Connexion
S'abonner

Larmes à gauche

Encore un bon sondage pour Marine Le Pen

Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour le Journal du Dimanche et Sud Radio, si le second tour des élections présidentielles s’était déroulé dimanche 11 avril 2021, aucun des candidats de gauche n’aurait battu la candidate du RN. Mélenchon (LFI) n’obtiendrait que 40 % des suffrages, Jadot (EELV) 47 %. Anne Hidalgo ferait jeu égal avec Le Pen. Celle-ci est même en tête du premier tour dans la plupart des scénarios. Macron n’arrivant devant elle que si le candidat de la « droite » était Pécresse. En élargissant le spectre politique, les données sont différentes : Emmanuel Macron, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse remporteraient le scrutin face à Marine Le Pen.

L’élection présidentielle approchant, les sondages sèment donc la panique à gauche, indiquant un probable deuxième tour entre Macron et Le Pen. La situation est cependant complexe du fait de la crise sanitaire et du bilan du quinquennat, si bien que la question d’une candidature de Macron se pose, y compris auprès de ses proches. Il avait d’ailleurs émis cette hypothèse fin 2020, indiquant que « des décisions difficiles à prendre » pourraient l’en empêcher.

Quels enseignements tirer de sondages par nature sujets à caution ? La France penche-t-elle à droite ainsi que veut le croire Valeurs actuelles ou le craindre un Castaner appelant déjà à ne pas « se tromper d’adversaire » ? Cela présupposerait que Marine Le Pen, Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand, ainsi que Macron pour une partie des électeurs de gauche, soient de « droite ». Discutable. La chef du RN refuse cet étiquetage, bien que l’histoire de son parti l’ancre à droite. Pas de la même « droite » que Bertrand ou Pécresse cependant. L’essentiel de la « droite libérale » a depuis 40 ans basculé dans la sociale démocratie et l’idéologie du Progrès, rejoignant les sociaux démocrates de l’autre bord. Ce fut une raison majeure de la victoire de Macron en 2017 : sa mouvance réunit des personnes venues des Républicains, du Modem, des écologistes et une majorité du PS.

Au fond, la France penche avant tout vers un immense ras-le-bol des politiques menées depuis la fin du XXe siècle, politiques qui, bien que se prétendant de « droite » ou de « gauche », auront été les deux faces d’une même pièce, celle de la mondialisation. La panique actuelle de la gauche, au point de chercher à se « rassembler » derrière un candidat commun, n’est pas due au RN mais simplement à ce qu’elle est. La « gauche » et la « droite » mondialistes sont l’idéologie qui a conduit la France au naufrage que nous subissons. Les sondages sont-ils bon signe ? Qui doute du scénario à venir ? Marine Le Pen ne devra pas affronter un seul candidat mais la mobilisation générale de tout ce qui a de l’influence en France et subir l’habituelle reductio a hitlerum. Les Français ne voteront pas pour un président en 2022 mais pour ou contre celle qui sera une fois encore présentée comme « l’incarnation du Mal », ce théâtre d’ombres dont parlait Jospin au début de ce siècle. •

Partager cet article

Facebook Twitter Email

Articles liés

Recevez un numéro gratuit

Vous souhaitez découvrir la version papier de Présent ?

Cliquez sur le bouton ci-dessous et recevez un numéro gratuit !