète. La déclaration a fait réagir, notamment le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui dénonce des « élucubrations autoritaires et moribondes ». Léonore Moncond’huy persiste et signe : « C’est une question de priorisation, une question de sobriété. » Après le nucléaire, EELV s’attaque à l’aérien, qui reste une des dernières filières d’excellence française. Saint-Exupéry et Mermoz n’ont qu’à bien se tenir, et les libraires qu’à remiser au placard les récits des grands explorateurs du ciel. Il ne faudrait pas que les enfants continuent à avoir des rêves polluants ! •

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Commentaires

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Roland Paingaud - 6 avril 2021

La progression mentale de l'humanité n'est pas philosophique, mais névrotique ; la névrose du marxisme a cédé la place en une génération à la névrose climatique, dont le noyau, le sentiment animiste de contrarier la Terre Maternelle, comblait la disparition brutale du monothéisme chrétien à l'OUEST ; la zone russe, après la chute du marxisme, paradoxalement a renoué avec le christianisme et la névrose climatique est restée confidentielle.

L'interprétation du réchauffement anthropique, réel, mais dont la nocivité DEFINITIVE est actuellement purement spéculative, s'est figée dans l'affectivité primitive.
Le féminisme blanc, la névrose supplémentaire de l'OUEST, qu'on trouve chez beaucoup d'hommes, a parachevé la tâche : la sensibilité féminine n'est pas à l'aventure extrême, à la conquête des confins, mais à la réduction domestique de l'univers, dont la domestication du climat en abolissant la conscience de ses composantes intrinsèquement subversives, toutes les entités astronomiques étant instables ; les cycles se refondent, les cycles courts sont sous la dépendance de cycles longs ; s'agissant de la Terre, les cycles courts, comme les quatre saisons, sont sous l'influence de la nutation (18 ans) , de la précession des équinoxes (26000 ans) , de l'activité solaire ( taches ) , etc. ; chaque année, les quatre saisons reviennent, mais la situation cosmographique a changé (Milankovic 1879 - 1958) .
En détournant le regard de ces composantes, l'OUEST féministe a institué une intimité inviolable climat-Terre-Maternelle qui n'existe pas, mais achève la domestication.

Le comble est que les écolotristes ont tous en commun le "progressisme" , le changement pour le changement, et qu'un changement de climat les déchaîne ; les prodromes de la démence comporte toujours l'incohérence.
Contrairement aux constantes physiques, vitesse de la lumière, quantum de Planck, ... , il n'y a pas de constante biologique.
Aucune constante n'impose une température biologique unique.
Beaucoup d'espèces végétales et animales sont limitées à l'intervalle 0-40°C, mais un réchauffement général de plusieurs degrés reconfigure cet intervalle sur Terre, il ne l'abolit pas, et les espèces concernées suivront la reconfiguration, sauf les plus faibles ; c'est le darwinisme dont nous abreuvent les écolotristes et qu'ils oublient en marchant. Une incohérence n'arrive jamais seule dans la démence.

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