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L’amuse-gueule

Des « dîners clandestins » élitistes … que les Français digèrent mal

Ces derniers temps, on fait avaler de sacrées couleuvres aux Français : on les confine, on leur impose des couvre-feux, des masques, des tests et des vaccins. On leur ferme leurs boutiques. Pour l’heure, ils subissent plutôt sagement cette dictature sanitaire, malgré aberrations et ratages. En serait-il de même si l’on apprenait que les privilégiés du système s’en dispensent ?

Il y a eu cette fête, le 29 janvier, au ministère de l’Enseignement supérieur, quelques personnes esquissant des pas de danse, scène filmée depuis la rue. Le cabinet du ministre s’en est aussitôt expliqué, sentant bien que ce genre de séance pouvait être très mal pris : « un vendredi soir, il était 22 heures passé. Il s’agissait d’un moment de convivialité entre quelques collaborateurs, qui se trouvaient dans une cuisine partagée, (…) un moment de détente en marge d’une semaine de travail, il n’y a pas lieu de monter ça en épingle ». Admettons. Cela se situait avant le confinement, mais était-ce bien le moment ?

L’affaire des dîners clandestins, si elle était confirmée, serait autrement plus embêtante pour le gouvernement, dans la mesure où elle révèlerait une pratique systémique, l’organisation, dans une fausse clandestinité de rencontres politico-festives s’affranchissant de toutes ces règles absurdes que l’on impose au vulgum pecus, mais qui ne concernent évidemment pas le gratin du macronisme.

Le scandale est arrivé par le dénommé Pierre-Jean Chalençon, qui a joué avec le feu en se vantant de ces dîners auprès de journalistes qu’il croyait amis et bien intentionnés, ayant oublié qu’un journaliste n’aura guère de scrupule à mordre la main qui le nourrit, s’il peut en tirer un bon papier.

Chalençon est un personnage sympathique, bon vivant, collectionneur de souvenirs napoléoniens, ce qui montre une bonne nature. Il est fortuné et généreux, ce qui ne gâte rien. Il a donc raconté ces dîners payants, sans masque, sans respect des règles sanitaires, et auxquels des ministres auraient participé. C’est là que les choses deviennent compliquées pour Chalençon, et plus encore pour le gouvernement, si l’information est confirmée.

Notre collectionneur de souvenirs historiques a soudain réalisé que ses propos bénéficiaient d’une large médiatisation, qu’un scandale était en train de naître, et que tout le monde pistait à présent ces fameux ministres qui refusent les règles qu’ils édictent et qu’ils sont chargés de faire appliquer. Des Cahuzac du sanitaire, en somme !

Le démenti sent la panique

Devant le scandale naissant, Chalençon a démenti ses propos, évoquant un énorme poisson d’avril.

Oui mais voilà : un poisson d’avril, on le fait le 1er avril, pas le 2, on s’en explique dans la foulée, pas une fois que l’affaire est sur la place publique. Son démenti sentait la panique, pas la sincérité.

Il y a en outre des images, qui montrent la présence de plusieurs dizaines de personnes, certaines d’entre elles étant filmées en train de payer leur dîner, à partir d’une liste d’inscrits. Les journalistes de M6 confirment les premiers propos de Chalençon, et précisent qu’ils ont interrogé des « dîneurs » qui ont reconnu un ministre au moins

Dans son prétendu « poisson d’avril », Chalençon expliquait, ravi : « J’ai dîné cette semaine dans deux ou trois restaurants qui sont justement des restaurants soi-disant clandestins avec un certain nombre de ministres. »

Si tout cela est vrai, il ne s’agirait pas alors d’un « poisson d’avril », mais d’un vrai « bras d’honneur » fait aux Français, et les dégâts politiques pourraient être inouïs. •

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